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paiements, il faut bien se garder de les aigrir contre Paris. Quoi! cette cité immense qui se renouvelle tous les jours, porterait atteinte à la représentation nationale! Paris qui a brisé le premier le sceptre de fer, violerait l'Arche sainte qui lui est confiée ! Non ; Paris aime la révolution ; Paris par les sacrifices qu'il a faits à la liberté, mérite les embrassements de tous les Français. Ces sentiments sont les vôtres, eh bien! manifestez-les; faites imprimer la réponse de votre président, en déclarant que Paris n'a jamais cessé de bien mériter de la République. Puisque la municipalité... {Il s'élève de violents murmures dans une grande partie de la salle). Puisque la majorité de Paris a bien mérité... {On applaudit dans toutes les parties de la salle). Et cette majorité, c'est la presque totalité de Paris. {Mêmes applaudissements). Par cette déclaration, la nation saura apprécier la proposition qui a' été faite de transporter le siège de la Convention dans une autre ville. (On applaudit). Tous les départements auront de Paris l'opinion qu'ils doivent en avoir, et qu'ils en ont réellement. Paris, je le répète, sera toujours digne d'être le dépositaire de la représentation générale. Le peuple français, quelles que soient vos opinions, se sauvera lui-même, s'il le faut, puisque tous les jours il remporte des victoires sur les ennemis, malgré nos dissensions. Le masque arraché à ceux qui jouent le patriotisme... (On applaudit successivement dans toutes les parties de la salle) et qui servent de rempart aux aristocrates, la France se lèvera et terrassera ses ennemis. (Applaudissements). »
Séance du 27 mai. — Une députation de la section de la cité vient réclamer contre la commission des douze qui a fait enlever nuitamment son président et son secrétaire. Robespierre demande la parole, elle lui est refusée. Danton. — « Je vous le déclare, tant d'impudence commence à nous peser, nous vous résisterons. » Tous les membres à l'extrême gauche. — « Oui, nous résisterons. » (On applaudit à plu-
sieurs reprises dans les tribunes). On demande dans la parlie droite que la déclaration de Danton soit consignée dans le procès-verbal. Danton.— « Oui, je le demande moi-même.» La déclaration de Danton est consignée dans le procès-verbal. Danton monte à la tribune. — • Je demande la parole. » Plusieurs voix. — « Vous ne serez pas privilégié. » Le président. — « Danton a fait une déclaration; comme elle doit être insérée dans le procès-verbal, il demande à la répéter. » \. — Je déclare à la Convention et à tout le peuple français, que si l'on persiste à retenir dans les fers des citoyens qui ne sont que présumés coupables, dont tout le crime est un excès de patriotisme; si Ton refuse constamment la parole à ceux qui veulent les défendre : je déclare, dis je, que s'il y a ici cent bons citoyens, nous résisterons. (Oui, oui, s'ècrie-t-on à l'extrême gauche). Je déclare en mon propre nom, et je signerai cette déclaration, que le refus de la parole à Ikbespierre est une lâche tyrannie. {Les mêmes voix. — Oui, un despotisme affreux). Je déclare à la France entière que vous avez mis souvent en liberté des gens plus que suspects sur de simples réclamations, et que vous retenez dans les fers des citoyens d'un civisme reconnu, qu'on les tient en charte privée, sans vouloir faire aucun rapport... Tout membre de l'Assemblée a le droit de parler sur et contre la commission des douze. C'est un préalable d'autant plus nécessaire, que cette commission des douze tourne les armes qu'on a mises dans ses mains, contre les meilleurs citoyens; cette commission est d'autant plus fuqu'elle arrache à leurs fonctions des magistrats du peuple. \<)u murmure dans la partie droite). Si vous vous
obstinés à refuser la parole à un représentant du peuple qui irler en faveur d'un patriote jeté dam tel fers, je dé- [ue j'1 proteste contre ratic despotisme, contre votre
tyrannie. Le peuple français jugera. ■ Danton façÇDd de la tribune, au milieu des applaudissements d'une partie de inblée et dcâ tnbui.
