‹ Œuvres de Danton, recueillies et annotéesChapitre 2 sur 40 · CONVENTION NATIONALE · texte numérisé non relu

CONVENTION NATIONALE

septembre Danton fut nommé par les électeurs de ris, représentant à la Convention nationale. 11 n'hésita s fonctions de ministre de la justice pour mire possession de celles de mandataire du peuple. Le urs qu'il prononça à cette occasion dans la première Séance de la nouvelle Assemblée, le 21 septembre, est une remarquable déclaration de ses principes révolutionnaires. Il repousse toute idée de dictature, déclare l'inviolabilité des propriétés et semble considérer la terreur comme le corollaire de la justice.

pour leur annoncer les massacres qui avaient eu lieu dans la capitale

r à les reproduire, avait été expédiée des bureaux et sous

le contre-seing du ministre de la justice, et l'on a cru tenir dans ce

fait la preuve certaine de sa complicité. M. Bongeart a entre les mains

pièce; il l'a textuellement reproduite, et il a prouvé que non-

ent il n'y était aucunement question de Danton, mais que ni

.tre-seingni sa priiïe n'y étaient apposés. M. Bougeart <•:

nature de Danton ne se trouve pas au bas de cette pièce, Marat s'y trouve : « Croyez bien, ajuute-t-il, que Dantun l pas homme à demi-mi ag n'existe ;

•■, «m peut donc afiinner qu'il n'y a pas adhéré. ien que -i Marat <ùt eu la puissance de faire adhérer Danton à la libre circulation d une brocha mpromettante à l'aide

•■••n ministériel, il eûl en celle aussi <l" le lui faire

Danton lui avait refuv'- la i . Marat n'ail-

le le lin reprocher dans la mile, comme une rolntionnaire ; que si Ifaral avait pins tard pour donner are qu'on loi reprochai! tant, oui connaît le

le >e^ paroles tant il i

<>r, il n'aurait pas manqu I n

de parler do cette du ministre, il an aurait I

Séance du 22 septembre. — Une députa lion: du peuple d'Orléans vient annoncer à la Convention qu'elle a suspendu ses ofliciers municipaux dévoués à la cour : ceux-ci résistent ; en conséquence, les délégués demandent à l'Assemblée un décret qui confirme la résolution de la ville. Danton monte à la tribune : — « Vous venez d'entendre les réclamations de toute une commune contre ses oppresseurs. Il ne s'agit point de traiter cette affaire par des renvois à des comités ; il faut par une décision prompte épargner le sang du peuple, UJaut faire justice au peuple pour qu'il ne se la fasse pas lui-même. Vous ne devez pas hésiter à frapper du glaive des lois des magistrats qui, dans une

vingt fois, comme il lui arrive pour des circonstances moins graves. Or, je défie qu'on nous cite la dénonciation du fait dans un seul de ses numéros. Ajoutez qu il n'avait pas intérêt plus tard à rien dissimuler de cette affaire, puisqu'il s'offre, si l'on veut, à en prendre seul la responsabilité; il ne pouvait pas avoir de faiblesse pour Danton, puisque bientôt nous allons voir Danton rejeter dédaigneusement toute solidarité avec l'individu Marat. » Reste cette parole, prêtée à Danton, par laquelle il aurait complimenté les gardes nationaux parisiens (et non les massacreurs!) à leur retour d'Orléans: « Celui qui vous remercie, ce n'est pas le Ministre de la justice, e'est le Ministre de la Révolution. » La plupart des historiens modernes affirment le fait, mais les contemporains n'en parlent pas ; cette approbation n'est mentionnée ni par Mme Roland, ni par Peltier, ni par Prudhomme dans l'Histoire impartiale des crimes de la Révolution, ni par les deux amis de la liberté, si acharnés contre Danton. On peut donc croire que le mot a été inventé après coup. « D'ailleurs, observe M. Bougeart, ces paroles ont-elles la portée qu'on leur prête? Pour qui sait comprendre, c'était répondre : Bonne ou mauvaise, votre œuvre est achevée, c'est à la justice à reprendre son cours. » — Il faut rappeler enfin ses démarches couronnées de succès pour sauver Adrien Duport, ancien membre de l'assemblée constituante, et qui sont, comme l'observe M. Bougeart, « la protestation la plus formelle contre la fameuse adresse du comité de surveillance aux départements. »

crise telle que celle dont il s'agit, ne savent pas faire à la tranquillité publique le sacrifice de leurs intérêts particuliers. Dans de pareilles circonstances l'homme bien intentionné cède à la volonté fortement prononcée de tout un peuple, et on ne le voit pas, pour le plaisir de conserver une place, chercher à opposer les citoyens aux citoyens, et jeter dans une cité des germes de guerre civile. Je demande qu'a l'instant, trois membres de la Convention soient charaller a Orléans pour vérifier les faits ; et s'il est constaté que les municipaux d'Orléans ont fait ce qu'a voulu faire à Paris, dans (ajournée du 20 juin, un département contre-révolutionnaire, il faut que leur tête tombe sous le glaive des lois. Que la loi soit terrible, et tout rentrera dans Tordre. Prouvez que vous voulez le règne «les lois, mais prouvez aussi que TOUS voulez le salut du peuple, et surtout épargnes le sang des Français1 . (On applaudit.) »

