‹ Œuvres de Dante Alighieri: La divine comédieChapitre 42 sur 69 · LE PABADIS. CHANT IT. 4G · texte numérisé non relu

LE PABADIS. CHANT IT. 4G

yerse devant tes yeux, et tel que par toî-mêipc tu n'en pourrais sortir; auparavant tu te sentirais &tigué.

» Je t'ai mis pour certain daqs l'esprit qu'une âme heureuse ne pourrait mentir^ parce qu'elle est toujours auprès de la première vérité.

D Ensuite va as pu entendre de Piccarda que Constance garda son Section pour le voile ^ de sorte qu'en ceci elle paraît me contredire.

V Bien souvent» frère, il advient que, pour fuir le péril, on fait contre son gré ce qu'il ne faut pas faire ;

D Comme Âlcméon, qui, prié de cela par son père, tua sa propre mère, et, pour ne pas perdre la piélé, se fit impie ^.

Y> Je veux que tu penses à ce point : que si la force et la volonté s'accordent, il en résulte que les fautes ne peuvent plus s'excuser.

» La volonté absolue ne consent pas au mal, mais elle y consent en tant qu'elle craint, si elle se retire, de tomber dans une plus grande peine.

» Donc, lorsque Piccarda s'exprime comme elle l'a fait, elle entend parler de la volonté absolue , et moi j'entends parler de l'autre; de sorte que nous disons vrai toutes deux. i>

Tel fut l'écoulement du saint ruisseau sortant de la fontaine d'où toute vérité dérive : ainsi elle mit la paix dans l'un et l'autre de mes désirs.

« 0 amante du premier amant* ! ô Dame divine ! m'écriaije ensuite, dont le parler m'inonde et m'échauffe tellement, que de plus en plus il m'avive,

» Mon afTection n'est pas si profonde, qu'elle me suffise pour vous rendre grâce pour grâce ; mais que celui qui voit et peut réponde pour moi.

» Je vois bien que noire entendement ne se rassasie ja-

* UUasqae parente parentem

Nati» erit facto pias et sceleratns eodem.

(OviOE, Métam.) ' Béaliice, amante de Oieu.

mais, sll n'est éclairé par la vérité ^ hors de laquelle ne brille aucune vérité ;

)) Aussitôt qu'il l'a pu atteindre , il se repose en elle comme la bête sauvage dans sa tanière; et il faut qu'il Tat* teigne, sinon chacun de nos désirs serait vain.

)> C'est par ce désir que le doute naît au pied de la vérité comme un rejeton; et c'est dans sa nature de nous pousser jusqu'au sommet de colline en colline.

» Ceci m'invite, ceci m'encourage, ô Dame! à vous demander avec respect le mot d'une autre vérité qui m'est obscure.

D Je veux savoir si l'homme peut satisfaire à des vœux rompus par d'autres bonnes actions qui ne soient pas petites dans votre balance, y»

Béatrice me regarda avec des yeux remplis d*étincdles d'amour, avec des yeux si divins, que, sentant ma force vaincue, je me déloumai,

Et restai comme anéanti, avec les yeux baissés.

CHANT V

Boalricc, voulant n'soudrc le doute exposé par Dante au chant précédent sur h nature et l'essence du vœu, lui iudiquc de quelle manière on peut salisrairc aux \0Rux qui ont été rompus. — Ils montent ensuite au second ciel dans la plaooie de Mercure. — Un nombre infini d'Ames bienheureuses viennent vers le poëtC} et une d'elles lui propose de répondre à toutes ses questions.

«Si, dans ce centre du brûlant amour, je t'apparais rayonnante au delà de ce qui se voit sur terre, au point que je surmonte la force de tes yeux,

» Ne t'étonne pas , car ceci provient d'une vue parfaite qui, comme elle saisit vite les objets, les examine aussi rapidement une fois qu'elle les a bien saisis.

n Je vois clairement comme resplendit déjà dans ton in-

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