Dans la même séance, Danton prend encore la parole pour protester de son amour de la paix et de son zèle pour la conciliation : « J'interpelle le ministre de l'intérieur de dire si je n'ai pas été plusieurs fois chez lui pour l'engager à calmer les troubles, à unir les départements, à faire cesser les préventions qu'on leur avait inspirées contre Paris; j'interpelle le ministre de dire si depuis la révolution je ne l'ai pas invité à apaiser toutes les haines, si je ne lui ai pas dit : je ne veux pas que vous flattiez tel parti plutôt que tel autre, mais que vous prêchiez l'union. Il est des hommes qui ne peuvent se dépouiller d'un ressentiment. Pour moi, la nature m'a fait impétueux, mais exempt de haine. Je l'interpelle de dire s'il n'a pas reconnu que les prétendus amis de l'ordre étaient la cause de toutes les divisions, s'il n'a pas reconnu que les citoyens les plus exagérés sont les plus amis de l'ordre et de la paix. »
Séance du 28 mai. — Le 28, on était revenu sur le décret qui cassait la commission des douze, on voulait le rapporter. « Votre décret d'hier, dit Danton, était un grand acte de justice ; j'aime à croire qu'il sera reproduit avant la levée de la séance. Mais' si la commission conservait le pouvoir que, je le sais de bonne part, elle voulait exercer sur les membres mêmes de cette Assemblée... {Plusieurs voix. — Oui, oui. D'autres. —Gela est faux). Je dis que si le fil de la conjuration n'était pas rompu, si les magistrats du peuple n'étaient pas rendus à leurs fonctions, et entourés du respect qui doit les accompagner, si les bons citoyens ont encore à craindre les arrestations arbitraires, après avoir prouvé que nous passons nos ennemis en prudence, nous leurs prouverions que nous les passons en audace et en vigueur révoluionnaire. »
Dana la même séance une députation se présente, l'orateur dans son discours prétend qu'on a laissé trop longtemps en*
tre les main? du peuple les instruments révolutionnaires, qu'il sert les projets des ambitieux. Isnard admet les pétitionnaires aux honneurs de la séance; d'autres demandent l'impression du discours. • Personne ne respecte plus que moi le droit de pétition, dit Danton ; j'ai applaudi à l'opinion principale contenue dans celle que vous venez d'entendre. Nous sentons tous la nécessité d'une Constitution, et sous ce rapport je partage les vreux des pétitionnaires. Mais ordonnera z-vous l'impression d'une adresse où l'on dit qu'il faut arracher au peuple les instruments de la révolution. Si j'entends bien ce que signifient ces mois, cela veut dire la faculté de se réunir pour délibérer sur les affaires publiques. Or, les pétitionnaires nous ont demandé ce qu'il nous est impossible de faire; car le peuple français est au-dessus de nous. Il est digne de se servir de ces instruments de révolution, il est prêt à les tourner contre ses ennemis. Le peuple français, avec ces mêmes instruments, fera, quand il le voudra, ren-
1 un seul jour dans le néant les hommes assez stupides pour croire qu'il y a une distinction entre le peuple et les citoyens. 1! serait ridicule de livrer, par un décret, à l'im-
on une pétition par laquelle quelques honnêtes gens de section viennent censurer ici la minorité. Songez que si Ton
te d'avoir contre nous la majorité, vous avez dans la République, et Paris en est un exemple, une majorité immense. (Oui, oui, s'écrie une partie de V Assemblée). I! est
que le peuple ne se borne plus à la guerre défensive, et qu'il attaque tous les faut intime; il est
temps que nous marchioii ut dans la carrière ; il est
que nous raffermissions les <: dé la France; il
aaler notre courag empe que nous
l complots de tous ceux qui voudront détruire la République. Nous avons montré de l'énergie DU JOUI -: aux
brillantes i [ne se joindront celles «le
rans voul intir. Paris
sera toujours la terreur "des amis de la liberté, et ses sections, dans les grands jours, lorsque le peuple s'y réunira en masse, feront toujours disparaître ces misérables Feuillants, ces lâches modérés dont le triomphe est d'un moment. [Applaudissements dans une partie de l'Assemblée et dans les tribunes), »