Dans la même séance, à propos des réformes à introduire dans l'ordre judiciaire, Danton demande que le peuple puisse choisir les juges parmi tous les citoyens, la Conven-

4. Le lendemain, des député! extraordinaires du conseil général du Loiret justifient les autorités constituées des mesures qu'elles ont

n répond <le U place : « Je demande l'impn long plaidoyer pour le drap : on examii

m. • — • L'impression était, en effet, i seul châtiment que méri il les mettre

au ban de || ; •■nblieaine. > M. Bougeorl ajoute : . I.

«ure que Danton ■ micipaox d'Orléans est ter-

Qja'OB l'OUblifl | as que, 0ans le moment même qu'il I, OH répand. ut a profusion la fameuse rirruliiall le peuple iie> p|o\i;

imiter sif de -i grandi

maliien onrrst Inflexible. Il m Dalla

, ni en on n

pu m

tion lui donne raison et déclare que les juges pourront être indistinctement choisis parmi tous les citoyens.

Séance du 23 septembre. — Il appuie la destitution du général Montesquiou, accusé de complicité avec Lafayette : « Il faut nous montrer terribles; c'est du caractère qu'il faut pour soutenir la liberté. (On applaudit.) »

Séance du 24 septembre. — La Convention n'avait pas encore prononcé sur la démission de Danton; un membre prétend , en conséquence , qu'en vertu de la loi des incompatibilités, il n'a pas le droit de voter dans l'Assemblée : — « L'opinion du préopinant me force à réclamer un des plus beaux titres dont puisse jouir un citoyen, celui de mandataire du peuple à la Convention nationale. » Il soutient que s'il est toujours ministre de la justice jusqu'à ce qu'il ait un successeur, il a aussi le droit de voter à la Convention. m

Séancedu 25 septembre. — Lasource attaque la députalion de Paris : il dénonce l'existence d'un parti « qui veut dépopulariser la Convention, qui veut la dominer et la perdre, qui veut régner sous un autre nom, en réunissant tout le pouvoir national entre les mains de quelques individus », et il fait allusion à un triumvirat qui serait composé de Marat, Robespierre et Danton *. — Danton répond à ces accusations, demandant qu'on prononce la peine de mort

1. Marat disculpa en ces termes Danton, ainsi que Robespierre d'aspirer à la tyrannie : « Je dois à la justice de déclarer que mes collègues, nommément Robespierre, Danton, ainsi que tous les autres, ont constamment improuvé l'idée, soit d'un tribunat, soit d'une dictature. Si quelqu'un est coupable d'avoir jeté dans le public ces idées, c'est moi. J'appelle sur ma tôte la vengeance de la nation ; mais avant de faire tomber l'opprobre ou le glaive, daignez m'entendre. *

contre quiconque se déclarerait en faveur de la dictature et du triumvirat, et aussi contre quiconque voudrait détruire l'unité en France.

a du 27 septembre. — Gambon propose une réduction sur le traitement des prêtres. — Danton : « Par motion d'ordre, je demande que, pour ne pas vous jeter dans une discussion immense, vous distinguiez le clergé en général des prêtres qui n'ont pas voulu être citoyens : Occupez-vous à réduire le traitement de ces traîtres qui s'engraissèrent des sueurs du peuple, et renvoyez la grande question à un autre moment. »

rr du 28 septembre. — Bancal avait demandé, à prola Savoie, qu'il fût décrété qu'elle ne serait point un ^parlement de la République, mais qu'il lui serait libre de se donner un gouvernement particulier. Lasource propose de renvoyer la question à l'examen du comité diplomatique. — « J'appuie la proposition du renvoi au comité, dit Danton, avec d'autant plus de raison que le principe qu'on vient d'énoncer paraîtra peut-être susceptible strictions, fin même temps que nous devons donner aux peuples voisins la liberté, vous devez leur dire : vous n'aurez plus de roi; car tant qne vous serez entourés de tyrans, leur coalition pourra mettre votre liberté en r, Bn nous députant ici, la nation française a créé on grand comité d'insurrection générale des peuples; remplissons notre mission, mûrissons nos principes et ne préci- 3 nos décisions. »

mbre, — Uo député avait demandé que

Roland, ministre de l'intérieur, et Serran, ministre de la

guerre, fussent invités, au nom de la patrie, à continuer

au moins 1 1 oenl leurs fonctions. Philippeaux émet

l'invitation au ministre de la justice,

Danton : « Je déclare, dit Danton, que je me refuse à cette invitation, parce que je crois qu'elle n'est pas de la dignité de la Convention ; parce que s'il était une manière de retenir Roland au ministère, c'était de prononcer sur l'invalibilité de son élection, parce que je déclare que la santé de Servan s'oppose à ce qu'il défère à l'invitation. »

