B^ aussi parce que. 0/à Co^hilfart. — IL ^9 L
^ù6 COQûatART.
trouvé €?n l'autre ttansladon , contenant cînci. livres, qui if estdt comprins en celle contenant sept litres. £t encores, pour donnei.pliis grani entendement ef 9stifi€ d^laratioade» faiS: contemï^ é» deux premfert Hvre»,. ^ .smhknt esfre assez sommiers et comme i^ecitan life d'aucunes choses declairées en aucuA$.d€& livres des Antîquifea^ dicelfuy Josephus, ce présent tr^nsfateor.kis reprem, sislc^nladeel^ raciori d^ceulx tivries des ADfti()tt)tez, à commencer au Vile chapfâtre du XHe litre d'IceP tes Antiquités; commençant îceNùi Vllechap^ pitre : Fer idem tempus Mfun^o Onja^ priru'^e ioardotttm, etc,^ jusques en la fin des vint livres d'kelles Antiquités*
Or supplie treshsmblement ledit transla^ teur à tous ceulx qui ceste translacion verront ou orront que, se en aucune manière iiz apperçoivent qu'il ait dévié ou delaissié du Sens littéral de l'istoire, ilz ne l'imputent à malice, mais à la simptesse de son imbecille et petit entendement, en su(^Ieant, s'il leur plaist, aux faultes et prenant paciemment ce tant peu qu'il a peu comprendre et mettre en ceste trai»lacion, laquelle il commença à
I. Coqttilfait ifidfque mat. C'est bien an milieu du chapitre 7 du XI le livre qu'il prend les Antiquités; mais c'est le 6e chapitre qui commence : Per idem tempus,,.; leye commence : Constituit iiaqm propositos ^ etc.
Trad. de la Guerrk des Julfi'S. }07
Reims, lieu de sa résidence^ le douziesme jour du mois d'octobre, l'an de grâce mil quatre Cens et soixante, l^an troisiesme du pontificat de nostre Saint Père le Pape Pius Second ^ l'an XXXVIIIe du règne de nostre souverain seigneur le roy de France ^ Charles septiesme de ce nom^ l'an unziesme de l'archiepiscopat de Tresreverend Père en Dieu Monseigneur Jehan Juvenal des Ursins, arcevesque, duc de Reins et premier per de France, et l'an XXXIX de l'aage d'icelltti translateur*
Premiers Combats DE JUDAS MACHABËE.
Cy après commence le premier chappitre du premier livre commençant : Cum potentes Judeorum etc., et contient comment Anthiocus dit Epiphanes, pour le débat des evesques des Juidz, print et pilla la cité et le temple de Jherusalem , occit pluseurs des citoyens et fit aux Juidz delaissier leur région paternelle.
omme les plus grans et puissans des Juidz se debateissent entre eulx ou temps que Anthiocus Epiphanes , filz du noble roy Anthiocus , ambigeoit et contendoit de toute la seignourie de Syrrre encontre Tholomeus le Vie , et comme entre iceulx Juidz feust contencion et débat de la puissance et auctorité publicque, car à chacun deshonnourez estoit chose griefve soy veoir subjuguer par son semblable, Ohyas,
JIO COQJJltLART,
Vm des evesques, fit tant qu'il prévalut , vainquit et bouta hors de la cité les enfants de Thobie, le^quelz humblement' se retrairent devers ledit Anthiocus, requerans que soubz leur conduit il voulzist en Judée irrumpre et l'envayr^ Ceste chose lui fut fort persuadée, et aussi il estoit desjà ferment animez et encouragiez de ce faire : car il estoit fort eslevé en pr0uçit pour les incertaines prospérité? de guerre à lui advenues en Egipte, qu'il avoit desjà conquise , jpincte et unye à son empire ou royaume. Celui Anthioçus doncques à tout grande coppie