‹ Œuvres de CrébillonChapitre 174 sur 502 · ZÉ IT OBI · texte numérisé non relu

ZÉ IT OBI

Oui, Phénice, elle-même, Fille de tant de rois, reste d'ua sang fameux, Illustre, mais, hélas I encor plus malheureux. Après de loiigs débats, Mithridate mon père Dans le sein de la paix vivoit avec son frère : Lune et lautre Arménie, assers'ie à nos lois, Mettoit cet heureux prince au rang des plus grands

rois.

Trop heureux en effet , si son frère perfide D'un sceptre si puissant eût été moins avide ! Mais le cruel, bien loin d'appuyer sa grandeur, Le dévora bientôt dans le fond de son cœur. Pour éblouir mon père , et pour mieux le surprendre, Il lui remit son fils dès l âge le plus tendre. Mithridate charmé l'éleva parmi nous, Comme un ami pour lui , pour moi comme un époux. Je l'avouerai, seusible à sa tendresse extrême, •Te me fis un devoir d'y répondre de même; Ignorant qu'en effet sous des dehors heureux On pût cacher au crime un penchant dangereux.

»imals roi cependant ne se fit dans l'Asie Ln nom plus glorieux, et plus digne d'envie. Déjà , des autres rois devenu la terreur...

ZÉNOBIE

Phénice , il n'a que trop signalé sa valeur. A peine je touchois à mon troisième lustre. Lorsque tout fut conclu pour cet hvmen illustre. Rhadamisthe déjà s'en croyoit assuré.

Quand son père cruel, contre nous conjuré. Entra dans nos états, suivi de Tiridate, Qui brùloit de s'unir au sang de Mithridate ;

li ■ RHADAMISTHE ET ZÉNOBIE.

Et ce Parthc, ind.gué qu'on lui ravît ma foi ,

Sema par-tout l'horreur, le désordre, et l'effroi.

Mithridate, accablé par son perfide frère,

rit tomber sur le fils les cruautés du père ;

E», pour mieux se venger de ce frère inhumain,

Promit "à Tiridalc et son sceptre et ma main.

Rhadaitiiste, irrité d'un affront si funeste,

De létat à son tour embrasa tout le reste.

En dépouilla mou père, en repoussa le sien;

Et, daiis «on désespoir ne ménageant plus rien,

Malgré Nimiidius, et la Syrie entière,

Il força Pollion de lui livrer mou père.

Je tentai , pour sauver un père malheureux,

De fléchir un amant que je crus généreux.

Il promit d'oublier sa tendresse offensée.

S'il voyoit de ma main sa foi récompensée;

Qu'au moment que l'hymen l'engageroit à moi.

Il remettroit l'état sous sa première loi.

Sur cet espoir charmant aux autels entraînée,

Moi-même je hâtois ce fatal hyménée;

Et mon parjure amant osa bien l'achever.

Teint du sang qu'à ce prix je prétendois sauver:

Mais le ciel, irrité contre ces nouds impies,

Éclaira notre hvmen du flambeau des Furies.

Quel hymen, justes dieux! et quel barbare époux!

r H É NIC E.

Je sais que tout un peuple, indigné contre tous.

Vous imputant du roi la triste destinée.

Ne vit qu'avec horreur ce crtupable hyménée.

z É If o niE.

Les cruels, sans savoir qu'on me cachoit son sort , Osèrent lïien-sur moi vouloir venger sa mort. Trouble de ses forfaits, dans ce péril extrême, Rhadamisthe efi partit comme accablé lui-même. Mais ce prince, bientôt rappelant sa fureur. Remplit tout, à son tour, de carnage et d'horrew

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