‹ Œuvres de d'Alembert (volume 3)Chapitre 26 sur 61 · YIII. DIVISION DE LA MORALE · texte numérisé non relu

YIII. DIVISION DE LA MORALE

MORALE DE l'hOMME.

Quoique le genre humain ne compose proprement qu'une grande famille , i.'e'anraoiris la trop grande étendue de cette famille l'a obligé de se séparer en différentes sociétés qui ont pris le nom d'Etats, et dont les membres se rapprochent par des liens particuliers , indépendamment de ceux qui les unissent au système général. La morale a donc quatre objets : ce que les hommes se doivent comme membres de la société générale ; ce que les sociétés particulières doivent à leurs membres ; ce fju'elles se doivent les unes aux autres ; enfin ce que les membres de chaque société particulière se doivent mutuellement , et à FEtat dont ils sont membres. Les premiers devoirs renferment la loi naturelle ou générale, qui n'est bornée ni par les temps ni par les lieux , et qu'on peut nommer la inorale de Vliomme ; îes devoirs de la seconde espèce peuvent être appelés la morale des législateurs ; ceux de la troisième la morale des États ; enfin les devoirs du quatrième genre , la morale du citojen. Ainsi on trouve dans cette division le droit naturel ou commun; le droit politique , qu'il ne faut pas confondre avec la politique à laquelle il est souvent contraire ; le droit des gens et le droit positif. A ces quatre branches de la morale on peut en ajouter une cinquième, la morale du philosophe : elle n'a pour objet que nousïiiémes , et la manière dont nous devons penser pour rendre notre condition la meilleure ou la moins triste qu'il est possible. Parcourons successivement ces différentes branches , et voyons les principaux points qui s'y rapportent.

Les lois générales et naturelles sont de deux espèces, écrites ou non écrites. Les lois naturelles écrites sont celles dont l'observation est tellement nécessaire au maintien de la société , qu'on a établi des peines contre ceux qui les violeraient. On appelle crime toute action qui tend à violer les lois naturelles écrites. De cette seule notion se déduisent , comme nous le verrons plus bas, les principes par lesquels on peut juger de la nature et du degré d'énorniité de chaque crime.

Les lois naturelles non écrites sont celles à l'infraction desquelles on n'a point attaché de peines , p^rce que cette infraction ne porte pas un trouble aussi marqué dans la société que l'infraction des lois naturelles écrites. Mais si l'observation de celles-ci est nécessaire pour rendre la société durable, l'observation de celles-là ne l'est pas moins pour rendre la société douce et florissante : leur transgression est même un poison lent qui

doit insensiblement la miner et la dissoudre. Pourquoi nean^ moins les législateurs semblent-ils avoir remis à la volonté des peuples l'observation de ces lois? Pourquoi n'est-il point d'action contre l'avarice , la dureté envers les malheureux, l'ingratitude et la perfidie ? Celui qui laisse périr de misère un citoyen qu'il peut secourir , n'est-il pas à peu près aussi coupable envers la société que s'il faisait périr ce malheureux par une mort lente? Pourquoi donc les lois l'ont-elles épargné ? C'est que le bien de cet avare étant supposé acquis par des moyens que les lois ne réprouvent pas , elles ne peuvent le lui arracher pour le donner à d'autres ; et que si la loi qui nous oblige de soulager nos semblables est une des premières dans l'état de nature , elle est subordonnée, dans l'ordre de la société, à la loi qui veut que chacun jouisse tranquillement et en liberté de ce qu'il possède. De même pourquoi la perfidie et l'ingratitude n'ont-elles point de peines afflictives? C'est par une raison à peu près semblable à celle pour laquelle le larcin n'était point puni à Sparte , pour nous apprendre à être sur nos gardes avec les hommes, et à ne pas placer trop légèrement notre confiance et nos bienfaits : c'est aussi pour ne pas trop accorder à la tyrannie des bienfaiteurs , et pour exciter les hommes aux belles actions par le seul plaisir de les faire. Ainsi la morale établit la réalité et la justice des lois non écrites par les raisons même qui ont forcé les législateurs à être indulgens sur la transgression de ces lois. D'ailleurs les législateurs ont pu croire que les hommes ce feraient justice eux-mêmes sur cette transgression, en punissant les coupables , soit par la honte , soit par le mépris , soit par le refus de leur secours ; mais il faut avouer que si les législateurs ont pensé de la sorte, ils ont eu trop bonne opinion du cœur humain.

L'observation des lois naturelles écrites est ce qu'on nomme probité ; la pratique des lois naturelles non écrites est ce qu'on appelle vertu. Cette pratique est proprement l'objet de la morale ; car la sévérité des lois qui produit la crainte est la morale la plus eflicace qu'on puisse opposer aux crimes ; et la vraie morale, celle qui enseigne la vertu , est le supplément des lois.

