ACTE II, SCE^^E IV. i
Le destin m'a fait naître au sein de la vertti; C'est elle qui prit soin d'élever uion eniance. Et ma gloire a depuis passé mou espérance. Quiconque peut avoir un cœur tel que le mien Ne connoît point de sang plus digue que le sien ; Et, quand j'ai recherché votre auguste alliance. J'ai compté vos vertus, et non votre naissance.
C'est elle cependant qui décide entre nous. Il est plus d'un mortel aussi vaillant que vous ; Mais je n'en connois point, quelque grand qu'il
puisse être, Dont le sang d'oii je sors ne doive être le maître. La valeur ne fait pas les princes et les rois ; l'is sont enfants des dieux, du destin, et des lois. La Videur, quels que soient ses droits et ses maximes , lait plus d'usurpateurs que de rois légitimes. Si la valeur plutôt que la splendeur du sang Au-dessus des humains pouvoir nous faire un rang, 11 n'est point de soldat qu'un peu de gloire inspire Qui ne put à son tour aspirer à l'empire. En vain sur vos exploits vous fondez votre espoir. Vous voilà revètn de l'ahsolu pouvoir; Mais comment? et par qui ? Seigneur, une couronne N'est jamais bien à nous si le sang ne la donne. La reine, comme moi, sort de celui des dieux; Elle règne : est-ce assez pour oser autant qu'eux? Iiiiitons leur justice, et non pas leur puissance. L'équité doit régler et peine et récompense. Quoi qu'il en soit, parmi de peu dignes aïeux Ma fille n'ira point mêler le sang des dieux. Sur un sang aussi beau si votre amour se fonde. Venez la disputer au souverain du monde.
A c É sr o R .
L'orgueil de ces grands noms n'éblouit point mes
yeux;
i64 SÉMIRAMIS.
Le ralen, sans ce secours, est assez glorieux Pour ne rien voir ici dont ma fierté s'étonne. Un guerrier généreux que la vertu couronne Vaut bien un roi formé par le secours des lois : Le premier qui le fut n'eut pour lui que sa voix. Quiconque est élevé par un si beau suffrage ]N'e croit pas du destin déshonorer l'ouvrage. Seigneur, à Ténésis je réservois ma foi, Parceque mon amour la crut digne de moi : •T'ai voulu vous l'offrir, dans la crainte peut-être De me voir obligé de vous donner un maître. La reine m'offre ici l'empire avec sa main ; Puisque vous m'y forcez, ce sera dès demain , Ne fût-ce qu'à dessein, seigneur, de vous instruire Qu'un soldat n'eu est pas moins digue de l'empire.
B É LUS
Eh bien ! poursuivez donc ; tâchez de l'obtenir ; Mais songez aux moyens de vous y maintenir.
( il sort. )