Séance du 31 mai. — Danton revient sur la nécessité de supprimer la commission des douze. « Vous avez créé une commission impolitique... — (Plusieurs voix : — Nous ne savons pas cela.) Vous ne le savez pas, il faut donc vous l'apprendre. Oui, votre commission a mérité l'indignation populaire. Rappelez-vous mon discours à ce sujet, ce discours trop modéré. Elle a jeté dans les fers des magistrats du peuple, par cela seul qu'ils avaient combattu, dans des feuilles, cet esprit de modérantisme que la France veut tuer pour sauver la République. Je ne prétends pas inculper ni disculper la commission, il faudra la juger sur un rapport et sur leur défense. Vous l'avez créée, non pas pour elle, mais pour vous. Si elle est coupable, vous en ferez un exemple terrible qui effrayera tous ceux qui ne respectent pas le peuple, même dans son exagération révolutionnaire. Le canon a tonné, mais si Paris n'a voulu donner qu'un grand signal pour vous apporter ses représentations, {Les citoyens des tribunes applaudissent avec une partie de V Assemblée) si Paris, par une convocation trop solennelle, trop retentissante, n'a voulu qu'avertir tous les citoyens de vous demander une justice éclatante, Paris a encore bien mérité de la patrie. Je dis donc que si vous êtes législateurs politiques, loin de blâmer cette explosion, vous la tournerez au profit de la chose publique, d'abord en réformant vos erreurs, en cassant votre commission. (On murmure.) Ce n'est qu'à ceux qui ont reçu quelques talents politiques que je m'adresse, et non à ces hommes stupides qui ne savent faire parler que leurs passions. Je leur dis : consi-
dérez la grandeur de votre but, c'est de sauver le peuple - ennemis, des aristocrates, de le sauver de sa propre colère... (Quelques voix: — Quel peuple?) Quel peuple, dites-vous? ce peuple est immense, ce peuple est la sentinelle avancée de la République. Tous les départements haïssent fortement la tyrannie. {Un grand nombre de vois : Oui, oui.) Tous les départements exècrent ce lâche modéranlisme qui ramène la tyrannie. Tous les départements en un jour de gloire pour Paris avoueront ce grand mouvement qui exterminera tous les ennemis de la liberté. Tous les départements applaudiront à votre sagesse, quand vous aurez fait disparaître une commission impolitique. Je serai le premier à rendre une justice éclatante à ces hommes courageux qui ont fait retentir les airs... [Les tribunes applaudissent.)
« Je vous engage, vous, représentants du peuple, à vous montrer impassibles; faites tourner au profit de la patrie
le que de mauvais citoyens seuls pourraient présenter comme funeste. Et si quelques hommes, vraiment dangereux, n'importe à quel parti ils appartiennent^ voulaient prolonger un mouvement devenu inutile, quand vous aurez fait justice, Paris lui-môme les fera rentrer dans le néant; je demande froidement la suppression pure et simple de la commission sous le rapport politique seul, sans rien préjuger, ni pour, ni contre; ensuite vous entendrez le commandant général, vous prendrez connaissance de ce qui est relatif a ce grand mouvement, et vous finirez par vous conduire en hommes qui ne s'effraient pas des
^allcs. — Nous savons bien que ce n'est qu'un simulacre. nrent sans savoir pourquoi.) Vous
sentez que md que ce ne soit qu'un simulacre,
quand il S'agit de la liberté de quelques magistrats, le peuple fe: | i liberté une insurrection entière. Applath \ents dis tribunes.) .le demande que pour mettre fin
à tant de d 'icux, que pour marcher a la COnstilU-
tion qui doit comprimer toutes les passions, vous mettiez aux voix, par l'appel nominal, la révocation de la commission. »
Séance du2 juin.— 1\ s'élève contre donné l'ordre à la force armée d'empêcher les députés de sortir : « Afin que le mouvement qui paraît se préparer ne tourne pas au profit de l'aristocratie, je demande que l'Assemblée charge son comité de salut public de remonter à la source de cet ordre, et vous pouvez compter sur son zèle à vous présenter les moyens de venger vigoureusement la majesté nationale outragée en ce moment. »
Séance du 6 juin. — Il appuie la motion faite par Barère, d'envoyer aux départements dont les députés étaient détenus un nombre égal d'otages pris dans le sein de la Convention.
