‹ Œuvres de d'AguesseauChapitre 3 sur 29 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

« 22 juin 1714.

» Je suis fort content, mon cher fils, de votre exactitude à m'envoyer vos ouvrages des deux dernières semaines. Il y a du bon clans les uns et dans les autres, mais je voudrais qu'il y en eût davantage. Je ne trouve point votre latinité aussi forte qu'elle le devrait être après avoir autant lu, autant appris par mémoire, autant traduit, autant imité des bons auteurs que vous l'avea fait. Je vous marquerai avec soin quand nous serons à Fresnes mes observations sur votre latin; le détail en serait trop long pour une lettre. Je souhaiterais fort aussi que votre imagination se donnât un

peu plus de liberté, et que, sans suivre servilement les expressions de l'auteur que vous imitez, elle osât se faire des routes nouvelles, en conservant l'esprit de l'original. Il faut espérer que l'exercice achèvera de fortifier votre style et d'échauffer votre imagination : c'est tout ce que je puis avoir le temps de vous dire aujourd'hui. »

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