ACTE IV, SCE^'E II
Oa le plus défiant, ou le plu? rigoureux; Je veux que de mon sort on le laisse le maître, Qu'il me traite en héros, ou me punisse en traître : Souffrez que sans tarder je remette en ses mains Un homme la terreur ou l'espoir des Romains.
C ATO s.
Catilina, je crois que tu n'es point coupable ; Mais , si tu l'es , tu n'es qu'un homme détestable ; Car je ne vois en toi que l'esprit et l'éclat Du plus grand des moi-tels , ou du plus scélérat.
CI c É RO X.
Catilina, daignez reprendre votre place ;
De vos soins par ma voix le sénat vous rend grâce:
Vous êtes généreux; devenez aujourd'hui.
Ainsi que notre espoir, notre plus ferme appui.
TSos injustes soupçons n'ont plus besoin d'otage;
D'un homme tel que vous la gloire est le seul gage.
Vous , sénateurs , veillez à notre sûreté :
Il s'agit du sénat et de la liberté ;
Courons sans différer où l'honneur nous appelle.
Adieu , Catilina : j'attends de votre zeîe
Tous les secours qu'on doit attendre d'un grand
cœur.
Rome a besoin de vous et de votre valeur; Combattez seulement , ma crainte est dissipée,
CATiLiiîA, à part, regardant sortir Cïcéron. Va ; ma valeur bientôt sera mieux occupée ; Elle n'aspire plus qu'à te percer le sein.