‹ Œuvres de CrébillonChapitre 229 sur 502 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

AMESTKIS, XERXÈS.

XERXÈS, bas.

La princesse paroi t. Que de pleurs vont couler! Qu'à son aspect mon cœur commence à se troubler !

{haut.) Madame , quelque amour qui puisse vous séduire, D'un secret sur ce point j'ai voulu vous instruire î L'orgueilleux. Darius, dépouillé de ses droits, N'a plus rien à prétendre au rang de roi des rois; Artaxerce, aujourd'hui paré de ce grand titre, Du sort de l'univers est devenu l'arbitre. Je vois à ce discours votre cœur s'émouvoir : Mais dun profond respect écoutez le devoir; Et de quelque douleur que vous soyez atteinte. J'interdis à vos feux le reproche et la plainte. Sur-tout, si Darius vous est cher aujourd'hui , Cachez-lui des secrets qui ne sont pas pour lui.

AMESTRIS.

Ah! seigneur, pardonnez au transport qui m'agite. En vain à mon amour la plainte est interdite ; Après le coup affreux dont vous frappez mon cœur Rien ne peut plus ici contraindre ma douleur : Qu'elle éclate à vos yeux cette douleur mortelle, A qui vous imposez une loi si cruelle. Juste ciel ! se jîeut-il qu'un lils vlotrtç'ieux, Votre image, ou plutôt l'image de nos dieux, Soit privé par vous seul de l'honneur de prétendre A ces mêmes états qu'il sait si bieu défendre? Pardonnez, je sais bien qu'il ne m'est pas permis De prononcer, seigneur, entre vous et vos fils ; Mais, si jamais des dieux la majesté suprême Prenant soin sur un front de s'empreindre elle-même,

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