EXTRAIT DES REGISTRES
de la vénérable compagnie des pasteurs et professeurs de l'Église et de l'académie de genèye, du io février 1758.
Ijâ compagnie informée que le septième tome de /'Encyclopédie renferme, au mot Genewe , des choses qui intéressent essentiellement notre Église , s'est fait lire cet article^ et ajant nommé des conmiissaires pour V examiner plus particulièrement , oui leur rapport, après mûre délibération, elle a cru se^ devoir à elle-même et à V édification publique, défaire et de publier la déclaration suivante.
La compagnie a été également surprise et affligée de voir dans ledit article de V Encyclopédie , que non-seulement notre culte est représenté d'une manière défectueuse % mais queron
' Ce qu'on dit du culte dans l'article Genèi^e se réduit à ce peu de mots : Lo culte est fort simple ; point d'images , point de luminaire , point d'^or-
nemens dans les églises Le service divin renferme deux choses; les pre'-
ilications et le chant. Les prédications se bornent presque uniquement à la morale, et n'en valent que mieux. Le chant est d'assez mauvais goiit , ci
^26 DÉCLARATiON
y donne une très-fausse iclëe de notre doctrine et de notre foi. On attribue «î plusieurs de nous sur divers articles des sentimens qu'ils n^ont point, et on en défigure d'autres. On avance, contre toute vérité, o^ue plusieurs ne croient plus la dwmUe
de Jésus-Christ et n'ont d'autre religion qu'un socinia-
nisme parfait , rejetant tout ce quon appelle mystère , e|c. Enfin, comme pour nous faire honneur d'un esprit tout philosophique, on s'efforce d'exténuer notre christianisme par des expressions qui ne vont pas à moins qu'à le rendre tout-a-iâit suspect -• comme quand on dit que parmi nous la religion est presque réduite à l'adoration d'un seul Dieu , du moins chez presque tout ce qui n'est pas peuple, et que le respect pour Ô^S^S-^ Christ et pour V Écriture, est peut-être la seule chose qui dis tingiie d'un pur déisme le christianisme de Genève.
De pareilles imputations sont d'autant plus dangereuses et plus capables de nous faire tort dans toute la chrétienté, qu elles se trouvent dans un livre fort répandu , qui d'ailleurs parle tavorablement de notre ville , de ses mœurs , de son gouvernement, et même de son clergé et de sa constitution ecclésiastique. U est triste pour nous que le point le plus important soit celui sui lequel on se montre le plus mal informé.
Pour rendre plus de justice à l'intégrité de notre foi , il ne fallait que faire attention aux témoignages publics et authentiques que cette Église en a toujours donnés, et qu'elle en donne encore chaque jour \ Rien de plus connu que notre grand principe et notre profession constante de tenir la doctrine des saints prophètes et apôtres, contenue dans les livres de V Ancien et du Nouveau Testament, pour une doctrine divmement inspirée, seule règle infaillible et parfaite de notre foi et de nos mœurs, (.etle profession est expressément confirmée par ceux que l'on admet au saint ministère; et même par tous les membres de notre troupeau , quand ils rendent raison de leur foi, comme cale
les vers français qu'on chante, phis viain^ais encore. Si on en croit les étrangers qui ont cte à Genève , et le. Genevois mcrne , ceUe -P-'^-^;; ^'^^ fort exacte: elle n'a rien d'ailleurs qui puisse blesser les mn.,slrcs^dc Gencve. L'abolition des images est un des points de leur doctrine. Quand ils se ho neraient à la morale dans leurs sermons, ils ne seraient pouU blâmables en cela, les matières de dogme étant plus faites pour les livres que pom la chaii-e. EnUn il n> a pas d'apparence qu'ils vemilent donner leur musiqu pour bonne, non plus que les vieux psaumes de Marot et de Be.e. ( Fojre.-
'"'•ïWqi^dimc dans l'opinion de la plupart des prot..taus , et notamment des Églisis de-Suisse et de Hollande, l'Eghsc de ^oneve passe-t^^^^^^^^^^^^ .ocinienne , ou du moins pour favorable an socimanisme? &i '^î' "'•";^;^^; ^f Genève n'oui pa5 donne lieu h cette opinion , û faut avouer qu ,!s sont tort a i'iaindre