ENVOI AU ROJ DE PRUSSE
OiBB y tot^tf & les passions rendent injuste , même le zële pour la justice quand il est inexorable. La clémence, cette mère des vertus , quand elle n'est pas innée dans un monarque, doit toujours être au moins une politique dont il faut qu'il se serve pour gagner rafFection des peuples
A force de vouloir tout découvrir et tout punir , on convertit les simples soupçons en preuve , et l'on se met en danger de punir l'innocent. Aussi votre majesté se contente-t-elle de ce qui est évident et ne va jamais au-delà. Le désir de déterrer les crimes et de donner des preuves de sévérité , forme des préjugés et ne convient point à un prince équitable et bumain qui ne se porte au châtiment qu'à regret, et qui souhaiterait de n'y être jamais forcé : c'est pour cette raison qu'on ne vous voit point nfFecter d'employer toute votre autorité , oii celle des lois suffit.