ACTE V, SCENE II
Ce n'est point ma fnreur qui demande son sang : Je règne, et je dois tout à ce superbe rang. Si de Pyrrhus enfin je m'immole la vie. C'est au bien de la paix que je le sacrifie.
É RI r. I E.
Si jamais vous osiez lui donner le trépas, Quelle guerre, seigneur, n'allumeriez-vous pas.^
XÉOPTOLÈME.
Hélénus est le seul dont je crains le courage, Et son amour pour vous dissipera lorage : Mais son courroux bientôt retomberoit sut moi, .Si j'osois à Pvrrhus engager votre foi. Tous voyez qu'Piéléuus me le livre lui-même; Jugez par ce présent à quel point il vous aime.
Ah ! ne vous fiez point au présent quil vous fait ; C'est peut-être, seigneur, quelque piège secret. Ce palais vous met-il à couvert de surprise ? Jenesais ; mais survous je crains quelqueentreprise. Ne vous exposez point à revoir Hélénus ; Et, si vous m'en croyez, emmenez Illvrus.
X ÉO PTOLÉ M E.
Ou"aurois-je à redouter d'une ame généreuse.' Votre crainte, ma fille, est trop ingénieuse.
i RI CI E.
Votre haine, seigneur, l'est plus que mon effroi, Et vous ferme les yeux sur tout ce que je voi. L'ardeur de vous venger vous rend tout légitime, Et la soif de régner vous déguise le crime : Mais si mes pleurs en vain combattent vos fureurs, Vous allez voir ma mort prévenir tant dhorreurs.
nÉoptolÈme.
Ah 1 c'en est trop, ma fille, et ce discours m'outrage ; Pyrrhus n'auroii osé m'en dire davantage. Mais Hélénus paroît.
Justes dieux!
IfÉOPTOLÈME.
Laissez-nous.
É RI CI E
Ah, seigneur ! par pitié, souffrez-moi près de vous ; Jane vous quitte point.
NÉOPTOLKME.
Quels transports !
K RI c I E.
Ah, mon père!
Si jamais votre fille a pu vous t-tre chère. Daignez à ma douleur accorder un moment.