ACTE I, SCENE II. 3i
Je tremlîlîpi, So|jkroiiyuie , et tiexui>lai pour moi-
inèiae...
Pour appaiser les dieux, je priai... je promis^,. Non , je ue promis rien. ; «lieux cruels i j'en frémis.,. Neptune, l'instrument dune indigue fbibîessef,^*.' S empara de mon cœur , et dicta la pixDmesse. , •' -. S il n'en eût inspiré le barbare dessein, Non, je n'aurois jamais promis de »ang humain. « SauVi-' des malheureux si voisins du naufra^'e, " Dieu puissant, m'écriai-je, et rends-nousau rivage. - Le premier des sujets rencontre par son roi
1 Neptune imm<jlé satisfci^ pour moi... >, Mou sacrilège vœu rendit le calme à l'onde ; ■ '
Mais rien ne put le rendre à ma douleur profooda'j Et, l'effroi succédant à mes premiers transports, ,7e me sentis glacer en revoyant ces bords, • Je les trouvai déserts; tout avoit fui l'orage: In seul homme alarmé parcouroit le tivage ; Il sembloit de ses pleurs n^ouiller quelques débris: Jeu approche en tremhiaut... helas ! c'étoit mou
fils...
A ce récit fatal tu devines le reste.
.Te demeurai sans force à cet objet funeste; Et mon malheureux fils eut le temps de voler Baus les bras du cruel qui dtvoit linunoler.
SOPUBOÎÎYME.
Ai-je bien entendu.^ quelle horrible promesse ! Ah .' père infortuné l
IDOMÉS^ÉE.
Rebelle à ma tendresse, Je fus près d'obéir; mais J daman te enfin Mit mon ame au-dessus des dieux et du destin : Je n'eiivisageai plus le vœu, ni la tempête; Je baignai de mes pleurs uue si ch' • e tète. Le ciel voulut en vain me rendrp in-it-nx, La nature , à son. tour , fit taire tous les dieux.
5* IDO MENÉE.
Sophronymp , qni veut , peut braver leur puissance , Mais ue peut pas, qui veut, éviter leur vengeance. A peine de la Crète eus-je touché les bords, Que je la vis remplir de mourants et de morts. Eu vain j'adresse au ciel une plainte importune, J'ai trouvé tous les dieux du parti de Neptune.
SOPHROIfYME.
Qu'espérez-vous des dieux , en leur manquant de foi ?
Que du moins leur courroux n'accablera que moi ; Que le ciel, fatigué d'une injuste vengeance, Plus équitable enfin, punira qui l'offense; Que je ne verrai point la colère des dieux .S'immoler par mes mains un sang si précieux.
80PHR0NYME.
Seigneur, à ce dessein vous mettez un obstacle: Pourquoi par Egésippe iuterroger l'oracle.-' Vos peuples, informés du sort de votre fils, Voudront de leur salut que son sang soit le prix.
Que le ciel , que la Crète à l'envi le demandent , N'attends point que mes mains à leur gré le répandent.
J'interroge les dieux : ce n'est pas sans frayeur ; L'oracle est trop écrit dans le fond de mon cœur. J'interroge les dieux: que veux-tu que je fasse .^ PouYois-je à mes sujets refuser cette grâce .^ Un peuple infortuné m'en presse par ses cris; J'ai résisté long-temps; à la fin j'y souscris. Tu vois trop à quel prix il faut le satisfaire. Ne puis-je être son roi qu'en cessant d'être père? Mais pourquoi m'alarmer.** Les dieux pourroient
parler :
Non , les dieux sur ce point n'ont rien à révéler. Que le ciel parle, ou non, sur ce cruel mystère, N« pois-je pas forcer Egésippe à se taire?