‹ Œuvres de CrébillonChapitre 444 sur 502 · ACTE I, se E^E IV. i · texte numérisé non relu

ACTE I, se E^E IV. i

Pour le salut de Fiome inutile espérance !

Abandonnez aux dieux le soin de sa défense.

Il n'est plus de Romains, ni de lois, ni d'ctat;

C'est votre nom lui seul qui fait tout le sénat.

Romain trop vertueux, dans ce malheur extrême

Ne songez qu'à sauver votre fille et vous-même.

Tout l'univers en vain s'intéresse à vos jours

Si la fureur d'Antoine en veut trancher le cours.

Échauffé par les cris d'une femme inhumaine,

Que des fleuves de sang satisferoient à peine,

Ce cruel veut vous mettre au nombre des proscrits ;

Et vous pouvez juger quel en sera le prix.

.Te crains qu'à vos dépens Octave ne se venge,

Et que de Lucius vous ne soyez l'échange.

Octave, qui poursuit l'oncle du triumvir,

Ne se rendra jamais qu'on ne l'ail fait mourir;

Et l'on n'appaisera la haine de Fulvie

Que de tout votre sang on ne l'ait assouvie.

Il est vrai que contre eux Octave vous défend j

Mais de ses intérêts son amitié dépend :

La seule ambition gouverna sa jeunesse ,

Et le gouvernera jusque dans sa vieillesse;

Ainsi n'attendez rien de ce volage appui,

Que vous perdrez demain , si ce n'est aujourd'hui.

J'ai fixé mon séjour sur les rives du Tage ;

C'est sur ces bords heureux devenus mon partage,

D'un pouvoir usurpé restes injurieux.

Que je veux transporter Cicéron et ir.-s dieux:

Venez y partager l'empire et ma fortune.

Qu'une tendre amitié doit nous rendre commune.

CICÉRON

Qu'entends-je ?

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