Séance du S juin. —Il demande le renvoi au comité de salut public du décret contre les étrangers : « Nous sommes, je crois, assez généralement d'accord que les principales mesures proposées peuvent êtres mieux conçues, mieux rédigées, mieux accommodées aux circonstances, et même qu'elles peuvent être différées sans inconvénient. Par exemple, tout le monde sent la nécessité d'une loi sur les étrangers; mais on sent aussi qu'il faut une loi développée, et que ce qu'on vous propose n'est qu'un principe déjà établi par vous, mais qui serait d'une exécution dangereuse, si on ne le modifiait par aucune exception. Il faut bannir les étrangers qui nous troublent par leurs intrigues, mais il ne faut pas imprudemment appauvrir la population et le commerce. Il est tel étranger qui établi et domicilié en France, est plus patriote que beaucoup de Français. Je dis donc que ce décret dont le principe est bon, doit encore être mûri dans un comité, »
— Gi —
icc du 10 juin. — Fonfréde proteste contre l'accusation que Bordeaux aurait envoyé d< a Londres pour
traiter avec le roi d'Angleterre. Danton confirme ses paroles : « Fonfrêde n'a pas fait complètement l'éloge des citoyens de Bordeaux; s'ils n'ont pas formé le projet de traiter avec la ville de Londres, jamais aussi ils n'ont conçu le projet de marcher contre Paris, ni contre la Convention; il peut y avoir des intrigues à Cordeaux, mais les Bordelais sont et seront toujours de dignes Français, et le plan de constitution qu'on vient de lire sera une pièce d'opposition contre y qui auraient pu les égarer. [On applaudit). »
teedu \3juin. — Sur le mode d'exprimer les suffrages dans les élections : « Nous sommes tous d'accord sur un princi] ré par la déclaration des droits. Ce principe
veut que chacun puisse émettre librement son opinion, et ce principe doit surtout être reconnu lorsque le peuple exerce sa souveraineté. Vous ne pouvez donc pas empocher un citoyen qui ne sait pas signer, de voter à haute voix. Je ne demande pas que vous obli. sonne à voter de telle
ou telle manière: je demande que chacun ait la liberté de
i sun choix; j1 ■ ulementque la lumière et la
publicité sont les aliments naturels de la liberté. Je demande
rire, et que le pauvre puisse
. — Danton demande que la Convention approuve l'insurrection du 31 mai.
. — il demande que la constitution
; le français ne peut jamais faii
qne deux
bataillons i
ner dans leur département; il propose en conséquence de décréter que les bataillons qui quitteront leur poste seront, déclarés traîtres à la patrie et traités comme tels. — « Il est impossible, dit Danton, de rendre un pareil décret. Ce ne sont point les bataillons qui sont coupables, ce sont quelques scélérats qui sèment la division dans les armées... Mais il ne faut point calomnier les bataillons, comme il ne faut point dire non plus que les départements sont en révolte; mais bien que les administrateurs sont d'adroits coquins qui veulent envahir la puissance nationale. N'en douiez pas, le vœu national s'est manifesté, la conduite de Buzot est jugée. Citoyens, vous avez créé une constitution populaire et elle sera rivée par le peuple et la France entière se ralliera autour d'elle. Or, si dans un moment où la France n'a point encore de gouvernement, l'étranger n'a pu entamer le territoire de la République, quel sera donc le peuple français lorsqu'il défendra cette constitution qui devient son ouvrage... Je demande l'ajournement de toutes les propositions relatives aux bataillons, j usqu'à ce que nous ayons reçu des renseignements plus certains. Je demande aussi qu'en envoyante Paris deux députés pour apporter le procès verbal de son vote pour la constitution, chaque Assemblée primaire envoie deux hommes armés qui, réunis à Paris, pourront former une armée centrale de réserve pour rétablir la paix intérieure, et se porter aux points des frontières où la République serait le plus immineœment menacée. (On applaudit.) » La proposition est renvoyée en comité de salut public.
