‹ Œuvres de CrébillonChapitre 289 sur 502 · M AT) A T E · texte numérisé non relu

M AT) A T E

Et quel secours encor vous en promettez-vous Quaud le ciel en fureur éclate contre nous? Seigneur, ne compter plus, si voisin du naufrage, Que sur les immortels, ou sui votre courage. "i^ Sémiramis triomphe , Agénor est vainqueur ; ' T Rien n'a pu soutenir sa funeste valeur. Ce héros, que le ciel, jaloux de votre gloire , Form.a pour vous ravir tant de fois la victoire , Chéri d'elle encor plus que de Sémiramis, Inonde nos sillons du sang de vos amis. Mais ce n'est pas pour vous le sort le plus à craindre ; Si j'en crois mes soupçons , que vous êtesàplaindre I Vous êtes découvert, Mégabise a parlé.

BÉLUS

Mégabise ?

ACT£;i-,.SC£.VE II. iM

M AD XTE. 1 .

Sa as doute , il a tout révélé, v , . Seigneur , il vous so^Tf;i§nt que de notre entreprise Vous aviez noinn^é cheOe traitre jvlégaLise : Cet iiilidele et moi nous nous étions promis De faire sous nos coups, tomber Sémlramis. Déjà , le bras levé, sa.mjort etoit certaine;; IN"ous nous étions tous deux placés près de la reine, Tout prêts en 1 immolant à vous proclamer roi } Mégabise un instant s'est approche de moi : « Oardons-nousdacbever, ma-t-l} dit, cher 3Iadatc ; « Il faut qu'en lieux plus sûrs notre courage tclate. a Tu sais que nous verrons bientôt Sémiramis « Toler avec fureur parmi ses ennemis ; < Laissons-la s'y porter, sans nous éloigner d'elle; « Observons cependant cette reine cruelle >•. Je ne sais quel soupçon tout-à-coup m'a saisi. Je lobservois, seigneur, et .dégabise aussi. Le combat cependant de toutes parts s'engage , Et n'offre à nos regards qu'une effroyable image: c< Mégabise, ai- je dit, il est temps de frapper; La victime à nos coups ne sauroit échapper ; . On ne se conaoit plus, le désordre est extrême... « Je réserve, a-t-il dit, cethonneur pour moi-même « : El le lâche a tant fait que par mille détours Il a de nos malheurs éternisé le cours. Seigneur, j'ai vu périr tous ceux que votre haine Avec tant de prudence armoit contre la reine. Au retour du combat jugez de ma douleur. Quand j'ai vu, l'œil terrible et rempli de fureur, Totre sœur en secret parler à Mégabise ; A ce cruel aspect peignez-vous ma surprise. Le perfide , à son tour, surpris , déconcerté , De la reine à l'instant vers moi s'est écarté. .Te l'attire aussitôt dans la forêt prochaine ; Et là , sans consulter qu'une rage soudaine ,

ïi-i S EMIR AMI S.

I urieux, j'ai percé le sein où trop de foi Vous avfHt fait vpfser vos secrets malgré moi. l'ai mienx aimé porter trop loin raa prévoyance Oue de risquer vos jours par trop ée confiance. '

BÉT, us.

Tout est perdu, Madate; il n'en faut plus douter Si tu pouvois savoir ce qu'il m'en va coûter.. Mais ce seroit te faire une injure nouvelle Que de cacher encor ce sactet à ton Zèle. Cher ami , ne crois pas qu'un soin ambitieux Arme contre sa soeur un fnre furieux.

Ce n'est pas qn'ii regret la fî^-rté de mon ame ?<ait plojé jusqu'ici sons les lois d'une femme: Majs je SUIS peu jaloux du pouvoir <>buveraiu • .Famais sceptre sanglant ne souillera ma main •' 1 u ne iiie verras point, rpelqne gloire où j'aJpirc Du sang d^ iimlheUreux afdieter nn empire. De soins plu» généreux mou esprit agité IS aime que du dfvoir l'âpre séVérité.

C^ n'^ est pas l'éclat, c'eéï' la v*iftil t|Ue j'aime Je faisr la guerre a« ci'ime', e( uo-û'aû diadème, •îf veux venger Ninni*, ef caritotnitt^ son fils. Toilà ce qui m'a fait soulever tkijt d'alnis ; l.t d'une sœnr enfin qui souïlfei<î5 'ma gloire Je ne veux pins laisser qu'uh'e'tnst** Wrémoire.

Que parlez-vous, seigneur, d'un fifedàgrîindNinus 'i oute la cour prétend que c* fils utrvit pius.

B E LUS

Depuis dix ans entiers qu'une fuite imprudente Le dérobe à mes vœux , et trotape mou aitente, .le commence en effet à douter à mou tour S'il vit, et si je dois compter sur scm rotonr. Les malheurs de son père ont trop rempli l'Asie Pour retracer ici Ihistoire de sa vie.

L'univers jusqu'à lui navoit point vu srs roi»

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