Séance du 4 octobre. — Une lettre de Custine annonçait la prise de Spire sur les Autrichiens. L'Assemblée éclate en applaudissements enthousiastes. Danton demande qu'il soit déclaré que la patrie n'est plus en danger. Quelques murmures s'élèvent. Il continue : « Je prévois toutes les objections qu'on pourra me faire ; mais je déclare d'avance qu'elles sont indignes des Français républicains. Lorsque vous avez déclaré la patrie en danger, vous connaissiez le principe de ce danger; c'était la royauté que vous avez abolie. Certes, il n'est aujourd'hui aucun de nous qui ne soit convaincu que, loin d'avoir à craindre pour notre liberté, nous pouvons la porter chez tous les peuples qui nous entourent. Lille, il est vrai, est assiégé, mais il y a plus de 9,000 hommes effectifs qui le défendent ; et si cette garnison n'avait pas été commandée par un chef plus que suspect et que le pouvoir exécutif vient de destituer, déjà cette ville aurait, par des sorties vigoureuses, fait repentir l'ennemi de son audace. Je vois d'un autre côté non-seulement les Prussiens repoussés et tombant, soit sous le fer de la liberté, soit sous le poids des maladies, mais le général Custine prenant Spire, et, par une combinaison savante, pouvant se réunir au général Biron pour porter la guerre dans tout l'empire. Quel est donc actuellement le danger de la patrie?» Cette proposition n'est pas appuyée.

Le 10 octobre, Danton avait été nommé président de la société des Jacobins, dont il suivait assidûment les séances, c'est en cette qualité que le 14 octobre il félicita Dumouriei qui, était vetiu à Paris: — « Lorsque Lafavette, lorsque

ce vil eunuque delà révolution prit la fuite, vous servîtes déjà bien la république en ne désespérant pas de son salut ;

vous ralliâtes nos frères : vous avez depuis conservé avec habileté cette station qui a ruiné l'ennemi, et vous ave/, bien mérité de votre patrie. Tue plus belle carrière encore vous est ouverte : que la pique du peuple brise le sceptre, des rois, et que les couronnes tombent devant ce bonnet dont la société vous a honoré ; revenez ensuite vivre nous, et votre nom Bgurera dans les plus belles pages de noire histoire (A pplaudisscmcnts) K »

Séance du H) octobre* — Cambon, ministre des finances, établit le compte général des dépenses laites par les minis- \ant BOfl entrée BU fonctions, et il demande que les minières soient tenus de rendre compte même des dépenses s. Danton observe que ceci a été fait par le conseil itjf. i Bu mon particulier, ajoute-t-il, je déclare que j'ai été autant l'adjudant du ministre de la guerre que ministre de la justice. S'il a paru étonnant que le ministre de la justice ait employ livres en dépenses secrètes et

i n dépenses extraordinaires, qu'on

ins fut marquée par un Inddenl

n ri.- I, ai; | MJ ,lrs Obati 0> la S

— • l'i, populaire demande la rédaction i]>-* traitements de

certains fonctionnaires publia el l'augmentatiofl dei bonoraii quelques autres. — Ce mot : J<' demande la question préalable renvoi . je taie que dans le comité de constitution m trouvent Danton,

ci Condorcct; l'adresse dont il s'agit sera aussi bien dans trots amis que >i on la mettait à la dispositi d do

tout entier. rve qu'il !■" doute pas que la

ferme no comité suai institution : ee te sneillie

Dtion. — i. de plus

liliaire dont rieu ; Danton , Il i clai-

iii «lr luniit'Ti'." •

se rappelle que la patrie était en péril, que nous étions responsables de la liberté. Nous avons rendu nos comptes. J'ai rendu le mien particulièrement, je crois n'avoir mérité aucun reproche dans ma conduite politique. »

Séance du 11 octobre. — Danton est nommé membre du comité de constitution.