çt multitude de gens d'armes se transporta devant la cité de Jherusalem, et, le xxxe jour dii mois nommé Casleu (que les Macédoniens nomment Appelleon), en la cent et quarante troizjesme olimpiade, print Anthiocus içellç cité de.Jherusalem san^ conflict , deffeh^e ne resistence de ceulx de dedens, et lui ouvrirent les portes ceufe qui à sa vouienté se . consentoient. Quant Anthioçus fut ainsi deden^ Jherus^lenp^ il fist mpri^ pLuseurs de çeuU de la cité qiw lui estpient .contraires , et si en fist morir ^uoinai de ceuU qui lui avolent ouvert les poctçs pour mieulx avoir les riches-r. ses du Teny)le ; de pluseurs autre» exiga peicunes, despouilla.et roba le Temple jusques à prendre et transporter les vaisseaux de Dieu , îçç lucarnes dpréçs, T^îre dorée, la table j le
Trad. de la Guerre des Juifs, ^h
sacraire et les voîlles; aussi pilla, emporta et espuîsa les trésors sans y riens laisser, dont il mist Içs Juidz en tresgrant dueil.. ïl prohiba et dçffendit les immoladons quotidiannés que les Juidz selon leuris loiz offroient; et brief, il pilla toute la cité, tua pluseurs deg habîtans comme dît est ; les autres emmena, culx, leurs femmes et leurs enfans, comme captifz jusques au nombre de dix mil ; brusia les meilleurs ediffices et 6st abatre les murs de la cité, fist ediffier une haulte tour ou forteresse en la basse partie de la cité , en la quelle tour îl mist et loga mauvais hommes par lesquelz les cîtoyans souffrirent moult de maulx. Avec c« il ediffia ou sacraire une airç sur laquelle il immola pourceaulx et hosties non légitimes ne congrues selon la religion des Juidz , et iceulx Juidz contraignît à délaissier leur paternelle religion et à vénérer son propre ydole. Oultre plus , en chacune cité çt ville de Judée fist Anthiocus cdiffiêr temples à ses dieux , esquelz temples il fisi colioquer aires, et sur icelles immoler chascun jour pourçeaulx ; et si leur intermina et deffendit sur tresgriefz tourmens que plus ne feussent eulx ne leurs enfans circunciz. Avec toutes ces choses leur depputa et constitua Anthiocus ses prevostz pour les contraindre à obeyr à ses mandemens. Entre les autres ^ leur depputa
ung prevost nommé Bachides, qui, par sa n^^ turelle crudeiité, leur fist moult d'oppressions et iniquitez. Pluseurs des Juidz obeissoient à ses commandemens, les ungs volui^iairement, les autres par force et contraincte. Les plus nobles et prouvez hommes execrans et detes-* tans tel détestable pecbié , se adheroient aux loiz paternelles, pour laquelle cause on les tourmentoit et persecutoit chascun jour de trèsamers tourmens; cardepuisqu'ilz estoienttres^ fort batuz et flagellez , on les fichoit en croix tous vivans ; leurs femmes et leurs enfans, qui circunciz estoient contre la voulenté du roy, on les estrangloit à cordes liez aux chiefz de leurs pères et matitz , et se Pen trouvoit en Postel ou puissance d'un Juidz aucun livre ou volume sainct de leur loy, celui moroit de cruelle mort. Avant lesquelles persécutions et durant la prise d'icelle cité , l'evesque Onyas s'enfuyt à Tbolomeus et de lui obtint certain lieu en la région Heliopolitanne, ouquel lieu il cdiffta une ville à la semblance de Jherusalem, et en icelle ville ediffia un temple ainsi que plus à plain sera dit cy après.
