ÉLOGE DE FLEURIAU
JLjes Ulens qui appelèrent le comte de Monrîlle à rAcadémie avaient commence de bonne heure k se montrer. Dès l'âge de vingt ans il se distingua dans la place d'avocat du roi au châtelet , cil il ne parut jeune que par la grâce avec laquelle il s'énonçait, et par son ardeur pour s'instruire. Il fut ensuite procureur-général an grand conseil , et devint l'âme de sa compagnie , par son intelligence dans les affaires, par ses lumières et par sa droiture. Transporté de là sur un plus grand théâtre, il fut nommé ambassadeur en Hollande , et fit, dans cette honorable fonction , un heureux usage de cet art de la persuasion et de la parole qu'il 4ivait déjà employé si dignement à Tadministration de la justice» La nation avec laquelle il avait k traiter conservait encore pour la mémoire de Louis XIY, après plus d'un demt-«iècle, une haine que les malheurs et la mort de ce roi n^avaienl pas éteinte. Toujours irritée des anciens succès de la France , quoique effacés depois par les plus affreux revers, elle mettait dans ses négociations avec cette redoatable monarchie , toute la défiance répurblicaine. Le comte de Morville sut néanmoins gagner l'estime et la confiance de cette nation jalouse et prévenue. Les services
déploya
^tre successivement revêtu de deux mibistères importa ns , celui de la marine et celui des affaires étrangères. Ce fut aussi dans ce même temps que l'Académie , joignant son suffrage à celui du monarque, l'adopta parmi ses membres. Il y montra tout ce qu'on attendait de lui. Chargé plusieurs fois des fonctions de directenr , il s'en- acquitta à la «atisfaction de l'Académie et du public. 8a modestie néanmoins Ini inspira , dans une de ces cir* constances , une^^ance de lui-même , fondée sur an motif bien estimable. Chargé de recevoir un académicien auquel il s'intéressait ', il craignit que son éloquence , qui l'avait si bien servi dans des occasions beancoup plus importantes, ne répondit pas dans celle-ci à ce que son amitié voulait dire , et n'exprimât que faiblement ce que son cœur sentait ; il n'osa composer lui-mâme
* Charles- JeftQ-Baptiste Fleuriao , comte de Morville , reea le a3 jam 1793, ^ la place de Loab de Goarcifion de Daageaa , abh^ ait Ïonuiae-Daniel ; mort le 3 fënîer 1753.
* Le pri^îdent Uenaiilt ; c*e«t de loi que nons tenons ce qn*on ra lire.