v Séance du 16 octobre. — Il fait rejeter la proposition faite par Manuel, de soumettre à la sanction du peuple l'établissement de la République : « Songez que la République est déjà sanctionnée par le peuple, par l'armée, par le génie de la liberté qui réprouve tous les rois. {Il s'élève des applaudissements unanimes dans V Assemblée et dans les tribunes.) Si donc il n'est pas permis de mettre en doute que la France veut être et sera éternellement une République, ne nous occupons plus que de faire une constitution qui soit la conséquence de ce principe ; et quand vous l'aurez décrétée, quand par la solennité de vos discussions vous aurez pour ainsi dire décrété l'opinion publique, vous aurez une acceptation rapide, et la concordance de toutes les parties de votre gouvernement en garantira la stabilité. (On applaudit.) Attachons-nous à ce principe que les lois, telles qu'elles soient, doivent être exécutées par provision, comme lois absolues, sous peine d'une anarchie perpétuelle et de la dissolution de la République. C'est d'après ces vérités, les seules conservatrices de l'union avec laquelle nous devons être invincibles, que je demande la question préalable sur la proposition. »

Séance du M octobre. — Brissot avait proposé que la Convention approuvât les ordres donnés par le conseil exécutif pour faire évacuer la ville de Genève par les troupes de Berne et de Zurich, en respectant néanmoins la neutralité et l'indépendance du territoire de Genève. Danton de-

mande que ces expressions, « en respectant néanmoins la neutralité et l'indépendance du territoire de Genève, » soient modifiées de manière que nous ne nous interdisions pas la faculté d'occuper Genève, si cette occupation devient

ument indispensable pour notre sûreté. « Certes, dit-il, quoique Genève soit une république en miniature, je resautant son indépendance et ses droits que ceux du peuple le plus puissant; mais elle a rompu elle-même les traités qui garantissaient sa neutralité, et il a été reconnu dans le conseil exécutif qu'il pouvait y avoir des circons-

- où nous ne pourrions nous dispenser d'occuper son territoire. »

Séance du 18 octobre. — On revient sur la comptabilité penses s- land présente scs comptes dans le

plus minutieux détail. Rebecqui demande que tous les ministres rendent compte comme Roland. Monge, ministre de la marine, déclare qu'il n'a fait aucune dépense extraordinaire b. Danton rappelle qu'il a déjà dit à l'Assem- ;ii'il n'avait rien fait que par ordre du conseil pendant son ministère, et Le conseil a pensé que, d'après lu décret d<- l'Assemblée législative, il n'était comptable qu'en masse : « D'ailleurs, il est telle dépense qu'on ne peut énoncer ici ; tel émissaire qu'il serait impolitique et injuste de •nnaltre; il est telle mission révolutionnaire que la approuve, et qui occasionne de grands sacrifiées d'argent. (On a Lorsque l'ennemi s'empara de Verdun, lorsque la consternation se répandait même parmi pins eourageui citoyens, l'Assemblée itive nous dit : n'épargnes rien, prodigues l'argent,

s'il le faut pour ranimer la conli;iuce et donner l'impulsion

irdinair s; el i sur la plupart d

le que nous n de quittances bien

ipilation :

vous avez voulu que les ministres agissent tous ensemble , nous l'avons fait et voilà notre compte. (Murmures.) On a dû attacher une confiance morale à ceux qui ont été choisis pour faire la révolution ; et il serait bien pénible, bien flétrissant pour des ministres patriotes, de les forcer à remettre toutes les pièces qui constatent ces opérations extraordinaires. Il est vrai que Roland n'a point assisté au compte que les ministres se sont rendus mutuellement, mais il pouvait y assister. J'observerai, en linissant, que si le conseil eût dépensé dix millions de plus, il ne serait pas sorti un seul ennemi de la terre qu'ils avaient envahie. »

Cambon reconnaît que pour les dépenses secrètes, il ne peut pas demander un compte public; mais Roland devait assister au conseil pour en recevoir compte avec ses autres collègues. La nation l'a nommé son agent pour surveiller l'emploi de ces fonds, et lui garantir qu'on ne s'en est servi que pour le bien et le salut de l'État. — Roland dit qu'il est très-éloigné de blâmer les dépenses secrètes faites par ses collègues pour opérer le salut de la chose publique, mais il a dû déclarer qu'il ignorait comment ces dépenses avaient été faites. Il ne le pouvait savoir, il est vrai, puisqu'il n'a point assisté au conseil où ces comptes ont été rendus; mais il n'en a point trouvé les traces sur le registre du conseil. — Danton : « J'observe que le compte des dépenses secrètes ne se porte point sur le registre du conseil. » Sur la proposition de Lasource, la Convention décrète que le pouvoir exécutif justifiera, dans les 24 heures, de la délibération qu'il a dû prendre à l'effet d'arrêter le compte des sommes mises à sa disposition pour dépenses secrètes.

