SCENE V
XERXÈS , DARIUS , AMESTRIS , ARTABAN , TISSAPHER^ E , PHÉNICE.
XERXÈS, à Darius.
C'est donc ainsi que respectant mes lois
io4 XERXÊS.
Vous osex d'Amestris chercher ici la vue?
AMESTRis, CL Xcrxes.
Depuis quaud à ses feux est-elle défendue? Ah, seigueur! se peut-il que ce iils malheureux Vous éproave toujours si contraire à ses vœux? Ne peut-il d'un adieu soulag^er sa misère? .Et ses moindres regrets offensent-ils son père? Ne craignez point que prêt à vous désobéir Il apprenne avec moi, seigneur, à vous trahir; D'un héros si soumis vous n'avez rien à craindre. Et vous ne l'entendrez vous braver ni se plaindre. De vos cruels détours moi seule je gémis : Mais mes larmes n'ont point corrompu votre fils ; De la foi des serments l'autorité blessée. Des droits les plus sacrés la justice offensée. De vos détours enfin l'exemple dangereux N'ébranlera jamais un coeur si généreux.
Pour son propre intérêt je veux bien vous en croire \ Je n'en soupçonne rien de honteux à sa gloire : Qu'il parte cependant, et que la fin du jour Le trouve , s'il se peut, déjà loin de ma cour. Vous, suivez- moi, madame, où vous attend son frère.
Jl M E s TRIS.
Où, seigneur?
x£ Rxà s.
Aux autels.
AMESTRIS.
C'est en vain qu'il l'espère :
Un autre hymen plus doux m'engage sous ses lois ; Regardez ce héros, et jugez de mou choix. Adieu, cher Darius : je mourrai ton épouse, Crois-en de ses serments une amante jalouse, Ou j'apprendrai du moins aux malheureux amants Le moyen de braver la fureur des tyrans.