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prudence de vouloir les appuyer par des exemples , qu'il me se }>onia pas à prendre dans les ouTrages des morts, mais qu'il alla chercher dans les poètes vîvans lès plus redoutables. JI eét oouv peu de risque , s'il se fût contente d'apprécier à sa maniare les poésies de J. B. Rousseau, dont les mânes ne pooYaiaiit se venger. « En lisant , dit-il , oe poëte qui versifie si bien , mais » qui pense et quj sent si peu , je n'ai point de r^^t que ee ¥ soient là des vers ; c^ que serait-ce si ce n'en était paa ? aa V lieu qu'en lisant La Motte , qai pense beaucoup et versifie 9 mal y j'ai regret que ce soient là des vers , parce que l'anteiir M écrivant en prose aurait non-seulement mieux écrit, mais p encore plus pensé. *• Il eût fait sagement d'en rester la ; mais il lui échapqi^ de dire , dans le troisième volume de ses JSssaù, qu'il ne pouvait lira de suite et sans dégoût la Heariade , le scvl poème épique que la France puisse opposer à ceux dont les nations se glorifient. Il osa même appliquer à c^ immorl vrage le vers de Despréaux sur la PuccUe de Chapelain : Et je ne tais pourquoi je bâille en U Usant;
espèce de satire doutant plus imprudente, qu'elle était sans malignité comme sans justice. A 1^ Vérité, il rejetait la faute de son dégoût, non sur l'auteur de ce poème , mais uniquemeut sur la poésie , et principalement sur la versification française , qui , ayant le malheur, disait-il , d'être monotone par sa nature , et par conséquent ennuyeuse , n'avait pu même cacher ce défont dans un ouvrage oii elle^ était d'ailleurs aussi parfaite qu'elle pouvait l'être. Cette explication ne put servir de passe-port à l'aveu naïf que l'abbé Trublet avait osé faire de Vennui qu'il éprouvait en lisant le Virgile français} et la distinction , on métaphysique , on réelle , qu'il croyait avoir si prudemment articulée entre la poésie et le poème de la Henriade, ne satisfît pas l'auteur sensible de cet immortel ouvrage. Il se vengea par une pièce de vers , malheureusement charmante, intitulée le Pauvrr Diable, et où Pauteur des Essais fut cruellement caractérisé par ce trait plus gai que juste, mais que tout le monde a retenu :
D compilait, compilait, compilait.
Soit timidité, soit modération , soit politique ,. l'abbé TruUel ne repoussa pas avec aigreur, comnoie ont fait tant d'écrivaias qui ne s'en sont pas mieui^ trouvés, le coup que venait de lui porter une main si redoutable ; il se contenta de dire modestement, mais avec une sorte de courage , que sUl avait eu tort da çujet de ^ Henriade , il avait le nouveau tort d^ persister* JNéaamoins il prit en même temps ses précautions pour que cette petite récidive ne lui fût pas aiissi nuisible que sa première faule«