Séance du 20 octobre. — Lindou demande que le pouvoir exécutif soit tenu de déclarer, en exécution du décret prononcé dans une séance précédente, si chaque ministre a rendu le compte de l'emploi des sommes destinées aux dépenses extraordinaires ou secrètes. — Danton : « J'appuie

Où

cette proposition, et je rendrai compte, s'il le faut de toute

ma vie. »

ce du 19 octobre. — Danton présente, au nom de la commission nommée ad hoc, le projet d'adresse pour inviter les volontaires des bataillons formés en 1701, à renoncer à la faculté qui leur a été accordée par la loi de leur formation, de quitter leurs drapeaux au I«* décembre prochain. Sur la demande de Barère, la priorité est donnée au projet qui a été rédigé par le citoyen Lefort, et ce projet mis aux voix est décrété.

lu 23 octobre. — Danton avait été nommé secrétaire avec Gensonné, Uarbaroux et Kersaint. Il insiste à cette occasion sur le besoin que l'Assemblée a de greffiers: «Les secrétaires ne perdent pas par cette fonction le caractère de tants du peuple. Ils sont obligés d'écouter la dis-

-îoii et d'émettre leur opinion. Il faut nommer des greffiers révocables a volonté, chargés de rédiger, sous l'inspection .ires, les procès-verbaux de l'Assemblée. » L'Assemblée n'ayant pas adopté cette proposition, Danton donne sa démission de secrétaire : « Car, dit-il, comme député, je dois prendre part aux délibérations, et, comme

mbre du comité de constitution, je veux élaborer mes

liuzot demande que la Convention décrète que les émigrés .-•ut banni- mité, et que, s'ils remettent le pied en

soient punis de mort. Danton appuie celte moi : »Je n'ai qu'un mol a y ajouter. Sans doute quand la libi i péril, elle a soit* du Baog de la tyrannie; mais

quand elle porte la guerre chez les tyrans, elle doit froidement délibéri turei fait une loi Froide tint la loi que Bnfol vous propos if i«'s êmi-

:it bannis de la France, Kh bien!

ment qu'ils se sont im

qu'ils aient été faibles ou lâches, ils ne doivent plus revoir la patrie. Que leur dit la patrie? Malheureux ! vous m'avez abandonnée au moment du danger, je vous repousse de mon sein. Ne revenez plus sur mon territoire, je deviendrais un gouffre pour vous. [On applaudit.) »

Séance du 26 octobre. — Une députation du conseil général de la Commune de Paris est introduite à la barre. Son discours est interrompu par des murmures. « On n'interrompt pas même un criminel, s'écrie Danton, et ici on a l'audace... » Les tribunes applaudissent. On demande de tous côtés que Danton soit rappelé à l'ordre. « Danton, dit le président, je vous rappelle à l'ordre pour vous être servi d'une expression très-déplacée. » Guadet demande que le pouvoir exécutif soit tenu de déclarer, en exécution du décret prononcé dans une séance précédente, si chaque ministre a rendu compte de l'emploi des sommes destinées aux dépenses extraordinaires et secrètes. — Danton : « J'appuie cette proposition, et je rendrai compte, s'il le faut, de toute ma vie. Mais je vois qu'on poursuit avec acharnement ces bons citoyens... » L'Assemblée murmure, les tribunes applaudissent. Danton monte à la tribune. L'Assemblée passe à l'ordre du jour.

Séance du 29 octobre. — Il s'oppose à l'envoi du rapport de Roland aux départements et défend Robespierre.

Séance du 30 octobre. — Discussion sur la liberté de la presse. Lepelletier demande la liberté indéfinie de la presse et rappelle les efforts patriotiques, grâce auxquels la liberté de la presse est sortie pure et entière des travaux de l'Assemblée constituante : — « Malouet, qui était du parti de l'aristocratie. d'André, qui était le modéré du parti prétendu patriote, Desmeuniers, Chapelier, qui parlaient sans cesse des mauvais placards, nous harcelaient sans cesse; mais

eurs bons esprits ont alors formé une coalition, un Ipacie civique pour conservera PÉtal la liberté de la presse, itèrent à ces différents assauts. J'ai pour témoins, Il j'interpelle ici tous les bons citoyens qui ont conspiré trame et participé à cette œuvre vraiment civique; j'interpelle Buzot qui était alors un des plus ardents seurs de la liberté indéfinie de la presse, Pétion... >Ye, Lepeaux, Dubois-Crancé et plusieurs autres res tous ensemble: VA moi! // s'élève de nombreux mdissements.) Danton s'écrie : « La liberté de la presse [ou la mort! » ;Les applaudissements continuent dans une de l'Assemblée et dans les tribunes.)