Trad. de la Guerre des Juirs. )i)
Comment Mdthathias, l'un des pretsires des Juldz, M volt délaisser les loiz patirnelles, et comment il occit Us gens du roy Anthiocus, et puis se mit en armes pour la deffense de leurs loiz.
u temps dessus désigné habitdit 6fl ting lieu dit Modin uiig des prebr* stres de Jherasalem nommé Ma^ thathias, lequel estoit filz d'un nommé Jo-' hannesi^ qui fût filz de Simon ^ le fdz de Asa^ moneus. Ce Mathathia^ avoh cinq fAt : l'un nommé Judas Machabeûs^ l'autre Johanne»
Gadiz, l'autre Simon Mathathias, l'autre Eleâzarus Saphus, et l'autre Abraham Jonathas , ausqaelz il se complaindoit souvent de Pestât des choses de Judée : de la rapine de la cîté, de la nudité du temple et de la calamité du peuple; etdisoit finallement que mieulx amoit morir pour les loiz de son pays garder et observer que d'ainsi vivre sans gloire. Si advint que les gens du roy Anthiocus furent envoîez ou lieu de Modin où estoh Mathathias demou-^ rant^ pour contraindre les Juidz illec babitans à immoler aux ydoles selon les constitacioiis d'icellui roy Anthiocus. Lesquelles gens du roy voldrent contraindre Mathathias tout te premier à ce faire, comme celui qui, en
514 Co(LUîttAftT,
doctrine et reaofuniée de gloire, precedoît lej autres ; mais il leur refusa piaillement d'obéir à tel pecfaié, disant que si tous les autres, par crainçtf , obstemperoient m commandement du ïQj AntMocus, si ne $er<Mi jamais à lui ne à ses enfans imposé tel crime. Tost après ceste responce vit Mathathias ung Juif qui , selon le icommandement du roy^ immola emmy la place , dont Mathathias fut moult desplaisant > «t tant , que liH et ses enfans saiiKrent dessus ledit Juif et de leurs glaives le occirent, et son sang espandirent $ur l'aire , et avec ce mirent ^ mort le juge îllecq envoie de par le roy, lequel juge efitoit nommé Appellenus, avecques peu de ses chevalliers ; et si ab^r^nt et démo* lirent Paire en clamant à hauite voix far Ma* ibathias : « Sll est aucun qui ayme les ioiz pa* femelles et la rcU^on de Di^u, si m'ensuive. » Et ces paroles iUcte^, se départit d- illec Math^ thias avec ses cinq fite dessus nommez, h^bm* donna tojiite ^a possession et chevance , et se retrayt en mè montaingnê ou désert solitaire; semblablemeiit firent pluseurs autres Juidz qui se joindirent a^c Mathadiias, tequel , quant il en 6t pbiseurs associez tt receu d^euU le ser^ ment de fidélité; descendit d'ieelle montain^ gneet se mist en armes et persécuta {riuseurs des Juidz qui ain^ temerdireroent deUisspient teurs IqIz,
TraD. de la GuSRftE DES JUIPS. }!5
Comment les gens du roy Anthiociis vainquirent plu^ seurf Juidz et depuis furent vaincus par les Juidz, et comment Mathathias enseingna aux Juidz euh deffendre en jour de sabbat,
liant ces choses furent venues à U ^congnoissance des juges et officiers 'du roy Antbîocus, îlz assemblèrent et prîndrent en leur ayde les gardes de la haulte forteresse que Anthiocus avpjt fait ediffier en Jherusalem, et se mirent en armes contre les Juidz repugnans au commandement du roy, et de priine face se mirent en peinne de les fieschier et réduire par parolles, dont iceuU Juidz ne tiendrent compte. Pour cestecause, le€ gens d'Anthiocus en combatirent pluseurs en jour *de sabbat, dont les aucuns furent bruslez et suf* foquez es fosses esquelles ilz s'estoient mus*-^ sez et reçeptez, par ce que, pour la révérence du jour du sabbat, Hz ne osoient répugner, ne euU deffendre, et par ainsi morurent desdiù Juidz es dictes fosses jusques au nombre de rniP.' Çeulx qui s'eschappèrent s'enfuirent devers Mathathias , le firent et ordonnèrent leur duc et juge, et il fut le premier qui leur en^ éeingna combatre es jours dp sabbat, en leur remonstrant que se ainsi ne le f^soient, iiz seroient, par trop ob$çrver leurs toi?, à çulx
}l6 C0<LUILLART.
mesmeâ eiitiémis, comme ilz ne se osassent deffendre contre leurs ennemis qui leuryroient courif^^; et par sa persuasion a depuis esté acoifiltumé entre les Juidz de faire guerre et bataille, se mestier estoit, en jour de sabbat. Après ces choses ainsi faictes, ledit Mathathias et ses gens se combatirent aux ducz et juges de Anthiocus, et les vainquirent et expellèrent des fins de Judée ^ et en especial il occit Bachides et désola les aires des ydoles et simu-* lacres des payens, et si fist circuncir les enfans qui ne l'estoient pas.
