‹ Œuvres de Condorcet (volume 4)Chapitre 80 sur 117 · A TOUS LES PEUPLES · texte numérisé non relu

A TOUS LES PEUPLES

battre contre la liberlédu genre humain , comme si Dieu avait créé les hommes pour les rois , comme si ces droits sacrés, que les Français ont ressaisis, attachés par le ciel même à notre nature, n'étaient pas le plus précieux de ses bienfaits.

On vous dit que nous avons détruit la religion , parce que nous l'avons servie en réformant des abus temporels, qui avaient rendu ses ministies un objet de scandale et de mépris ; parce que nous avons voulu qu'elle fût la consolation des peuples, mais qu'elle cessât d'être, entre les mains des despotes hypocrites, un des instruments de la tyrannie. Vous croyez servir votre religion en vous unissant avec des hommes d'une croyance différente, pour les aider à dévaster nos campagnes, à verser notre sang; et vous nous accusez d'outrager le ciel, parce que, nous pardonnant mutuellement nos erreurs, nous nous réunissons avec nos frères, quels que soient leurs opinions et leurs cultes, pour jouir paisiblement des mêmes droits avec une entière et douce égalité.

Mais laissons ces prétextes allégués par vos tyrans. Voulez-vous connaître leurs véritables motifs? La France, soumise au despotisme d'un Bourbon , garantissait à vos rois l'éternelle durée de votre esclavage. Placés aujourd'hui entre la France républicaine et la mer, pour devenir aussi libres que nous, il vous suffit de le vouloir; et votre monarque étonné cherche en vain autour de lui qui désormais pouria le défendre contre vous, lorsque l'excès de ses déprédations aura enfin lassé votre trop longue patience.

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