Séance du G novembre. — Il appuie la demande d'imm du rapport de Valazé sur les crimes de Louis X Vi : /. à justifier a l'univers et à la postérité le jugement que vous devez porter contre un roi parjure et tyran, une pareille matière, il ne faut pas épargner les frais d'impression ; toute opinion qui paraîtra mûrie, quand elle tiendrait qu'une bonne idée, doit être publiée. Certes la dissertation du rapporteur sur l'inviolabilité n'est pas complète. Il y aura beaucoup d'idées à y ajouter. Il sera de prouver que les peuples aussi sont inviolables, qu'il n'y a pas de contrat sans réciprocité, et que, si le ciulu violer, trahir, perdre la nation fran- 1 est dans la justice éternelle qu'il soit condamné. applaudit,

e du 9 novembre. — Il appuie le décret d'accusaiiiandé par Ducos, contre Lacoste, ex -ministre : «Un

dit, dans une ciivnii-

i-atiou contre De-

lin [ue bien précieuse, il i dit qu'il

M pour mettre un uiintsaccusation. Lacoste n'est plus en pi vous

avez un grand procès à juger, et il est heureux pour vou d'avoir à confronter au roi un de ses anciens ministres. Qui signifie cette distinction faite par Lacoste, entre un contre' révolutionnaire et un homme qui n'aime pas la révolution Dans la langue de la liberté, tout fonctionnaire public qu n'aime pas la révolution, est un traître. {On applaudit. Certes, je m'étonne que des membres qui crient sans cessi contre les ministres révolutionnaires, qu'ils accusent de ni pas rendre leurs comptes, semblent incliner à l'indulgenci pour un ex-ministre évidemment prévaricateur. Lacost» n'a jamais été désigné par les vrais patriotes pour être mi nistre; il est resté au ministère jusqu'au 10 août; il n'ei est sorti que pour avoir une ambassade à Gênes. 11 n'élai donc évidemment point haï de la cour. Je souhaite qu'i soit innocent, mais le salut de l'État exige que vous vou assuriez de sa personne. J'appuie le décret d'accusation. »

Séance du 30 novembre. — Il s'oppose à la suppressioi du salaire des prêtres. « On bouleversera la France, dit-il par l'application trop précipitée de principes philosophique que je chéris, mais pour lesquels le peuple, et surtout celu des campagnes, n'est pas mûr encore. » Il demande qui pour faire cesser les agitations royalistes, « on accélère li jugement du ci-devant roi. »

année e 1793.

Le \cr décembre 1792, Danton, par ordre de l'Assemblée avait été envoyé comme commissaire en Belgique avec La croix, auprès de Lumouriez. Il ne revint à Paris que le 1' janvier 1793. Aussitôt de retour, il frit une part active au: débats du procès du roi f.

1. On trouve sous le nom de Danton, dans la Réimpression di l'ancien Moniteur, à la date du 14 janvier, une série de proposition

Séance du 4G janvier. — IL demande que le jugement soit prononcé à la simple majorité v « On a prétendu que telle était l'importance de cette question, qu'il ne suffisait pas qu'on la vidât dan* la forme ordinaire. Je demande pourquoi, quand c'est par une simple majorité qu'on a prononcé sur le sort de la nation entière, quand on n'a pas même pensé à soulever cette question lorsqu'il s'est agi d'abolir la royauté, on veut prononcer sur le sort d'un individu, d'un conspirateur avec des formes plus sévères et plus solennelles. Xous prononçons comme représentant par provision la souveraineté. Je demande si, quand une loi pénale est portée contre un individu quelconque, vous renvoyez au peuple, ou si vous avez quelques scrupules à lui donner son Exécution immédiate? Je demande si vous n'avez pas voté à la majorité absolue seulement la république, la guerre; et je demande si le sang qui coule au milieu des combats ne coule pas définitivement? Les complices de Louis n'ontils pas subi immédiatement la peine sans aucun recours au peuple' et en vertu de l'arrêt d'un tribunal extraordinaire? Celui qui a été l'arne de ces complots, mérite-t-il une exception? Vous êtes envoyés par le peuple pour juger le tyran, non pas comme juges proprement dits, mais comme vous ne pouvez dénaturer votre caractère; je demande qu'on passe à l'ordre du jour sur la proposition de Lehardy; je me motive et sur les principes, et sur ce

à propos d<; la manier. ■ Qter loi notes sur lo jugement du

•itioinirl Dnnnun, ei non lhuidm, qui est l'auteur ' rrcur commise par M. Léonard (iall

d'autant plu q| nulli-ment conformes

initient, par 1cm

de la peine I imiip-r. DtQtoo, qoJ éull p ■ • mblée <[ne la M) j unrfor,

nominau qui

lieu l rir eoinn. n. »

que vous avez déjà pris deux délibérations à la simple majorité. »

Voici quel fut son vote motivé au troisième appel nominal sur cette question : « Quelle peine Louis, ci-devant roi des français, a-t-il encourue? — Je ne suis point de cette foule d'hommes d'État qui ignorent qu'on ne compose point avec les tyrans, qui ignorent qu'on ne frappe les rois qu'à la tète, qui ignorent qu'on ne doit rien attendre de ceux de l'Europe que par la force de nos armes. Je vote pour la mort du tyran. »

Séance du H janvier. — Le président annonce une lettre des défenseurs du roi qui demandent à être entendus, et une lettre du ministre d'Espagne. Garan-Goulon prend la parole, Danton la prend en même temps que lui et le coupe.

