ACTE III, SCENE IV. ii
'Que je puis d'un seul mot rassurer les esprits, Et dissiper l'erreur qui les avoit surpris. Si de nos premiers feux vous perdez la mémoire , Songez du moins , seigneur , qu'il y va de ma. gloire. Quoi! vous pouvez m'aiuier, et me sacrifier A l'orgueilleux lionneur de vous justifier.^ L'amour vous justifie et reprend son empire ; Quand mon cœur vous absout , mon cœur doit vous
suffire.
Le sénat contre vous n'a rien fait publier: Ab! laissez-moi l'bonneur de vous concilier j Laissez-moi réunir mon amant et mon père. Hélas! étoit-ce à moi d'en parler la première.' L'arnour n'offre donc plus à vos tendres soubaits Aucun bien qui vous puisse engager à la paix 1 Vous êtes des E.omains la plus noble espérance. Daignez contre vous-même embrasser leur défeZi.se. De quoi vous plaignez-vous, quand c'est vous §eul,
ingrat , Qui voulez aujourd'hui convoquer le sénat? Si vous vous obstinez encore à vous défendre , Le consul à son tour voudra s'y faire entendre ; Et bientôt vos amis, ardents et furieux. De carnage et d'borreur vont remplir tous ces lieux. Voulez-vous mettre en feu la ville infortunée Que votre amante babite, où votre amante est née? Laissez-moi désarmer vos redoutables mains ; Accordez à mes pleurs la grâce des Romains ; Et qu'il soit dit du moins de 1 beureuse Tullie Que le dieu de son cœur fut dieu de sa patrie.