Comment Mathathias, avant sa mort y prêcha ses . enfans et son peuple,
ng jour après, quant Mathathias ot* ainsi gouverné sur les Juidz par l'es^ pace d'un an , il fut sourpris ^t op-* pressé de tresgrieve maladie ; si convoqua ses enfans et partie de ses citoyens et leur dit en ceste manière : « 0 mes enfans, il m'en faut aller la voie et le chemin à tout} le monde ordonné. Je vous recommande noz loiz patemellesi en vous obtestant et requérant que d'icelles ne soiez transgresseurs , mais en soiez vrais custodes et gardiens; soiez memoratifz de l'entencion et vouloir de vostre père; gar-
Trad. de la Guerre des Juifs. 317
dez les rites et usages du pays , restaurez et restablissez l'ancienne coustume que vous veez périr, et ne 'soiez séduis de ceulx qui volun-* tairement ou par nécessité les trayssent et de* laissent* Mais comme dignes de ceste mon institucion^ toilerez et surmontez toute violence et nécessité , en vous préparant tellement que se besoing est vous recevez la mort agréable** ment pour l'observance des loiz , saichant que jà Dieu tels gens ne despitera , ainçois regardera vostrc vertu, vous rendera vostre liberté et usages et loiz. Considérez que vo^ corps sont mortelz et temporelz, mais les mentes de vos faiz suyvront ordre de immortalité, laquelle chose devez désirer, et appeter la gloire qui jamais et sans fin n'est close. Je vous admo* neste aussi d'avoir concorde entre vous ; celui devousqui est meilleur et plus vertueuixde l'autre lui soit par l'autre cédé lieu, affin que l'un à l'autre puissiez administrer vos aydeset vertus. Tenez et repputez votre frère Simon ainsi que vostre père, comme il soit le plus sage et le plus prudent , et gardez et faictes tout ce qu'il vous persuadera. Ayez pour duc en milicie et fait de guerre vostre frère Judas Machabeus , qui par sa force et vertu deffendera votre gent et voz ennemis expugnera virilement; recevez aussi hommes justes et religieulx et vous adhère? en leur vérité. En disant ces cho$çs par
JlS CO<it|ILLAÏtT.
Mathatbias et priant Dieu qtt^il ftist à st& enfans adjuteur et volaist ottrojer q^ tes UAz feussent au peuple conservées, fl flna sa rie par le sort à tous commun et fut m Kodin enstvelis.
Comment Mas Machabèus, successeur de son père Mathathus, traîcta premièrement aliance avec les kommains et puis cùmba&t et vainquities ducz di Samarie et délaissa Syrie. .
ncontinënt après la mon de Matha^ thias et que tepeuple en eut fait luetueuse complainte et lamentacion^.
