‹ Œuvres de CrébillonChapitre 450 sur 502 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

OCTAVE, MECENE.

O OCTAVE

ui, Mécène, je sais qu'une ardente vengeance A souvent confondu le crime et rinnocence , Qu'à des yeux prévenus le mal paroit uu bien, Que la haine est injuste et n'examine rien ; Mais je sais encor mieux qu'une aveugle clémence j Loin d arrêter le crime , en nourrit la licence ; Plus on doit épargner les hommes vertueux, Plus il .aut des méchants faire un exemple affreux. Quel que soit mon courroux, il est si légitime Qu'il ne me permet pas le choix d'une victime : Le seul infortuné digne de mes regrets , Dont la mort flétriroit à jamais nos décrets, C'est l'orateur fameux pour qui Kome m'implore, Et qu'un funeste amour me rend plus cher encore, Le divin Cicéron , dont le nom glorieux Triomphera toujours dans ces augustes lieux; Je veux le rendre aux pleurs de l'aimable Tullie, Et le sauver des coups de l'indigne Fulvie, Tu Tas vu cette nuit, concois-tu quelque espoir Qu'il veuille en ma laveur employer son pouvoir? Il est bon qu'en public il prenne ma défense, Pour disposer le peuple à plus d'obéissance, Et que par ses amis il inspire au sénat

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