Séance du 19 juillet. — Il demande la destitution des évoques qui s'opposent au mariage des prêtres : « Les évoques qui s'opposent au mariage des prêtres sont d'autant plus coupables, qu'ils sont salariés par la nation. La sagesse ne doit pas être pusillanime. Nous avons conservé les traitements des évêques, qu'ils imitent leurs fondateurs; ils
rendront à César ce qui appartient à César. Eh bien, la nation est plus que tous les Césars. Je demande donc la destitution de tout évêque qui s'opposerait au mariage des prêtres; je demande même une année de fers, si cette opposition a une source d'incivisme. »
Séance du 22 juillet. — Il demande que des mesures rigoureuses soient prises contre les assassins de Beaucaire, et contre les ofliciers municipaux qui ont laissé égorger les patriotes. La destitution et la dégradation civique ne lui paraissent pas des peines suffisantes : « Attendez que le peuple vous ait remis sa foudre dans la fédération du 10 août : alors vous frapperez des coups plus forts sur les administrateurs qui n'en sont pas moins coupables quoiqu'ils se soient rétractés. Vous les rendrez inhabiles à venir empoisonner la législature. (On applaudit.) »
Il demande que le ministre de la guerre et le comité de salut public fassent un rapport à la Convention sur Custine: invention ne peut pas rester dans l'incertitude sur un pareil objet; il faut qu'elle sache ce qu'est Custine. Condé a été obligé de se rendre, faute de vivres; Valenciennes est cernée de toutes parts, et chauffée de très près. L'armée du a besoin d'un général; la nation a des doutes sur Custine, il faut que Custine soit ju
I juillet. — Le comité de législation propose le moilf d'exécution du décret qui ordonne la déportation la Guyane française. « Il ne faut I du poison que nous avons reçu du Nouveau- Monde, dit Danton, en loi envoyant un poison non moins mortel. Je demi 3 rétractai ivs soient jetés
sur lee plages il I la patrie du fanatisme. » Malanné
re qu'on ne peut point rapporter si légèrement un • rendu après la plus mûre délibération, i Padopterais volontiers le projet ducOO >ad Danton, mais on n'a
donné pour le soutenir aucune raison déterminante. D'ailleurs on n'a point encore observé que tous nos ports étaient bloqués, etque nos vaisseaux, qui ne pourraient sans danger se rendre à la Guyane aborderaient facilement Les plages d'Italie. C'est dans cet empire du Saint -Père qu'il faut concentrer ce méphitisme sacerdotal ; il y fera sans doute explosion et se détruira lui-même. On craint le retour furtif de ces fanatiques; mais s'ils osaient rentrer, il faudrait les condésirer comme bannis, sous peine de mort. Ainsi qu'ils aillent grossir la cour du cardinal Maury, et s'ils retouchent le territoire français qu'ils meurent. »
25 juillet. — Il est nommé président de la Convention.
Séance du 26 juillet. Une députation de la société républicaine du 10 août se présente à la barre pour demander que Bouchotte soit maintenu au ministère. Danton répond en sa qualité de président : « Il n'appartient à ceux qui le 10 août ont puissamment concouru à la conquête de la liberté, de la surveiller. Si c'est l'audace qui a créé la République, c'est la défiance qui doit la conserver. La Convention sait que les défenseurs de la liberté sont da*s le sein du peuple. La Convention examinera votre pétition, et vous accorde les honneurs de la séance. »
Séance du 31 juillet. 11 appuie la motion de Cam-
bon de démonétiser d'abord les assignats d'une valeur audessus de cent livres, en conserveront leur valeur aux assignats de cinquante livres.
