SCÈNE V
IDOMÊIiËE, IDAMANTE, SOPHROlfTME.
inOH^VÉE.
Ie rois mon fils. Surtout que ta bouche fidèle Ue mes tristes projets lui cache la nouvelle :
6o I D O M Ê jS Ê E.
Je n'en mourrois pas moins ; et tes soins dangereux Rendroieut, sans me sauver, mon destin plus afieux. Idamante, approchez : votre roi vous fait grâce. Venez , mon fils , venez , qu'un père vous embrasse: Ne crai^ez plus mes feux : par un juste retour. Je vous rends tout ce cœur que partageoit Tamour; Oui , de ce même cœur qui s'en laissa surprendre , Ce qu'il vous en ravit , }e vous le rends plus tendre; Oublions mes transports ; mon fils , embrassez-moi,
IDAMANTE.
Par quel heureux destin retrouvé-je mon roi ? Quel dieu, dans votre sein étouffant la colère. Me rouvre encor les bras d'un si généreux père?, Que cet embrassement pour un fils a d'appas 1 Je le désirois trop pour ne l'obtenir pas.
1 4 mante, accablé des rigueurs d'Érixèue, Ken. a point fait, seigneur, sa plus cruelle peine : Hélas ! quel bruit affi-eux a passé jusqu'à moi ! Vous' m'en voyez tremblant et d'horreur et d'effroi.
IDOMÉNÉE
Prince , de votre Goeiu: que l'effroi se dissipe : Ce n'est qu'un bniit semé par le traître Égésippe: Quoi qu'il en soit , je vais , pour m*en édaircir mieux , Au pied de leurs autels interroger les dieux. Heureux si , pour savoir leur volonté suprême , Je les eusse plus tôt consultés par moi-même !
IDAMABTE.
Permettez-mioi , seigneur» d'accompagner vos pas.'
idomi£niée.
Njon , mon fila ; où je vais vous ne me suivrez pas.