La vertu sera d'autant plus pure, que l'on sera plus rempli de l'amour universel de l'humanité. Or notre âme n'a qu'une certaine étendue d'affections; ainsi les passions qui remplissent l'âme de quelque obj^et particulier nuisent à la vertu , parce que le degré de sentiment qu'elles emportent et qu'elles consomment est autant de retranché sur celui que l'on doit à tous les membres de la société pris ensemble. L'amour, par exemple, peut produire quelquefois le même efïet que le défaut d'humanité , par la violence avec laquelle il nous concentre dans

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un objet, et nous détache de tous les autres; il n'éteint pas l'amitié dans les âmes vertueuses, mais souvent il l'assoupit; s'il adoucit quelquefois les âmes féroces , il dégrade encore plus sûrement les âmes faibles. L'amour est pourtant de toutes les passions la plus naturelle , la plus excusable et la plus commune.

Les passions peuvent donc être contraires à la vertu par leur seul excès , quand elles auraient d'ailleurs un objet louable; mais elles le peuvent être encore par la nature même de leur objet, et pour lors elles sont appelées vices ^ le vice n'étant autre chose qu'un sentiment habituel qui nous porte à l'infracliou des lois naturelles de la société écrites ou non écrites. C'est pourquoi les passions par leur excès, et les vices par leur nature, sont un des plus grands objets dont la morale puisse s'occuper. Elle travaille à modérer les unes et à déraciner les autres. INous disons à modérer les unes ; car, quoique les sentimens trop isolés et trop concentrés nuisent à l'exercice des vertus sociales , la morale ne prétend pas réduire les affections de l'âme à ces seules vertus. Elle nous apprend seulement que ces sentimens doivent être subordonnés à l'amour de l'humanité. Je préfère , disait un philosophe, ma famille à moi, ma patrie à ma famille , et le genre humain à ma patrie. Telle est la devise de l'homme vertueux.

Si on appelle bien-être tout ce qui est au-delà du besoin absolu , il s'ensuit que sacrifier son bien-être aux besoins d'autrui est le grand principe de toutes les vertus sociales, et le rem*ede à toutes les passions. Mais ce sacrifice est-il dans la nature , et en quoi doit-il consister? Sans doute aucune loi naturelle ni positive ne peut nous obliger à aimer les autres plus que nous ; cet héroïsme , si un sentiment absurde peut être appelé ainsi , ne saurait être dans le cœur humain ; mais l'amour éclairé de notre propre bonheur nous montre comme des biens préférables à tous les autres , la paix avec nous-mêmes , et l'attachement de nos semblables ; et le moyen le plus sûr de nous procurer cette paix et cet attachement , est de disputer aux autres le moins qu'il est possible la jouissance de ces biens de convention si chers à l'avidité des hommes. Ainsi l'amour éclairé de nousmêmes est le principe de tout sacrifice moral.

La disposition qui nous porte à ce sacrifice s'appelle désintéressement. On peut donc regarder le désintéressement comme la première des vertus morales. C'est en effet celle qui contribue le plus à conserver et à fortifier en nous toutes les autres. C'est aussi celle que les malhonnêtes gens connaissent le moins , celle à laquelle ils croient le moins, celle enfin qu'ils craignent ou

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qu'ils haïssent le plus dans ceux à qui ils sont forcés de Raccorder.

Pour fixer quelles sont les lois et les bornes du sacrifice que nous devons aux autres , il faut distinguer deux sortes de nécessaire , r^bsolu et le relatif. L'absolu est réglé par les besoins indispensables de la vie ; le relatif par l'état et les circonstances. Le nécessaire relatif n'est donc pas égal pour tous les hommes; l'absolu même ne l'est pas; la vieillesse a plus de besoins que î'eufance , le mariage que le célibat , la faiblesse que la force , la maladie que la santé.

La morale doit s'appliquer à fixer les bornes du nécessaire absolu et du nécessaire relatif. Il ne s'agit point sur cet article de recourir aux préceptes ni même aux conseils de la religion; il s'agit de ce que la philosophie et les lois rigoureuses de la société nous permettent ou nous ordonnent. Car des élémens de morale doivent être £ahs pour toutes les nations, même pour celles que la lumière de la foi n'a pas éclairées.

