‹ Œuvres de d'AguesseauChapitre 26 sur 29 · L'AMOUR DE LA PATRIE · texte numérisé non relu

L'AMOUR DE LA PATRIE

Après toutes les pertes que notre ministère, que ce sénat auguste, que toute la France a faites dans le cours de cette, année, pouvons-nous vous parler aujourd'hui un autre langage que celui de la douleur; et ne devons-nous pas faire grâce aux vices en faveur de tant de vertus dignes d'être louées par la voie même de la censure?

Qu'il nous soit donc permis de sentir d'abord les pertes de notre ministère. Celui1 qui en diminuait le poids par ses travaux, et qui en augmentait la dignité par ses talents, a été moissonné dans sa fleur par une mort précipitée. Un silence éternel a éteint cette voix éloquente , dont les charmes puissants portaient dans tous les cœurs l'amour de la justice et l'impression lumineuse de la vérité. Quelle grâce dans les expressions, quel ordre dans les choses! Quelle dignité dans l'extérieur, quelle sûreté clans le fond de la décision ! Le succès de ses premières années avait déjà consommé sa réputation. Mais tout devait être rapide en lui, et, par une

1 M. Chauvelin , avocat général.

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