‹ Œuvres de CrébillonChapitre 498 sur 502 · IRE · texte numérisé non relu

IRE

Votre majesté vient de voir, dans nos transports et dans nos acclamations, une image naïve de l'état déplorable où la crainte de perdre un si digne souverain avoit réduit toute la France ; et on ne lira point sans étonnement que le plus aimable et le meilleur de tous les rois nous ait coûté plus de larmes que les tyrans n'en ont jamais fait répandre. L'admiration des étrangers et l'amour des peuples furent toujours des objets de la plus noble ambition : César lui-même se fût estimé trop heureux de pouvoir inspirer ces sentiments dans le cours d'une longue vie; et votre majesté, qui les inspira dès l'enfance, qui les a justifiés chaque jour, nous en a fait une sorte de religion dans le cours de six mois. Trop heureux les François si votre majesté, plus ménagère d'une vie si précieuse , n'éprouvoit pas si souvent leur tendresse , et ne leur causoit pas des alarmes plus terribles pour eux que la haine d'un ennemi, qui, grâce à votre valeur, ne leur donne plus d'autre soin que celui de vous élever des tro-

ACADÉMIQUES. aaS

phées ! puisse l' Académie fraucoise , sire, après avoir ]>artagé si -vivement la douleur et la joie de tant de fidèles sujets, célébrer au gré de ses vœux les vertus d'un si grand maître I

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