ÉLOGE DE LA TREMOUILLE
J^E duc de La Tremoaille avait pour bisaïeule maternelle la célèbre marquise de La Fayette , qui s'est rendue immortelle par les deux romans de la princesse de Cîkves et de Zaade ' , et qui fut l'un des omemens de ce beau siècle de Louis XIY , si fécond en grands hommes dans tous les genres. Le petit-fils de cette femme illustre hérita de son esprit et de ses gdU^es. Les preuves qu'il en donna dès sa jeunesse , les agrémens qu'il portait dans la société , l'élégance noble avec laquelle il parlait sa langue , l'étude éclairée qu'il avait faite de nos meilleurs écrivains , le goût avec lequel il sentait et appréciait leurs beautés, enfin le désir qu'il témoigna de venir cultiver et perfectionner dans le sanctuaire des muses ses talens naturels , lui ouvrirent de trèsbonne heure l'Académie; mais elle eut la douleur de perdre au bout de trois ans ce jeune académicien , qui dans ce court espace de temps avait su gagner les cœurs de ses confrères, et qui emporta dans le tombeau leur estime et leurs regrets. Cependant, quoiqu'enlevé au conmiencement de sa course, il n'est point d'âme sensible et vertueuse qui ne doive envier une mort telle que la sienne. Il périt victime de la tendresse conjugale. Madame la dacbesse de La Tremouille fut attaquée de la petite-vérole ,
' Charles - Armand - René de La Tremouille , duc de llioaars , pair de France, premier gentilhomme de la chambre du roi , né à Paris, le i4 janvier 1708; reçu le 6 mars 1738, à la place de Victor-Marie d'Eslrées , pair , maréchal et Tice-amiral de France ,* mort le 33 mai 1741*
* Voyez Tarticle de Segrais.