ACTE II, SCK N K I. iSi
Épidanre éprouva mute la barbiirie.
l'igure-toi Inscris, Ir tumulte, et l'horrcui. Daus ce trouble, soudain je m'arme ave-c lureur, Incertain du parti que mou bras devoit prendre, S il laut presser Ri;islhe, on s'il faut le deieudre. L'ennemi cependant occupoit les remparts. Et sur nous, à grands cris, fondnil de tf»utes parts. Le sort m (iffrit alors l'aiuiable Iphianasse, Et ma haine bientôt à d'autres soins fit place. Ses pleurs, son désespoir, Itys près de périr. Quels objets pour un co.'ur facile à s'attendrir î Oreste ne vit plus, mais, pour la sœur d'Oreste, Il faut de ses étals conserver ce qui reste, ^e disois-je à moi-même ; et , loin de l'accabler. Secourir le tvran qu'on devoit inrmoK-r. Je chasserai plutôt Egisthe de Mycenes, Que d'en chasser les rois de Corinthc et d'Athènes. Par ce motif secrç^ mon cœur détermina, Ou par des pleurs touchants bien plutôt entraîné^ Du soldat qui fuyoit ranimant le conrage, A combattre, du moins, mon exemple l'engage; Et le vainqueur pressé, pâlissant à son tour, Ters son camp à grands pas médite son rétour. Que ne peut la valeur où le (œur s'intéresse! .l'en fis trop, Anténor; je revis la princesse: C'est t'en apprendre assez ; le reste t'est connu. D'un péril si pressant Egisthe revenu Me comble de bienfaits, me charge de pnrursuivre Deux rois épouvantés, dont mf)n bras le délivre. Je porte la terreur chez des peuples heureux; Et la paix va se faire aux dépens de mes vœux.
A IT T É X O p. .
Ah ! seigneur, falloit-il, à l'amour trop sensible, Armer pour un tyran votre bras invincible? Et que pretendez-vons d'an succès si lionteux.'
CA£BJLLOir. ]. i6
î8a ELECTRE.
Anténor, que veux-tu? prends pitié de mes feux, Pluius muu sort: uon, jamais on ne fut plus à
plaindre.
Il est encor pour moi des maux bien plus à craindre. jMais apprends des malheurs qui te feront frémir. Des malheurs dont Tydée à jamais doit gémir. Eutraîué malgré moi dans ce palais funeste. Par un désir secret de \oir la sœur d'Oreste, Hier, avant la nuit, j'arrive dans ces lieux; La superbe Mycene offre un temple à mes yeux : Je cours y consulter le dieu qu'on y révère Sur mon sort, sur celui dHJreste et de mon perr. Mais à peine aux autels je me fus prosterné , Qu'à mon abord fatal tout parut consterné; Le temple retentit d'un funèbre murmure : Je ne suis cependant meurtrier ni parjure. J'embrasse les autels, rempli d'un saint respect; Le prèti'e épouvanté recule à mon aspect, Et, sourd à mes souhaits, refuse de répondre : Sous ses pieds et les miens tout semble se confondre; L'autel tremble ; le dieu se voile à nos regard» Et de pâles éclairs s'arme de toutes parts. L'antre ne nous répond qu'à grands coups de tonnerre , Que le ciel en courroux fait gronder sous la terre. Je l'avoue, Anténor, je sentis la frayeur. Pour la première fols, s'emparer de mon coeur. A tant d'horreurs enlîu succède un long silence; Du Dieu qui se voilolt j'implore l'assistance. « Écoute-moi , grand Dieu , sols sensible à mes cris ; « D'un ami malheureux, d'un plus malheureux fils, « Dieu puissant, m'écriai-je, exaice la prière; « Daigne , sur ce qu'il craint , lui prêter ta lumière »» Alors, parmi les pleurs et parmi les sanglots, l'ae lugubre voix fit entendre ces mots :