‹ Œuvres de CrébillonChapitre 66 sur 502 · ACTE I, f CENE III · texte numérisé non relu

ACTE I, f CENE III

S'il ponvoit s'y venger d'un traître qne j'aLborre: Apit'S l'indigne affront que m'a fait son amour Jt* serai sans honneur tant qu'il verra le jour. l'îi ennemi qui peut pardonner iiue offense, On manque de courage, ou manque de puissance. Kien ne peut arrêter mes transports furieux : Je voudrois me venger, fût-ce même des dieux. r>u plus puissant de tous j'ai reçu la naissance; •If le sens au plaisir que me fait la vengeance : r.nlin mon cœur se plaît dans cette inimitié; Et s'il a des vertus, ce n'est pas la pitié. ?s"e m'oppose donc plus un sang que je déteste; ]Ma raison m'abandonne au seul nom de Tbyeste: Instruit par ses fureurs à ne rien ménager. Dans les flots de son sang je voudrois le plonger. Qu'il n'accuse que lui du malheur qui l'accable. Le sang qui nous unit me rend-il seul coupable.^ D'un criminel amour le perfide enivré A-t-il eu quelque égard pour un nœud si sacré? Mon cœur, qui sans pitié lui déclare la guerre, Ne cherche à le punir qu'au dé'aut du tonnerre.

Depuis vingt ans entiers ce courroux affoibli Sembloit pourtant laisser Tbveste dans l'oubli.

AT R É £

Dis plutôt qu'à punir mon ame ingénieuse

Méditoit dès ce temps une vengeance affreuse :

Je népargnois l'ingrat que pour mieux l'accabler:

C'est un projet enfin à te faire trembler.

Instruit des noirs transports où mon ame est livrée,

Lis mieux dans le secret et dans le cœur d'Atrée.

Je ne veux découvrir l'un et l'antre qu'à toi ;

Et je te les cachois, sans soupçonner ta foi.

Ecoute. Il te souvient de ce triste bvménée

Qui d'Aerope à mou sort unit la destinée :

Cet hymen me mettoit au comble de mes vœux;

CRÉBILLOX. I . 0 ■

v,î ATIUIE Ll TIIYr.STF.

Mais à pciut- aux autrls j'en rus forinr 1rs na-nJs, Qu'à ct*s uit-iur» autels^ rt par !.• main tl'uu frcrc. Je me vi» eulcTrr une epou»€ si rlicrr. TesTraxfarrnlicinoinsilrs transports dr mou cœur: A princ ruon ani.tur rgaloit ma fureur ; Jamais amant trahi ne l'a plus signalée. Mvcfue», tu le M», sans pilié driolce.

Par l" fer et le feu Vât déchirer »<»u sein ; Mon amour oiiiia^e me reudit inhumaiu.

Enliii par ma tuI' ur Aerope recouvrée Apr -s un an reviut entre Ir» maius d'Atrér. <ju »i(jUC déjà l'Iiymen, ou pliita le depit, Lu%s'<nt depu.s re temps nu» une autre en mon lit, Maljiré tous 1rs appa» d'une épouar n<»iiv' lie , Aer »pe à mes regards u'«n parut »|ne plu» belle. Mai» en vatu m«»ii amour brùloil de ntiuveaux fenx« Elle lYoït à 1 hyt ste euf'age tou» ses veux ; Et li«c à l'ingrat d'une secrète chai ne, Aerope, le dirai-je? en eut pour /ruit iMisthene.

fVETSlMrTIl.

Dieux! qu'eat-ce que j'entenda? quoi : Plislhene,

seigiteur.

Reconnu dans Arg<M pour YOtre tnccessrur, PourTotic tilseulia?

▲ thkc.

C'est lai-m^rae, Enrysthene; Ce«t ce m^me guerrier, c'est ce m/^me Pli^iheue, Que nui cour aujourd'hui croii encor sous ce nom Krere de Meui-la», frère d'Agamrmnon.

Tu sais, pour me venger de sa perlide mère, A rjuel excès fatal me porta ma colire. H'-uri-nx si le poison qui servit ma fureur l)e mon indigue amour eût etoude lai deur ! Ci'lu! de l'inLdele erlatoit pour Thyste Au milieu des horrenrs du sort le pins funr%tr. Je ne puis, sans frémir, y penser anjourd liui ;

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