— Louvet. Tu n'es pas encore roi, Danton... (Violents murmures.) Quel est donc ce privilège?... Je demande que le premier qui interrompra soit rappelé à l'ordre. — Danton :

— Je demande que l'insolent qui dit que je ne suis pas encore roi, soit rappelé à l'ordre avec censure... Puisque Garan prétend avoir demandé la parole avant moi, je la lui cède. — Garan croit qu'on ne peut pas refuser d'entendre les défenseurs de Louis. — Danton : -— Je consens à ce que les défenseurs de Louis soient entendus après que le décret aura été prononcé, persuadé qu'ils n'ont rien de nouveau à vous apprendre, et qu'ils ne vous apportent point de pièces capables de faire changer votre détermination. Quant à l'Espagne, je l'avouerai, je suis étonné de l'audace d'une puissance qui ne craint pas de prétendre à exercer son influence sur votre délibération. Si tout le monde était de mon avis, on voterait à l'instant, pour cela seul, la guerre à l'Espagne. Quoi ! on ne reconnaît pas notre République et Ton veut lui dicter des lois? On ne la reconnaît pas, et l'on veut lui imposer des conditions, participer au jugement que ses représentants vont rendre? Cependant qu'on entende,

si on le veut cet ambassadeur, mais que le président lui fasse une réponse digne du peuple dont il sera l'organe et qu'il lui dise que les vainqueurs de Jemmapes ne démentiront pas la gloire qu'ils ont acquise, et qu'ils retrouveront, pour exterminer tous les rois de l'Europe conjurés contre nous, les forces qui déjà les ont fait vaincre. Déliez-vous, citoyens, des machinations qu'on ne va cesser d'employer pour vous faire changer de détermination; on ne négligera aucun moyen ; tantôt, pour obtenir des délais, on prétextera un motif politique; tantôt une négociation importante on à entreprendre ou prête à terminer. Rejetez, rejetez, citoyens, toute proposition honteuse; point de transaction avec la tyrannie; soyez dignes du peuple qui vous a donné sa confiance et qui jugerait ses représentants, si ses représentants l'avaient trahi. »

rice du 18 janvier. — On soulève la question du sursis. Tallien demande qu'on la décide sans désemparer par raison d'humanité. Danton appuie la question préalable sur la proposition de Tallien : « On vous a parlé d'humanité, mais on en a réclamé les droits d'une manière dérisoire... Il ne faut pas dé n sommeillant, les plus chers intérêt! de la

patrie. Je déclare que ce ne sera ni par la lassitude, ni par rrenr qu'on parviendra à entraîner la Convention nationale à statuer, dans la précipitation d'une délibération Irréfléchie, sur une question à laquelle la vie d'un homme

alut public sont également attachés. Vous avez appris le (langer des délibérations soudaines; et certes, pour la

00 qui nous | 01 avez liesoiu d'être préparés

par «les méditations profondément sui\ics. La question qui vous i | une des plus importantes. Do de

vos membres, Thomas l'ayne, a une opinion importante à

ommnniqoer. Peut-ôtr ans Impor-

te lui ce qu'eu Angleterre.... frfei nwrimioe point comment os peut natter

le peuple, en adulant en lui un sentiment qui n'est peutêtre que celui d'une curiosité atroce. Les véritables amis du peuple sont, à mes yeux, ceux qui veulent prendre toutes les mesures nécessaires pour que le sang du peuple ne coule pas, que la source de ses larmes soit tarie, que son opinion soit ramenée aux véritables principes de la morale, de la justice et de la raison. Je demande donc la question préalable sur la proposition de Tallien; et que, si cette proposition était mise aux voix, elle ne pût l'être que par l'appel nominal. »

Séance du 16 janvier. —• Le conseil exécutif avait interdit la représentation de la pièce : Y Ami des lois, et enjoint aux directeurs de théâtres de ne pas représenter des pièces qui pourraient occasionner des troublés. La Convention, sur la proposition de Pélion, casse cet arrêté. Danton demande la parole : « Je l'avouerai, citoyens, je croyais qu'il était d'autres objets qui doivent nous occuper que la comédie. {Quelques voix : Il s'agit de la liberté.) Oui, il s'agit de la liberté. Il s'agit de la tragédie que vous devez donner aux nations, il s'agit de faire tomber sous la hache des lois la tête d'un tyran (on murmure), et non de misérables comédies. Mais puisque vous cassez un arrêt du couseil exécutif, qui défendait de jouer des pièces dangereuses à la tranquillité publique, je soutiens que la conséquence nécessaire de votre décret est que la responsabilité ne puisse peser sur la municipalité. Je demande donc que la municipalité soit déchargée de sa responsabilité *. »

i. La motion de Danton fut repoussée par la question préalable, sur l'observation de Pétion : « Le langage que vient de tenir à cette tribune un ancien magistrat, avait répondu celui-ci, a droit, sans doute, de nous surprendre tous. Vous venez de rendre un décret qu'il ne vous était pas permis de ne pas rendre. Vous avez consacré un principe que vous ne \ ouviez pas méconnaître. Le pouvoir exécutif

— A propos de l'assassinat de Le-

pelletier, Danton touche à diverses questions : il se plaint

de l'attitude prise par Roland et ses amis, il demande que

des mesures de sûreté générale soient prises, que l'on réor-

le ministère, et que la nation tourne toute son éner-

•rs la guerre.

ice du 31 janvier. — Danton demande la réunion de I gique à la France.

