ACTE II, SCE:s;E TI. iGT
A quel autre aujourd'hui pourrois-je avoir recours? Je viens de pénctrer le plus aflreux mystère : On me trahit, seigneur; et le traître est mon frère. Cette austère vertu dont se paroit l'ingrat Ne servoit que de voile au plus noir attentat; Comtlé de tant d'honneurs, ce perfide que j'aime De mes propres bienfaits s'arme contre moi-même ; C'est lui dont la fureur, séduisant mes sujets, M'en fait des ennemis déclarés ou secrets. L'auriez-vous soupçonné d'une action si noire?
D'un prince tel que lui vous devez peu la croire.
SÉIIIRAMIS.
Seigneur, il n'est plus temps de le justifier ;
Il ne faut plus songer qu'à le sacrifier.
Ma tendresse pour lui ne fut que trop sincère ,
Je n'en ai que trop fait pour cet indigne frère,
Malgré moi , car enfin ce n'est pas d'aujourd'hui
Que mon cœur en secret s'élève contre lui.
Si vous saviez quelle est la fureur qui le guide,
El tout ce qu'en ces lieux méditoit le perfide I
Il en veut à vous-même, à mon trône, à mes jours.
Si de tant de complots vous n'arrêtez le cours.
Mourant, percé de coups par l'ordre de ce traître,
Mégabise , seigneur, dans ces murs va paroitre ;
Je le fais en secret apporter en ces lieux.
Madame, devez-vous en croire un furieux? Il est vrai qu'il accuse et Relus et Madate.
SEMIRAMIS
"Vous voyez s'il est temps que ma vengeance éclate.
Il faut dissimuler un si juste courroux : Relus est dans ces lieux aussi puissant que vous ; Gardez-vous d'éclater; plus que jamais , madame, Vous devez renfermer vos transports dans votre ame.
iGG SEMIKAMIS.
■j out un peuple pour lui prêt à se déclarer...
s i ai I r» A ai I s.
l'k bien! pendant la nuit il faut s'en assurer. C est de vous que j'attends cet important service, Vous, pour qui seul ici j'ordonne son supplice. Seigneur, vous vous troublez ! je ne sais quels
transports Éclatent dans vos yeux malgré tous vos efforts.
Reine , je l'avouerai , qu'à regret contre un frère Mou bras vous prèteroit ici son ministère : iSon que de vous servir il néglige l'emploi ; P.Iais daignez le commettre à quelque autre que moi; Vous ce m'en vqrrez pas moins prompt à vous défendre.
Contre des jours si cbers si Ton ose eutreprendrc.
Ab ! seigneur, ce n'est pas l'intérêt de mes jours Qui me fait dun licros impiprer le secours. Plat au ciel que Bélus n'en voulût qu'à ma vie ! D'un cciurrouï moins ardent on me verroit saisie : Mais, hélas ! le cruel attaque en sa fureur Tout ce qui fut jamais de plus cher à mon cœur : Ce n'est qu'à le sauver que ma tendresse aspire. Et ce n'est pas pour moi que je défends l'empire. Seigneur, si Ténésis eût rempli mou espoir. Mon cœur u'auroit plus rien à vous faire savoir; Et le vôtre du moins, plein de reconnoissance, E.assureroit du mien la timide espérance.
A G É wo R.
La princesse a daigné dans un long entretien...
SÉMIRAMIS
Eb quoi ! vous l'avez vue , et ne m'en dites rien .** On sait tout , cependant on garde un froid silence ! On se trouble , on soupire , et même en ma présenc< ! Quels regards .' quel accueil .' et qu'est-ce que je voi ?