OCTAVE, CICÉRON
OCTAVE, a part.
Que sa douleur me trouble, et me cause de peine î
( haut. ) A votre nom célèbre on doit trop de respect Pour croire que le mien vous puisse être suspect. Quoique des triumvirs il ait lieu de se plaindre , Cicéron près de moi sait qu'il n'a rien à craindre. Comme il s'agit de Rome, à ce nom si cbéri Je suis sur de trouver votre cœur attendri , Et que vous me verrez ici saus répugoance.
CICÉRON
Comment avezrvous pu désirer ma présence? César, en quel état vous oflrez-vous à moi? Ab ! ce n'est ni sou fils , ni César que je voi ; Vos mains n'en ont que trop souillé la ressemblance, Et Rome n'en peut trop pleurer la différence. ^Malheureux ! pouvez-vous sans l'inonder de pleur» Sur son sein décbiré déployer vos fureurs? () César, ce n'est pas ton sang qui l'a fait naître ; Brutus qui la versé méritoit mieux d'en être : Le meurtre des vaincus ne souilloit point tes pas ; Ta valeur subjuguoit , mais ne proscrivoit pas : Si tu versois du sang pour soutenir ta gloire. De ta clémence en pleurs tu parois la victoire; Et vous , sans redouter l'exemple de sa mort , Vous semblez n'en-vier que son funeste sort: Peu jaloux d'bériter de ses sages maximes , Cruel, vous ne songez qu'à parer des victimes.
OCTAVE
D'un reproche odieux qui blesse mon honneur, Cicéron, modérez l'indiscrète rigueur :