Le jour même, 31 janvier, Danton et Lacroix repartirent pour la Belgique, où ils étaient renvoyés parla Convention 4.

nce du 8 mars. —La situation était grave. A leur r, les commissaires en présentèrent un tableau qui l'était rien moins que rassurant, et que Lacroix terminait

a outre-passe' ses limites; il a violé la plus sainte des lois, la liberté. Son arr mçu en termes généraux ; il est attentatoire à la

le la presse. C'est toujours en interdisant ainsi vaguement ecqui pourrait occasionner du trouble, qu'on a, sous l'ancien régime, ÉKbatné toul os de liberté. •

femme, Antuinetle-tîabrielle Charpentier, qu'il laissait ma-

; mourut pendant son mer 1793. Collot-

i funèbre aux Jacobins : « Les Girondins

ont fait p • rir une citoyenne que : jue nous pleurons

-lui le tribut de nos larmes i ttMdignOj

:it, elle dans ><»n lit; elle venait d'enfante* an itoyen,

3 lui <uit porto le coup mortel. Danl ■■eiiee,

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ainsi : « Voilà la position où nous en sommes; il parait, d'£ près les dépêches qne le ministre de la guerre vient de voi lire que la réunion de l'armée de Valence .avec celle de M randa peut être regardée comme un avantage ; elle n'es rien moins que telle, puisque Pavant-garde n'a pu abar donner sa position devant Liège sans abandonner à l'ennen et cette ville et une partie de nos magasins. 1.1 faut dor prendre les mesures les plus promptes et les plus efficac< pour faire lever la nation, pour la faire marcher conti l'armée des despotes. »

Après ce récit de Lacroix, sur la proposition de Dantoi la Convention décrète : « que des commissaires, pris dai son sein, se rendront le soir même dans les 48 sections ( Paris, pour leur faire part de l'état des armées français en Belgique, rappeler à tous les citoyens en état de port les armes, les serments qu'ils ont prêtés et les sommer, i nom de la liberté et de l'égalité, de voler au secours < leurs frères dans la Belgique; — Décrète, en outre, que d commissaires seront envoyés dans les départements pour même objet. »

Séance du 9 mars. — Il réclame la mise en liberté de to' les prisonniers pour dettes. Sa proposition est décrétée p acclamation et à l'unanimité.

Séance du 10 mars. — Les plus mauvaises nouvell arrivent des armées : Liège est occupée par les ennemis, < a dû lever le siège de Maëstricht. Danton prononce un d cours éloquent pour ranimer tous les courages et pour fai taire toutes les querelles de parti en face de la patrie à sa ver. Il demande l'organisation du tribunal révolutionnaii séance tenante.

Dans la même séance, Danton intervient pour Steng qui, né sujet de l'électeur palatin, avait dit ne pas voulc porter les armes contre son pays et avait demandé à êl

employé ailleurs, et qui était dénoncé pour ce fait à la Convention : a Je suis bien éloigné de croire Stengel républicain; je ne crois pas qu'il doive commander nos armées. Mais je pense qu'avant de le décréter d'accusation, il faut qu'il vous soit fait un rapport ou que vous l'entendiez vous-mêmes à la barre. Il faut de la raison et de l'inflexibilité; il faut que l'impunité, portée jusqu'à présent trop loin, cesse; mais il ne faut pas porter de décret d'accusation au hasard. Je demande que le ministre de la guerre soit chargé de faire traduire à la barre Stengel etLanoue ■. » La motion de Danton est adoptée.

ce du 11 mars. — A propos de la démission de Beurnonville, Danton insiste sur la nécessité d'une unité et d'une cohésion plus grandes dans le gouvernement intérieur et rieur de la République.

nce du 26 mars, — Il est nommé membre du comité de salut public.

ce du 27 mars. — Danton demande une fois de plus avec une pressante éloquence, qu'on fasse trêve à toutes les discussions misérables de personnes pour ne songer qu'à sauver la République.

nce du2Smars. — Danton insiste pour faire respecter le droit de défense, dans la personne du lieuteoant-génécal

Lanoue, traduit à la barre de l'Assemblée pour rendre

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