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l'observation, et en se préservant avec un soin égal des préjugés populaires et des systèmes. La sagesse de son esprit le mettait à l'abri de ces deux genres de séduction qui paraissent opposés, et qui cependant naissent d'une même cause : l'empire d'une imagination fort^ sur une raison faible.
M. le marquis de Conrtivron donna aussi plusieurs mémoires sur les forges, et une description de cet art important qu'il avait étudié et comme physicien et comme propriétaire. Ses connaissances en physique lui ont été très-avantageuses pour l'amélioration des forges qui lui appartenaient. Cette utilité immédiate des sciences est sans doute un de leurs moindres mérites; mais c'est un des plus propres à frapper la multitude, et il est bon qu'elles puissent s'en parer quelquefois. On prétend que les Abdéritains ne commencèrent à regarder l'étude comme une occupation digne d'un homme raisonnable, qu'après avoir vu un philosophe célèbre, leur compatriote, s'enrichir par une spéculation de commerce; et il y a beaucoup d'Abdéritains, même au milieu des nations les plus éclairées.
M. de Courtivron était père de famille, et les obligations attachées à ce titre, parmi lesquelles celle de veiller sur son patrimoine doit sans doute être comptée, l éloignèrent peu à peu de la capitale et de l'Académie. Il obtint le titre de pensionnaire vétéran, et se retira presque absolument dans ses terres.
Il s'était marié deux fois : la première, avec mademoiselle de Saint-Cyr-Cœli, qu'il eut le malheur de
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perdre peu de temps après son mariage; elle lui laissa un fils, M. le comte de Courtivron , aujourd'hui capitaine dans le corps des carabiniers. En 1759, il épousa mademoiselle de Fussey , qui lui a survécu, et lui a donné trois fils, dont deux chevaliers de Malte, et une fille chauoiuesse du chapitre d'Alix. 11 avait eu la consolation , avant sa mort, de marier deux de ses fils : l'un avec mademoiselle de Clerraont-Tonnerre, petite-fille du maréchal de Tonnerre, son oncle; l'autre avec mademoiselle Brissou.
Il fut attaqué d'une maladie vive vers la fin du mois de septembre 1785, et mourut le !\ octobre suivant.
Son absence habituelle ne m'avait point permis de le connaître assez pour présenter aux yeux de ses confrères, plus anciens que moi, le tableau des vertus qui lui ont mérité leur estime et leurs regrets. La main de l'amitié y a suppléé. Le portrait que je vais lire a été tracé par elle, et j'ai dû respecter son ouvrage.
« M. de Courtivron était bon avec discernement « et sans faiblesse. Sans qu'il songeât à être imposant « par ses manières, il était également impossible a d'être familier avec lui , et de ne pas lui accorder « une entière confiance.
« H connaissait les devoirs de l'amitié, et les rem- « plissait tous; sensible aux moindres attentions, et « ne les négligeant jamais, il n'en exigeait aucune.
« Sa conversation était toujours intéressante, trèsci souvent instructive; il savait beaucoup, parlait « bien et sans prétention de ce qu'il savait, jamais III. 1»