‹ Œuvres de CrébillonChapitre 442 sur 502 · LÉPIDE,TULLIE · texte numérisé non relu

LÉPIDE,TULLIE

LÉ PI D E

Vertueuse TuUie , Arrêtez un moment ; c'est moi qui vous en prie. Confondez-vous Lépide avec des furieux, Opprobres à la fois des hommes et des dieux? Triumvir malgré moi, tyran sans barbarie. Je venois avec vous pleurer sur la patrie , Et dire à votre père un éternel adieu. Ma vertu souffre trop en ce funeste lieu , Dont je ne puis chasser mes collègues impies , Monstres dans les enfers nourris par les Furies ; Et le sénat , en proie à ces deux inhumains , Me charge des forfaits réservés à leurs mains : Tandis que nos malheurs sont leur unique ouvrage, La haine et le mépris vont être mon partage ; Sur un honteux soupçon et si peu mérité Du cœur de Cicéron j'attends plus d'équité. Mais de ces lieux cruels il faut que je m'exile ; Dans l'Espagne, où j'ai su me choisir un asyle, Je vais chercher, madame , un ciel moins corrompu, PoursauYcr mon honueur, mon nom, et ma vertu.

Ah ! la vertu qui fuit ne vaut pas le courage

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