ton filz Judas Machabèus, pardessus tous en guerre strenueux^ bon. en conseil et prompt en ioyaulté, lui succéda en Padministracioii et gouvernement de ta guerre /leqûèli Judas e^ tima et pensa bien que le roi Anthiàcus, dont dessus est parlé, ne se deporterditp^ ataht ; et pour ce il assembla son armée des gens de son pays de Judée, et fiit ce Jttdss.le premier qui traicta ali^ice des Jttidz aVëc les Bommains; et tantost qu^il ot l'admihîstracion receue, il^ à Payde de ses frères et.de ses aKez^ boutaWs de la province ses eamémis, et fist morir les Juidz transgresseurs des loys patemeHes, et purifia sa terre de toute macule et latdure. Et comme ces choses feussént vaues.à la connoissànce de Appolonius , duc de Samarie > . tantost' il
TftAty. DE LA Guerre £>ts Juifs, pf
âissembla sùû arftiée pour courir sos à Itrdas Madbsbbeus, lequel Judas lui ala acr devarrf , bateilla contre lui et finâbtemenl le vainquit et mis! à liKm tùi et pluieufs de se» gen&^ et après prmt et emporta ta proie et hutin d'icetfe armée. Tost après ccmtre Jadas aussi se meut Siron, doc ei recteur de la basse ou petite Sirye, pùtact qu'il oyt çfèàe^ gnande m\à^ titude.de pettpk Fesisuj^oitet qa'ilestoit ver^tueux. Si sist SirdiL son armée et Rassembla en ung liea dit Bethora» Judas Machàbe^ , tan^ tost qu^d te ^eùt f litf afa aodevant à peu de gens d^armes, et dit à ses geos en ceste ma-' nière r « Non pas par moltifttde so^ ^sfcmvent rainais les ennemis, mais par pitié et verttr; TOUS en avez tresevfdent exemple de noz pre^ decesseurs , qui , pobr justice en noz propres ioiz soastenir^ ont^ le temps passé, au peu de gens vaincu moult de milliers de noz ennemb^ C^est grande vertu non avoir aucun blecié ; pour tant ne votis esbayssez de la paucité de votre nombre, etfaœ chasctm son devoir. » Lors Ju-^ das et ses gens combatirent à leurs ennemis si virilement qu'ilz mirent à mort Siron leur duc et les Syriens en fuite, lès poursuyrent aux champs et en occirent vin mille ; ceuh qui s'en eschappèrent s'en, furent es Ueux maritimes.
Comment Anthîocus Epiphanes assembla grosse ar^ mie contre Judas Machabeas et puis s'en alla en Perse et délaissa recteur de son pays Lisias, auquel il ordonna dissipper toute Judh»
es choses dessusdites oyant Anthio-' eus, dont il est dessus parlé , meu de tresgrandè fureur, assembla toutes %t% gens et pluiseurs des isles voisines de son pays qu'il print comme mercennaires, et prépara son armée pour combatre Judas au commen» cernent du prin temps. Mais, quant il vit en la distribucion et paiement des stipendiés, gaiges et salaires de $es gens d'armes, que ses trésors lui defailloient , car, pour les sedicions de son peuple, on ne lui payoit riens de ses vectigale» et tributz, et comme icelluy Anthiocus feust tant magnanime et courageux que les deniers qu'il avoit jadis cueilliz ne lui soufisoient , il délibéra lors de soy en aler ou royaume de Perse en entençion de illec lever et assembler les tributz de la province^ et délaissa pour rec« teur et chef de son armée ung nommé Lizias, qui en sa court avoit grande gloire, auctorité et renommée, auquel il bailla l'administracion et régime sur les provinces depuis le fleuve de Eufrates jusqués aux fins d'Egipte et de la basse ou petite Asye , lui bailla aussi partie de
Trad. de la Guerre des Juifs, pi
son armée et piuseurs eiephantz^ et si lui ordonna le gouvernement de son filz, qui comme lui avoit nom Anthiocus, et que finablement il degastast et dissipastle pays de Judée, preneist et emmenast comme captife les habitans en icelle, everteist et destruiseist la cité de Jherusalem^ et meist au néant et en dispersion toute la lignye des Juidz. Ces choses ainsi commandées par Anthiocus à Lizias , il passa i'Eufrates et s'en ala en Perse.
