A.GÉ N OB
Ah I cruelle princesse , De quel barbare prix payez-vous ma tendresse I Et puisqu' enfin j'allois abandonner ces lieux, Pourquoi me dévoiler ces secrets odieux .''
T É îi É SI s.
Trop d'espoir eut séduit votre ame généreuse.
Pvïais il en eût rendu la douleur moins affreuse. Hélas ! que le destin, en unissant nos cœurs , S'est bien fait un plaisir d'égaler nos malheurs ! Comme vous à l'hymen engagé des l'enfance , Cependant de ses nœuds j'ai bravé la puissance ; Et de tous les serments dont j'attestai les dieux Je n'ai gardé que ceux que je fis à vos yeux. Quelle étoit cependant celle à qui l'hyménée Du parjure Agénor joignit la destinée.^ J'ignore encor son nom : mais je sais que jamais La jeunesse ne vit briller autant d'attraits ; S'ils ont pu se former, qu'elle doit être belle .' La seule Ténésis VemporUroit sur elle.
i86 SEMIPvAMIS.
Que vous plaindrez mon sort à ce fatal récit !
Près de Sinope...
O ciel ! quel trouble me saisit î Ne fut-ce point, seigneur, près d'un antre terrible, Des décrets du destin interprète invisible?
A GÉ N o E.
C'est là pour la première et la dernière fois
Que je vis la beauté qu'on soumit à mes lois ;
Du pyrope éclatant sa tête étoit ornée ;
Sans pompe cependant elle fut amenée.
Un mortel vénérable, et dont l'auguste aspect
Inspiroit à la fois la craiute et le respect,
Conduisoit à l'autel cette jeune merveille:
Age peu différent, suite toute pareille;
Un prêtre , deux vieillards , nul esclave près d'eux.
De la pourpre des rois on nous orna tous deux.
T É N É SI s.
Mais, seigneur, à l'autel ne vit-on point vos mères?
A G É ?ÎOR.
L'un et l'autre avec nous nous n'avions que nos pères.
T É N É SI s.
Acbevez.
A. G É N o R. J'ai tout dit.