Séance du 1<* août. — A propos d'un décret, proposé par Cou thon, ayant pour objet de condamner tous les Français qui placeraient des fonds sur la banque de Londres à une amende égale à la somme placée, Danton fait la proposition que le comité de salut public soit érigé en gouvernement
provisoire j usqu'à ce que la constitution puisse être exécutée. Cette proposition ayant soulevé quelques objections, fondées sur l'influence que ce pouvoir pourrait mettre entre les mains de ceux qui l'exerceraient, Danton déclare « comme étant un de ceux qui ont toujours été les plus calomniés, qu'il n'acceptera jamais de fonctions dans ce comité. »
Séance du 2 août. — Une députation de Nantes vient réclamer en faveur du général Beysser destitué; elle termine par le vœu de voir, à l'époque du 10 août, les Français réunis jurer le respect des lois et l'oubli de toutes les haines : ■ Seulement alors, on pourra ne plus désespérer du salut de la patrie. » Danton, en sa qualité de président, relève ces derniers mots : « Sans être coupable, on n'a jamais pu dire qu'on désespérait du salut public. Vous venez réclamer la justice de la Convention en faveur d'un
.1 qu'elle a destitué, d'un de ses membres qu'elle a a accusé. La Convention distinguera toujours l'innocent du coupable. Le premier a tout à espérer de sa justice; le second doit la craindre. »
Dans la même séance se présente à la barre le ministre de l'intérieur, Garât, cité sous l'inculpation d'avoir proposé aux conseils généraux des questions iusidii celle-ci par exemple : « A-t-on confiance aux assignats? » — Danton descend de son fauteuil pour intervenir en laveur
rat : — « La question qu'il proposait sur les assignats pouvait être nuisible, mais il ne faut pas ériger en conspiration ce qui n'est qu'une erreur. Garât a bien servi la
publique, lorsque la romiin a douze ourdis-
Le ministre adelaphilosophie, il aime la
ution, il n l nature cette fermetéde carac-
dans une grand our lutter contre
. An moment où l'on frappait de grands coups, il delà faiblesse; il a É point de don
lui ai dit de n I de prendre
— ri
pour règles de sa conduite, ses opinions philosophiques Lorsque vous avez frappé du décret d'arrestation les trentedeux membres conspirateurs, il devait disséminer des écrits où cette mesure fût justifiée en montrant la vérité au peuple; il devait employer tous les moyens pour éclairer la nation sur cette grande affaire; mais le ministre ne doit point être confondu avec les commis; il y en a qui ont concouru avec Roland à pestiférer l'opinion publique, il aurait dû les chasser de ses bureaux. Je crois que la Convention, satisfaite des bonnes intentions du ministre, «îoit rapporter le décret d'arrestation rendu contre lui, et renvoyer tout ce qui concerne cette affaire au comité de salut public. » Le décret d'arrestation est rapporté.
Séance du 12 août. — Danton appuie une pétition des députés des assemblées primaires, demandant que tous les suspects soient mis en état d'arrestation, et il propose que les commissaires des assemblées primaires soient investis du droit de mettre en réquisition 400 mille hommes contre les ennemis du Nord.
Séance du 13 août. — Il fait décréter l'instruction gratuite.
Il s'oppose au payement des employés de l'ancienne liste civile : « H doit paraître étonnant à tout bon républicain que l'on propose de payer les créanciers de la ci-devant liste civile, tandis que le décret qui accorde des indemnités aux femmes et enfants des citoyens qui versent leur sang pour la patrie, reste sans exécution. (On applaudit.) Aucun homme de bonne foi ne peut disconvenir que les créanciers de la liste civile ne fussent les complices du tyran dans le projet qu'il avait formé d'écraser le peuple français... Je demande que la Convention décrète que la nation ne payera aucun créancier du ci-devant roi. Je demande aussi que la liste
des créanciers soit imprimée, afin que le peuple la conse. » La proposition de Danton est adoptée.
