‹ Œuvres de Dante Alighieri: La divine comédieChapitre 67 sur 69 · LE PARADIS. CHANT XXXII · texte numérisé non relu

LE PARADIS. CHANT XXXII

daiit^ à mesure que dans la rose je vais te les nommant de feuille en feuille.

)) Et du septième degré en bas, comme du haut à ce septième degré, se succèdent les Juives en partageant toutes les feuilles de la fleur;

» Parce que, selon le regard que la foi flxa sur le Christ, ces femmes sont le mur par lequel sont séparés les échelons sacrés.

» De ce côté où la fleur est fournie de toutes ses feuilles, sont assis ceux qui crurent dans le Christ à venir ;

» De l'autre côté oîi les demi-cercles sont interrompus par des vides, se tiennent ceux qui tournèrent les yeux vers le Christ venu sur terre.

» Et comme de cette part le glorieux siège delà Dame du ciel, et les autres sièges inférieurs, forment une si grande séparation,

» Ainsi, à Toppositc, celui du grand Jean, qui, toujours saint, souffrit la solitude, le martyre et l'enfer durant deux ans';

» Et, au-dessous de lui , sont aussi , formant à dessein ime séparation, François, Benoît, Augustin et les autres, descendant jusqu'ici de cercle en cercle.

» Or, admire la haute providence divine, car l'un et l'autre expert de la foi rempliront également ce jai'din.

» Et sache que, de ce degré qui tranche par le milieu les deux divisions jusqu'au degré le plus bas, nul ne siège pour son propre mérite,

» Mais pour le mérite d 'autrui sous de certaines conditions : car tous ceux-ci sont des esprits détachés de l'enveloppe terrestre, avant qu'ils pussent choisir la vraie foi.

» Tu peux bien t'en apercevoir à leur visage, et aussi à leurs voix enfantines, si tu les regardes bien et si tu les écoutes.

» A cette heure tu doutes, et doutant tu gardes le silence; mais je te dégagerai des liens dans lesquels t'étreignent tes subtiles pensées.

' Daii5 les Limbes où il allciMlit deux itiis la \cuyic ilii ('.liri>t.

)) Dans cet immense royaume un cas fortuit ne peut avoir place, et non plus la tristesse, ou la soif, ou la faim;

» Car, d'après une loi éternelle, s*est établi tout ce que tu vois, si bien que tout convient à sa place comme la bague au doigt;

» Donc cet essaim, venu hâli^vement à la vie véritable, n'est pas sine causa plus ou moins haut placé.

» Le Roi par lequel ce royaume se maintient dans un si grand amour et une si grande félicité, que nul désir n'ose aller plus loin,

» En créant tous les esprits sous son regard joyeux, les dota diversement de la grâce, selon son plaisir; et que TefFet produit te suffise.

» Ceci vous est expressément et clairement prouvé dans l'Écriture sainte, par les jumeaux qui, au ventre de leur mère, tressaillirent de colère *.

» Or, c'est d'après la couleur des cheveux que la trèshaute lumière doit accorder la couronne de la grâce.

» Donc, sans égard pour leurs œuvres, ils ont été placés sur des degrés différents; et leur seule différence est dans ri II fusion de la grâce première.

» Dans les premiers siècles, il suffisait, pour le salut, d'avoir avec Tinnocence la foi des parents.

» Quand furent accomplis les premiei*s âges, les enfants mâles eurent besoin de la circoncision pour rendre la forte à leurs ailes innocentes;

» Mais, le temps de la grâce venu, tous ces innocents, s'ils n'avaient le baptême parfait du Christ, étaient retenus dans les limbes.

)) Maintenant regarde dans la face qui ressemble le plus à celle du Christ; seule, par sa clarté, elle peut te disposer à voir le Christ. »

Je vis sur elle pleuvoir tant d'allégresse portée par les esprits saints, créés pour voler vers cette sul)limité,

' Ksaii, qf i olail roux, ri Jacob, qui était hnm.

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