SCENE I
CICÉRON, seul.
V^ATOîT ne paroît point, et la cuit qui s'avance
Accroit à chaque instant l'horreur qui la devance.
Pétréius , invité de hâter son retour ,
?Se peut plus arriver avant la fin du jour ;
Et ce jour malheureux étoit le seul peut-être
Qui pouvoit me ilatter de triompher d'un traître :
Plus sur son innocence il a cru m'abuser ,
Plus mon cœur déliant s'obstine à 1 accuser.
Je sais qu'à Maniius il vient d'oter la vie ;
C'est pour mieu^ m' éblouir qu'il nous le sacrifie.
Trop heureux si je puis à mon tour lui cacher
Le périi du décret qu'il vient de mariacher !
Mais nous sommes perdus si ^ainais il devine
Qu'eu secret par Céson je trame sa ruine ;
Des pièges qu'on lui tend habile à se venger,
Il en teroit sur moi retomber le danger,
Rufus m'assure en vain d'une lon^'ue défense,
Céson est désormais mon unique espérance.
Quelle honte pour vous, indomtables Homains,
De n'avoir pour appui que de si loibles mains I
O toi, qu'en ses malheurs Piome toujours implore,
Et que sans te nommer en secret elle adore ;
Toi, qui devois un jour, couronnant ses exploits,
Soumettre à son pouvoir les peuples et les rois ,
i32 C ATI LIN A.
Daigne aajotu'd'hai du moins, favorable génie,
La sanver de l'opprobre et de la tyrannie.
Caton ne revient point ; je crains que son ardeur
Plus loin que je ne veux n'entraîîne son grand cœur.