Comment Lizias, recteur de par Antiochus, ordonna trois ducz et assembla gens pour combatre les Juidzy et comment Judas Machabeus exorta ses gens à eulx deffendre contre eulx.
izias adoncques esleut trois puissans hommes amis du roy, l'un nommé Ptholomeus Dorimenis, l'autre Nichanor et l'autre Gorgias, ausquelz il bailla quarante mil hommes de piet ef sept mil hommes de cheval. Si tirèrent oultre ces trois ducz contre les Juidz, et se mirent en exercite et en armes, en plain champ, près d'une cité nommée Emmaus. Là survindrent en leur ayde piuseurs syriens et autres d'estranges et longtainnes régions, et aussi piuseurs Juidz fugitifz et piuseurs marchans portans grans pecunes,^^en espe-
Coquillart. — II. 2i
522 COCyjïLLART.
rance de acheter des Juidz captiiz et prison-^ niers. Et quant Judas sceut l'armée et multitude de ses adversaires, il persuada à ses gens qu'ilz eussent en Dieu bon espoir de victoire; si se vestirent Judas et ses gens de sacz; selon leur loy, et firent prière et supplicadon à Dieu qu'il leur vôulzist donner ayde contre leurs ennemis. Ce fait, Judas, en la manière ancienne de ses pères, disposa ses gens par millénaires et délaissa ceulx qui de nouvel s'estoient mariez et ceulx qui de nouvel ayoient acquis nouvelles possessions, affin que pour Le désir, les ungz de leurs femmes, ies autres de leurs possessions, ilz ne se combateissent moins hardiement contre leurs ennemis ; et ceux qu'il emmena il exorta en cette manière : «Mes frères et compaignons, le temps ne nous est autrement nécessaire, sinon de forment contempner et non craindre les perilz ; maintenant est il licite, en combatant virilement, prendre et recepvoir liberté, laquelle, tant pour ce qu'elle nous est de soy mesme chière, comme pour mieubc adhiber diligence au cultivement de Dieu, je treuve confidemment estre plus désirable; et doncques, vous estans en ce lieu, affin que vous la recevez eureuze, que vous renouvelez benoicte et saincte vie et vivez selon noz loiz accoustuméeSi frètes telement, mes amis, que par
Trad. de la Guerre des Juifs. 323
vostre négligence ne périsse et desfaille la semence et la gent Judaicque; combatez en ceste entencion que vous mettez et reputez la mort pour un tresgrant gaing, et se vous estes victeurs, que avec la liberté et les loiz paternelles vous acquérez la gloire étemelle. Or vous appareillez doncques demain, tellement que de hardyz courages vousfaictes guerre et bataille pour la loy et pour le pays. »
Comment Judas comkatit et vainquit Gorgias, l'un des ducz des gens Anthiocus , et Venchassa lui et toutes ses gens.
insi que Judas exhortoit ses gens par la manière devant dicte , ses ennemis, estans près d'Emmaus, envoièrent l'un de leurs princes, c'est assavoir Gorgias, à tout cinq cens hommes de pietet mille hommes de cheval , pour irruer et envayr de nuyt sur Judas en son ost, et leur baillèrent pour guides aucuns des Juidz fugitifz. Judas en fut adverti, et, pour ce, à l'eure de son souper, fist faire pluseurs feux en son ost. Après se départit d'illecques et y laissa les feux, et toute la nuyt chemina tant qu'il arriva près d'Emmaus. Gorgias, quant il vint en l'ost des. Juidz et il ne les y trouva pas, se pensa qu'ilz
