‹ Œuvres de CrébillonChapitre 482 sur 502 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

196 LE TillUMVIRAT.

Quel misérable orgueil pour une arae romaine ! Ali ! loin de nous vauter une gloire si vaine. Rougissez de vous voir proscrit sur ce tableau. C'est dans le ciel qu'il aut inscrire un nom si beau. Des plus nobles proscrits je viens d'armer Tëlite, C'est à mourir entre eux que l'honueiir nous invite. Laisserez-vous périr ces guerriers généreux Qui s'exposent pour vous au sort le plus affreux? Un Romain, tant qu il veut, peut rétablir sa gloire; C'«st en cherchant la mort qu'il trouve la victoire. Lorsqu'il faut terminer ses déplorables jours Est-ce au fer des bourreaux qu'il faut avoir recours?

c I c É R ON.

Ah ! je n'aspire point aux honneurs de la guerre ;

Le ciel ne m'a point fait pour désoler la terre.

Ni pour briller dans l'art des travaux meurtriers.

Ainsi que ses vertus, chacun a ses lauriers.

Et que peut m'importer, dés qu'il faut que je meure,

Quelle main me viendra marquer ma dernière heure?

Lorsqu'on ne peut plus vivre , il faut savoir mourir,

Et se rendre, quand rien ne peut uous secourir.

A quoi me servira votre valeur suprême ,

Plus terrible cent fois pour moi que la mort même?

Tullie est uu héros au-dessus du trépas.

Qui viendra s'élancer à travers les soldats.

Voulez-vous qu'à mes yeux on égorge ma fille,

Et l'héritier qui peut relever ma famille?

Et comment osez-vous hasarder nos amis.

Dès que le moindre espoir ne nous est plus permis ?

Dans l'ardeur de tenter une vaine défense,

Les ferez-vous périr pour tonte récompense?

s EXT c s.

Eh bien! si rien ne peut nous sauver de la mort, Nous mourrons tous du moins dignes d'nn meilleur sort.

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