ACTE II, SCE:;E IV. iGi
BÉLUS, AGÉINOR.
ÂGÉ îî OR.
Mais jappercois Bêlas; fuyons un entretien Qui ne peut plus qu'aigrir et son cœur et le mien.
Arrrtez un moment; j'ai deux mots à vous dire, Qui me regardent, vous, la reine, et tout l'empire. Au mépris de son sang, plus encor de nos lois Qui n'ont jamais admis d'étrangers pour nos rois, De ma sœur et de vous on dit que l'hy menée, Seigneur, doit dès ce jour unir la destinée. L'esprit avec justice indigné de ce bruit , J'ai voulu par vous-même en être mieux instruit.
A G É ISr o R.
Si ce bruit, quel qu'il soit, a de quoi vous surprendre, De la reiue , seigneur, ne pouviez-vous l'apprendre ?
BÉLUS
Ab ! je ne sais que trop ses projets insensés.
Et moi de vos secrets plus que vous ne pensez.
Si jamais votre cœur fut vraiment magnanime Tous n'aurez donc pour moi conçu que de l'estime.
A.GÉ !ÎO R.
.le ne démêle point les divers intérêts Qui vous font eu ces lieux former tant de projets ; Il m'a suffi , savant dans l'art de les détruire , D'en préserver l'état, mais sans vouloir vous nuire. Ce discours vous surprend: mais, prince, poursuivez, Et ue regardez point ce que vous me devez.
•Te vous devrois beaucoup pour tant de retenue,
1^2 SEMIRAMIS
Si la cause, seigneur, m'en étoit mieux connue. INIou cœur n'est point ingrat ; cependant je sens bien Qu'il voudroit vous haïr, et ne vous devoir rien,
A G É :jî OH.
Je vais donc aujourd'hui par un aveu sincère Justifier ici cette haine si chère.
Tous avez cru sans doute en votre vain courroux Qu'un étranger sans nom fléchiroit devant vous, tt sur-tout au milieu d'une cour ennemie Où l'on voit sa puissance encor mal affermie; (lae vous n'aviez,, seigneur, qu'à venir m'annoncer Qu'à l'hymen de la reine il falloit renoncer, Pour me voir au dessein de conserver ma vie Sacrifier l'espoir de régner sur l'Asie : jNIais de mes ennemis je brave les projets ; Je crains peu la menace, encor moins les effets; Et, si jamais l'amour m'entraînoit vers la reine, Je consulterois peu ni Bélus ni sa haine. Mais pour un autre objet dès long-temps prévenu, Dans des liens plus doux mon cœur fut retenu. Votre fille, seigneur, est celle que j'adore. Ou que, sans ses mépris, j'adorerois encore.
Ma fille ! Ténésis !
▲ GÉisr OR.
Un captif tel que moi Honoreroît ses fers même sans qu'il fût roi.
BÉLUS
Seigneur, si mes secrets ont besoin de silence , Les vôtres n'avoient pas besoin de confidence. Quoi ! d'aïeux sans éclat Agénor descendu A l'hymen de ma fille aurolt-il prétendu.^