324 COC^UILLART.
s'en estoient fuys es montaingnes ; si se mist à les quérir et serchier de toutes pars. Or advint, sur le point du jour, que Judas .et son armée de trois mil hommes d'armes à cheval tant seulement, qui de nuyt avoit tant aie, qu'il estoit arrivé près d'Emmaus, fut apperceu et veu de ses ennemis. Alors Judas, regardant sesdictz ennemis tresbien enseinctz, muniz et disposez comme gens d'armes, invita ses gens en courage et hardiesse, et leur dit en ceste manière : « Et se nous estions à nudz corps , si devons nous prelier et combatre et Dieu invoquer et requérir, qui souvent nous a fait sans armes contre pluseurs bien armez acquérir victoire. » Son sermon fine, il ordonna sonner ses trompes et tubicines pour signifier à ses gens qu'iiz envayssent leurs ennemis inopinativement et sans plus attendre. Ainsi le firent, et tellement qu'iiz occirent pluseurs des resistens , et les autres poursuyvirent jusques en Gazate et jusques aux champs de Ydumée, de Azoti et de Jannie, et y montrent illec des ennemis de Judas jusques au nombre de trois mil. Ce fait , Judas deffendit la pillerie à ses gens , comme ilz eussent encore à combatre contre Gorgias, lequel combattu, il donnoit à tous licence de pillier; et, ainsi qu'il disoit encore à ses gens ces choses, vezcy venir Gorgias et son armée, qui virent
Trad. de la Guerre des Juifs. 325
de loin ledrs gens qu'ilz avoient devant Emmaus délaissées estre vaincues, et leurs chasteaulx, tentes et logis embrasez; lors se convertirent à la fuyte. Par ceste manière, sans cop ferir et sans bataille, vainquit Judas Gorgias et ses gens. Adoncques fist prendre les despôuilles de ses ennemis, où il gaingna moult d'or, d'argent, de pourpre et de jacinte ; et ce fait, s'en retourne Judas en son lieu joyeusement, en loant Dieu de la victoire qu'il avoit obtenue, laquelle lui avoit conféré et donné la liberté qu'il avoit désirée.
Comment Judas se combati à Lizias, chief et prince des gens de Anthiocus, et l'en chassa jusques à Anthioche.
iens moins et non obstant que Li- Izias feust ainsi confus de la perdi-
>cion de son ost et armée, rassembla
incontinent autres soixante mille hommes à piet et cinq mille à cheval , toutes gens d'eslection, à tout lesquelz il s'en revint en Judée, monta les montaingnes et ficha ses tentes en une ville de Judée appelée Bethuris. Lors Judas à tout dix mille hommes lui courut sus; mais, quant icellui Judas vit la multitude de ses ennemis, il requist et postula Dieu pour son adjuteur. Après se joindit à
324 COC^UILLART.
s'en estoient fuys es montaingnes ; si se xnist à ies quérir et serchier de tOlites pars. Or advint, sur le point du jour, que Judas .et son armée de trois mil hommes d'armes à cheval tant seulement, qui de nuyt avoit tant aie, qu'il estoit arrivé près d'Emmaus, fut apperceu et veu de ses ennemis. Alors Judas, regardant sesdictz ennemis tresbien enseinctz, muniz et disposez comme gens d'armes, invita ses gens en courage et hardiesse, et leur dit en ceste manière : « Et se nous estions à nudz corps , si devons nous prelier et combatre et Dieu invoquer et requérir, qui souvent nous a fait sans armes contre pluseurs bien armez acquérir victoire. » Son sermon fine, il ordonna sonner ses trompes et tubicines pour signifier à ses gens qu'ilz envayssent leurs ennemis inopinativement et sans plus attendre. Ainsi le firent, et tellement qu'ilz occirent pluseurs des resistens , et les autres poursuyvirent jusques en Gazate et jusques aux champs de Ydumée, de Azoti et de Jannie, et y morurent illec des ennemis de Judas jusques au nombre de trois mil. Ce fait , Judas deffendit la pillerie à ses gens , comme ilz eussent encore à combatre contre Gorgias, lequel combattu, il donnoit à tous licence de pillier; et, ainsi qu'il disoit encore à ses gens ces choses, vezcy venir Gorgias et son armée, qui virent
Trad. de la Guerre des Juifs. 325
de loin lears gens qu'ilz avoient devant Emmaus délaissées estre vaincues, et leurs chasteaulx, tentes et logis embrasez; lors se convertirent à la fuyte. Par ceste manière, sans cop ferir et sans bataille, vainquit Judas Gorgias et ses gens. Adoncques fist prendre les despôuilles de ses ennemis, où il gaingna moult d'or, d'argent, de pourpre et de jacinte ; et ce fait, s'en retourne Judas en son lieu joyeusement, en loant Dieu de la victoire qu'il avoit obtenue, laquelle lui avoit conféré et donné la liberté qu'il avoit désirée.
