‹ Œuvres de Condorcet (volume 4)Chapitre 99 sur 117 · AUX · texte numérisé non relu

AUX

Citoyens ,

Votre fidélité et votre courage ont préservé la République des dangers où un général perfide l'avait exposée, et vos mépris l'ont puni d'avoir osé écrire que vous consentiriez à égorger vos frères pour vous donner un roi. Un roi à des Français!

Une expérience d'autant plus instructive que peu de mois ont suffi pour la rendre complète, n'a-t-elle donc pas prouvé à la nation la plus confiante et la plus généreuse, que ni les serments, ni la clémence,

(i) Ce iiiorreau est imprimé au piocès-verbal, tome XII, page 309.

La minute, de la main de Condorcet, est aux archives du royaume, dans les annexes du procès-verbal du 23 mai 1793,

6o4 LA. CONVENTION NATIONALE, ETC.

ni les bienfaits n'enchaînaient les rois; qu'un roi veut gouverner par la corruption, quand il ne peut commander par la force; et qu'il conspire contre la liberté quand il désespère de pouvoir l'opprimer ? Ah! désormais l'invincible horreur de la royauté distinguera les Français entre les peuples libres, comme jadis elle a distingué les Romains.

Guerriers républicains, vous apprendrez à cette foule de guerriers esclaves, enchaînés, achetés ou séduits papdes tyrans, que la puissance des rois doit s'abaisser ou se briser devant le génie de l'égalité; qu'aucune portion d'une terre consacrée à cette divinité bienfaisante, ne seia jamais souillée par le féroce et stupide orgueil d'un pouvoir héréditaire.

Soldats de l'égalité, que ce cri de guerre des Français : Vivre libre et sans roi, répété par vos bouches victorieuses, fasse pâlir les tyrans sur leurs trônes ébranlés par nos armes et par votre exemple. Et vous les verrez bientôt respecter une nation républicaine qu'ils n'ont pu ni vaincre, ni égarer, ni séduire.

Page 1