Les bornes du nécessaire absolu sont fort étroites; un peu de justice et de bonne foi avec soi-même suffira pour les connaître. A l'égard du nécessaire relatif, la règle la plus sûre pour en juger est l'opinion publique; elle apprécie toujours équitablement les différens besoins de chaque État. Un citoyen aurait donc tort de régler en général son nécessaire relatif sur l'exemple de ses égaux ; parce que dans un mauvais gouvernement un Etat peu^estimable en lui-même peut être le chemin de l'opulence , et par conséquent n'autorise pas à user avec faste des richesses qu'il a procurées. Mais au défaut du gouvernement la nation fait justice, et prononce sur ce qui est permis à chacun ; il ne s'agît que de savoir l'entendre.

Au reste , une loi antérieure à toute considération sur le né-cessaire relatif, c'est que dans les États oii plusieurs citoyens manquent du nécessaire absolu, et ces États sont par malheur le plus grand nombre, tous ceux qui ont plus que ce nécessaire doivent à l'Elat au moins une partie de ce qu'ils possèdent audelà. Or quelle est cette partie qu'ils doivent, et qu'ils ne peuvent retenir sans être coupables envers la société dont ils sont membres? La réponse à cette première question (j) renfermera l'o-

(i) Voici un calcul qui peutservirànous faire entendre. Supposons euFrancc vingt millions (riiabitans , et dix miile millions de richesses; c'est environ cinq cents livics par tête, auxquelles chaque citoyen a également droit, et auxquelles même il aurait un droit absolu et rigoureux, si ces cinq cents livres étaient indispensables pour satisfaire au nécessaire absolu. Mais supposons que le ne'cessaire absolu se borne à trois cents livres, et qc^il y ait dans la bociete' dix millions d'hommes dont le bien ne se monte qu'à dei^x ecnts livres. Voilà donc cent livres qui mauqucoi à chacun de ces citoyen»

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bligation étroite que la morale nous impose. Mais quand on a sati>raif à cette obligation , et qu'on voit encore une partie de ses semblables manquer du nécessaire par l'injustice et la barbarie du plus grand nombre des citoyens, n'est-il pas du devoir de l'homme vertueux de pousser le sacrifice plus loin, de se priver même tout-à-fait de son nécessaire relatif; et l'étendue plus ou moins grande de ce sacrifice n'est-elle pas la véritable mesure de la vertu?

Voilà les questions importantes qu'on doit traiter dans les élémens de la morale de l'homme. Cette science , considérée sous ce point de vue , devient une espèce de tarif, mais un tarif qui doit effrayer toute âme honnête. Il fera voir à l'homme de bien que , s'il lui est permis de désirer les richesses dans la vue d'en faire usage pour diminuer le nombre des malheureux , la crainte des injustices auxquelles l'opulence l'expose doit le consoler quand il est réduit au pur nécessaire.

Le luxe est au nécessaire relatif ce que celui-ci est au nécessaire absolu; les lois morales sur le luxe doivent donc être encore plus rigoureuses que les lois sur le nécessaire relatif. On peut les réduire à ce principe sévère , mais vrai , que le luxe est un crime contre l'humanité, toutes les fois qu'un seul membre de la société souffre et qu'on ne l'ignore pas. Qu'on juge de là combien peu il y a d'occasions et de gouvernemens oii le luxe soit permis, et qu'on tremble de s'y laisser entraîner, si on a

poar le nécessaire absolu, et par conse'quent mille millions de richesses dont une portion de la société' est redevable à l'autre, dans les règles de la plusexacte justice. Or la partie la plus riche de la société possède huit mille millions ; et comme nous supposons que trois cents livres suffisent au nécessaire absolu des dix millions d'hommes qui composent cette partie opulente, il s'ensiîit que cette partie a trois mille millions de nécessaire et cinq mille millions de superflu. Sur ce superflu, elle doit mille millions à l'autre partie; c'est donc un cinquième de ce superflu qu'elle lui doit nécessairement. Donc, dans la supposition présente, tout citoyen riche de plus de trois cents livres, doit en rigueur à ses compatriotes le cinquième du restant. L'exemple que nous donnons ici n'est (ju'une ébauche léiière du calcul moral que tout homme de bien doit avoir devant les yeux ; nous y avons supposé que les citoyens les plus pauvres aient au moins deux cents livres de revenu , et cette supposition peut être trop forte si une grande partie languit dans la misère; nous avons supposé, d'un autre côté, que trois cents livres sont le nécessaire absolu de chaque particulier, et cette supposition peut être trop peu favorable dans plusieurs cas, eu égard au sexe, à la constitution du corps, h l'éducation qu'on a reçue, et qui augmente nos besoins même malgré nous. Mais, encore une fois, nous ne prétendons ici que donner un exemple du calcul que chaque citoyen est obligé de faire sur des données plus exactes, et nous ajoutons que ce calcul est un des principaux i^oints qu'on doit traiter en morale. Une des conséquences qu'on doit en tirer , et qui paraît mériter beaucoup d'attention , c'est que les charges publiques ne doivent être imposées que sui le nécessaire relatif des citoyens.

