‹ Œuvres de CoquillartChapitre 23 sur 167 · LES DROITS NOUVEAUX · texte numérisé non relu

LES DROITS NOUVEAUX

J ous avons indiqué dans la préface quelques I unes des idées qui avoient pu suggérer à Co* Jquillart la composition de ses Droits noui veaux : le côté grotesque des Cours d'amours, la lourdeur ridicule de la méthode adoptée dans les commentaires des livres de droit, enfin la préoccupation que jetoit dans les esprits le travail ordonné par Louis XI sur les anciennes lois et les vieilles coutumes. Que devoit-il sortir de ce travail ? A coup sûr un nouveau Code de droit. Quels pouvoient être ces nouveaux Droits? J'imagine que les vieux juristes , prévoyant l'obligation de nouvelles études et de nouveaux respects, dévoient être fréquemment tentés de railler le nouveau Code qu'on leur fabriquoit; j'imagine encore que les esprits malins et libertins de la cité Rémoise dévoient trouver plaisante l'idée d'avoir de nouveaux droits , lesquels , puisqu'ils étoient nouveaux , montreraient nécessairement le plus libre dédain pour les bonnes mœurs, protégées par les anciennes lois. C'est dans ce sens qu'écrivit Coquillart, aussi bien à titre de vieux jurisconsulte qu'à titre d'esprit malicieux. Peut-être encore trouvoit- il grotesques ces traductions en vers françois qui se firent, dès le XHIe siècle, des Instruites de Justinien , et en voulut-il donner la caricature. Il m'a semblé, en effet, rencontrer ça et là quelque ressemblance entre les Droitz nouveaulx et le « Li-

vre des rnstitutions des drois appelé Instîfàte », translaté par Richard d'Annebaut, trouvère normand du XIMelsiède. Ce qui est certain, c'est que notre poêle rencontra un cadre' ingénieux et original pour une satire hardie et fine, cynique , puissante et joyeuse tout i la fois.

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