Comment Judas se combati à Lizias, chitf et prince des gens de Anthiocus, et l'en chassa jusques à Anthioche.
iens moins et non obstant que Li- Izias feust ainsi confus de la perdi-
cion de son ost et armée, rassembla
incontinent autres soixante mille hommes à piet et cinq mille à cheval , toutes gens d'eslection, à tout lesquelz il s'en revint en Judée, monta les montaingnes et ficha ses tentes en une ville de Judée appelée Bethuris. Lors Judas à tout dix mille hommes lui courut sus; mais, quant icellui Judas vit la multitude de ses ennemis, il requist et postula Dieu pour son adjuteur. Après se joindit à
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s'en estoient fuys es montaingnes ; si se mist à les quérir et serchier de toutes pars. Or advint, sur le point du jour, que Judas .et son armée de trois mil hommes d'armes à cheval tant seulement, qui de nuyt avoit tant aie, qu'il estoit arrivé près d'Emmaus, fut apperceu et veu de ses ennemis. Alors Judas, regardant sesdictz ennemis tresbien enseinctz, muniz et disposez comme gens d'armes, invita ses gens en courage et hardiesse, et leur dit en ceste manière : « Et se nous estions à nudz corps , si devons nous prelier et combatre et Dieu invoquer et requérir, qui souvent nous a fait sans armes contre pluseurs bien armez acquérir victoire. » Son sermon fine, il ordonna sonner ses trompes et tubicines pour signifier à ses gens qu'ilz envayssent leurs ennemis inopinativement et sanS'plus attendre. Ainsi le firent, et tellement qu'ilz occirent pluseurs des resistens , et les autres poursuyvirent jusques en Gazate et jusques aux champs de Ydumée, de Azoti et de Jannie, et y morurent illec des ennemis de Judas jusques au nombre de trois mil. Ce fait , Judas deffendit la pillerie à ses gens , comme ilz eussent encore à combatre contre Gorgias, lequel combattu, il donnoit à tous licence de pillier; et, ainsi qu'il disoit encore à ses gens ces choses, vezcy venir Gorgias et son armée, qui virent
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Trad. de la Guerre des Juifs. 325
de loin leUrs gens qu'ilz avoient devant Emmaus délaissées estre vaincues, et leurs chasteaulx, tentes et logis embrasez ; lors se convertirent à la fuyte. Par ceste manière, sans cop ferir et sans bataille, vainquit Judas Gorgias et ses gens. Adoncques fist prendre les despôuilles de ses ennemis, où il gaingna moult d'or, d'argent, de pourpre et de jacinte ; et ce fait, s'en retourne Judas en son lieu joyeusement , en loant Dieu de la victoire qu'il avoit obtenue, laquelle lui avoit conféré et donné la liberté qu'il avoit désirée.
Comment Judas se combati à Lizias, chief et prince des gens de Anthiocus, et l'en chassa jusques à Anthioche.
iens moins et non obstant que Lizias feust ainsi confus de la perdicion de son ost et armée, rassembla incontinent autres soixante mille hommes à piet et cinq mille à cheval , toutes gens d'eslection, à tout lesquelz il s'en revint en Judée, monta les montaingnes et ficha ses tentes en une ville de Judée appelée Bethuris. Lors Judas à tout dix mille hommes lui courut sus; mais, quant iceilui Judas vit la multitude de ses ennemis, il requist et postula Dieu pour son adjuteur. Après se joindit à
}2â COCUJILLART.
combatre aux coureurs et premiers de ses ennemis, et en mist à mort bien cinq mille, qui donnèrent la paour aux autres, tellement que Lizias, regardant et considérant la hardiesse des Juidz, qui estoient tous appareillez de mourir ou de vivre en liberté, doublant leur forte désespérance , rassembla le résidu de son ar- . mée et s'en retourna en Aniioche, où it se tint en faisant de rechief assemblée de gens estranges, en entencion de retourner en armes contre les Juidz, à plusgrant appareil.