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quelffue reste d'huraanité et de justice. Nous ne parlons fci que des maux civils du luxe, de ceux qu'il peut produire dans la société ; que sera-ce si on y joint les maux purement personnels, les vices qu'il produit ou qu'il nourrit dans ceux qui s'y livren?, en énervant leur âme, leur esprit et leur corps? Aussi plus l'amour de la patrie, le zèle pour sa défense, l'esprit de grandeur et de liberté sont en honneur dans une nation , plus le luxe y est proscrit ou méprisé ; il est le fléau des républiques , et l'instrument du despotisme des tyrans.

Une autre question qui tient à celles du nécessaire absolu et relatif, est la question de l'usure, si agitée par les pliilosophes et les écrivains moraux. Il ne serait pas surprenant que sur ce point , ainsi que sur beaucoup d'autres , les préceptes de la religion allassent plus loin que ceux de la société; mais, pour bien connaître ce que la religion ajoute à la morale en cette matière, il est du devoir du philosophe d'examiner les règles que la raison et l'équité purement naturelle nous prescrivent. En quoi consiste l'usure proprement dite ? Si ce qui est usure dans un cas peut ne pas l'être dans un autre , eu égard aux circonstances et aux personnes ? Si l'aliénation du fonds est nécessaire pour pouvoir exiger l'intérêt de l'argent? Enfin, si l'intérêt composé, c'est-à-dire l'intérêt de l'intérêt, est en luimême plus contraire à la morale que l'intérêt simple? On pourrait faire voir à cette occasion , et c'est une observation que nous croyons nouvelle et importante, que , si l'intérêt composé est plus onéreux au débiteur que l'intérêt simple , lorsque le débiteur s'acquitte au-delà du temps par rapport auquel l'intérêt est fixé, l'intérêt composé est au contraire favorable au débiteur lorsqu'il s'acquitte avant ce même temps ; vérité de calcul qu'un auteur de morale peut mettre aisément à la portée de tout le monde (i).

(i) Pour rrndre sensible h tons nos lecteurs -cette observation, supposons qu'un parliciîlici- pré e à un autre une somme d'argent h 3 povu- i d'intérêt par an, celte usure exoibitante ne peut sans doute jamais être permise eu morale; mais l'exemple est choisi pour rendre le calcul plus facile. 11 est clair qu'au conuruncement de la première année, c'est-à-dire dans l'instant du prêt, le débiteur devra simplement la somme prêtée i ; qu'au commencement de la deuxième année, il devra la somme 4 v et que cette somme ^ devant porter son intérêt h 3 pour i , il sera dû au commencement de la troisième année la sonm.e ^ plus 12, ou i6; en sorte que les sommes i, 4» iG dues au commencement de chaque année, c'est-à-diic h des intervalles égaux, fornuTont une proj oit^on dans la(iuelle le troisième nombre contient le second, comme celui-ci contient le piemier. Or, par la même raison, si on cherche la somme due au milieu de la piemière année, on trouvera que celle sommi' est 2, parce que la somme due au nidieu de la première année doit former aussi une proporuoa semblable avec les eommes i et 4 dues au com-

Les lois naturelles écrites ou non écrites ont principalement pour but de conserver ou d'améliorer l'existence physique des citoyens ; mais outre cette existence, il en est encore une autre qn'oii peut iippeifr existence morale, et qui ne doit pas leur être moins chère : elle est fondte sur l'estime et la confiance de leurs semblables, sentiment précieux sans lequel aucune société ne peutsubr.i^ler.

Les ciloyrns ont trois espèces d'existence morale. La première , qui consicîe dans la réputation de probité , ne saurait être trop njénagée dans ceux qui la méritent, et trop ouvertement attaquée dans ceux qui en sont indignes. La seconde , qui consiste dans la réputation de vertu , est moins rigoureusement nécessaire, et par conséquent , lorsqu'elle est usurpée , elle peut être attaquée a\'fic plus de liberté; mais elle ne le saurait être avec trop de circonspection et de justice. Enfin , la troisième est la réputation de talent et de mérite , qui , moms nécessaire encore , peut aussi souffrir àes, attaques plus vives quand elle n'est pas méritée. Ces attaques sont l'objet de la critique ; ainsi la critique est nonseulement permise , elle est encore utile et nécessaire , pourvu qu'on ne la confonde pas avec la satire, dont le but est plutôt de nuire que d'éclairer. Mais c'est peut-être une des questions les plus délicates de la morale , que de marquer avec équité la différence précise de la satire et de la critique ; d'un côté la vanité offensée voit la satire où elle n'est pas, de l'autre la malignité voudrait trop en reculer les bornes.

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