CI C É R O N
César vous auroit-il chargé de la conclure, Rebuté d'outrager les dieux et la nature? Moins presse de la soif de grossir ses trésors. Vous aaroii-il prorais de respecter les morts, De ne point dépouiller leurs enfants et leurs femmes Des biens que ce cruel prodigue à des iniàines? Ignorez- vous encor que des édits nouveaux Ordonnent de fouiller jusque dans les tombeaux : Que son avidité, par des lois inhumaines. Impose des tributs jusqu'aux dames romaines? Vous fait-il espérer que de notre union L'instant seitt la fin de la proscription?
M iczn t..
C est pour vous que d'hier César l'a suspendue.
Cl c É R o N.
F.h bien! sur ce tableau daignez jeter la vue.
( il' lui montre le tableau de la proscrijution. ) Pour me mieux distinguer, c'est mou funeste noia (^ui sful en fait le prix.
M icE w E.
Dieux! quelle trahison!
César auroit dicté cet arrêt sanguinaire ! Mais non ; je reconnois la main du téméraire Qui seul aura tracé cet horrible décret : l'.h I quel autre qu'Antoine eût commis ce forfait.' César jusqu'à ce point eùt-il flétri sa gloire? Si je l'en soupconnois, ou si j'osois le croire, Loin de tenter encor de le justifier.
Je serois le premier à le sacrifier.
S'il est vrai que César ait voulu vous proscrive . Sur ce même tableau je vais me faire inscrire. Adieu : si je ne puis vous sauver de ses coups, Vous me verrez combattre et maarir avec vous.