‹ Œuvres de Condorcet (volume 4)Chapitre 79 sur 117 · LA NATION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

LA NATION FRANÇAISE

garder le pacte de famille^ d'après ses dispositions et son titre même, comme une conspiration de rois qui ne pouvait lier les peuples.

Cependant le cabinet de Madrid parut un moment avoir changé de principes. L'expectative du trône constitutionnel , réservée par l'acte même qui l'avait établi, pouvait mériter quelques ménagements.

Mais après la destruction de la royauté, ils n'ont plus été employés que pour cacher les préparatifs dirigés contre nous. Ces préparatifs, les outrages que les Français ont essuyés en Espagne, et que son gouvernement a ordonnés ou refusé de réparer; la perfidie avec laquelle il a excité ou prolongé les troubles de Saint-Domingue; le refus enfin de reconnaître la République française , tout nous dit qu'en prévenant une attaque perfide nous ne ferons qu'user du droit d'une défense légitime, et opposer la conduite franche d'un peuple libre, au machiavélisme d'une cour despotique.

Espagnols , quels prétextes alléguera votre roi en vous ordonnant de combattre vos alliés les plus fidèles? 11 veut venger la mort de Louis.

C'est donc pour défendre les crimes des rois contre la justice des peuples; c'est pour les intérêts d'une famille étrangère , que votre sang va couler encore. Les maisons d'Autriche et de Bourbon , à qui une aveugle destinée vous a livrés, ne l'ont-elles pas assez prodigué depuis trois siècles, et vous serontelles aussi funestes par leur union que par leur longue rivalité?

C'est au nom de Dieu qu'on vous excite à com-

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