PRÉFACE DES IMPRIMEURS
s'acquérir que dans la capitale, Nous avons ciu devoir réimprimer ce morceau, qui est fort rare.
l\ Le quatrième est une réponse à l'auteur du troisième, par un de ses amis : elle est d'un vieil avocat qui s'est retiré depuis longtemps du barreau, parce que la question préparatoire avec réserve ou sans réserve de preuves, la question préalable, l'édit de Henri II, l'usage de brûler les hommes, de leur couper le poing ou la langue, ou de les exposer sur une roue, après leur avoir brisé les membres, la face tournée vers le ciel , tant qu'il plaira à Dieu leur cousen>er la vie, lui causaient, contre ceux qui laissaient subsister de tels usages, ou qui croyaient bonnement être obligés de s'y conformer dans leurs jugements, des mouvements de colère si violents, qu'à la longue ils auraient pu nuire à sa santé.
La simplicité des moyens qu'il propose pour améliorer le sort des protestants, nous a déterminés à imprimer celte lellre, dont nous nous étions procuré une copie. On verra, en la lisant, qu'elle n'était pas d'abord destinée à l'impression. Les idées n'y sont pas assez développées; on se dispense de ce travail, en écrivant à son ami; on sait bien qu'il saura vous entendre à demi-mot.
On ne manquera point, sans doute, d'attribuer ces ouvrages à des écrivains connus , et même on reconnaîtra leiu- style, mais on se tronq)era. Les
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auteurs de ces ouvrages sont des citoyens obscurs, (jui n'auraient jamais prétendu à l'honneur de l'impression, si l'importance de l'objet qu'ils ont traité ne les avait déterminés à sortir, pour un moment, d'une obscurité qui leur est chère; mais il est difficile d'arrêter sa vue sur un million d'hommes privés des droits de l'humanité, de l'état de citoyens, et soumis à des lois barbares, et de ne point chercher aies soulager. En vain sent-on son impuissance, et l'inutilité de ses efforts; on ne peut ni se détourner de ces objets funestes , ni en être un spectateur- tranquille ; on écrit, pour ainsi dire, malgré soi; mais ce n'est pas alors pour les opprimés, c'est pour soimême qu'on écrit. Au reste, les auteurs de ces trois ouvrages ont voulu garder l'anonyme; c'est le seul moyen, disent-ils, de concilier l'intérêt de son repos avec ce qu'on doit à la vérité et à son pays. D'ailleurs , dès qu'il ne s'agit que de raisonnements, qu'at-on besoin du nom de celui qui les a faits? Les auteurs de livres anonymes pourraient dire à leurs lecteurs ce que ÎNicomède dit à Attale :
Seigneur, si j'ai raison, qu'importe qui je sois; Perd-elle de son ])rix pour emprunter ma voix ?
RECUEIT. DE PIECES