ce du 14 août. — A propos du rapport du comité de salut public relatif aux réquisitions qui doivent être faites par les envoyés des assemblées primaires, il demande qu'ils soient autorisés à réunir la rigueur de la loi à la chaleur de l'apostolat de la liberté.
ce du 15 août. — Barère annonce que plusieurs bataillons de l'armée qui combat les rebelles de Vendée ont
de retourner dans leurs foyers, Danton demande la
peine de mort contre tout volontaire qui quitterait son poste.
a H est affreux, qnand vous voua occupez de faire marcher
la France contre vos ennemis, que des hommes qui ont des
arm< s à la main demandent à les déposer, lorsqu'elles sont
invention, au nom du peuple, pour
i elle porte toutes les lois, doit rendre un décret sévère,
attendu les dangers qui menacent la patrie. Je demande que
étiez le principe suivant : • Aucun corps armé et
» soldé par la République ne peut se dissoudre, sans que
remplacement ait été préalablement ordonné. Tout » citoyen qui quittera ses drapeaux, sans avoir obtenu son » remplacement, sera puni de mort. » La proposition de Danton est mise sur-le-champ aui voix et adoptée,
ce du 17 août. — Il demande que, pour lutter entre accaparement, il SOÎt f;iit un recensement
la l! 'publique : « je rappelle
a la Convention une uraixle vérité, c'est que tout gOUVer-
t qui ne er la budi du peuple,
le lui rappelle qu'il l'mt tout mettre
ivre pour satisfaire le peuple sur ce point capital...
H fuit toul pré i lorieua meut cette caoh
d entreprendre une
autre, s'il le faut. Le moyen qu'emploient nos ennemis pour nous en empêcher, c'est de faire écouler dos grains. Eh bien, le seul moyen d'arrêter cet écoulement, c'est de faire un recensement effectif. Tout ce qui peut sauver le peuple est sacré dans ses résultats. Mettez donc la peine afflictive à côté de Tin jonction... 11 faut que tout homme qui sera retentionnaire des grains non déclarés soit puni d'une peine plus forte que la confiscation, il faut qu'il soit puni de dix années de fer. »
Séance du 20 août. — Sur les moyens de réquisition : « N'altérons pas le principe que tout Français doit mourir, s'il le faut, pour la liberté, et qu'il doit être toujours prêt à marcher contre les ennemis extérieurs et intérieurs de sa patrie; mais considérons quepour marcher, il faut des armes et du pain. Or, avez-vous d'armes et de pain pour faire marcher à la fois tous les Français ? Non, sans doute; il faut donc combiner leur marche progressive en raison de la quantité d'armes et de pain que vous avez à fournir. C'est sur ces trois bases que doit reposer le projet du comité, il vous a présenté de grands cadres à remplir; mais vous avez dû voir qu'il entrait dans sa pensée de rendre cette distribution facultative, et de faire renforcer les points menacés, aux dépens de ceux qui ne le seraient pas. Je demande que le comité nous présente un plan pour faire marcher une masse assez forte pour écraser nos ennemis, et que demain, sans plus attendre, on décrète et on agisse ; car il vaut mieux souffrir quelquesmouvements que de laisser paralyser l'énergie nationale. (On applaudit.) »
Séance du 21 août. — Barère monte à la tribune et dit :
« Le comité du salut public a pensé qu'il était nécessaire de faire connaître à la Convention les moyens dont ses ennemis particuliers se servent contre elle; il vient de
•irun imprimé placardé à Lyon pour égarer le peuple contre ses représentants. C'est une lettre attribuée à Danton, mais écrite d'un style si extraordinaire qu'on peut le cornai la caricature qu'où aurait faite d'un tableau. La
j lie et littérale d'une lettre écrite à Dubois-Cran ri'
vt h >e dans un portefeuille qu'il a perdu en
quittant cette cille.
Paris, le 21 juillet 93.
« Mon cher coll
t La fameuse journée du 10 août approche. Il est temps de frapper le . 11 faut enfin que la sainte Montagne triomphe. Je B cité riche et superbe, entre pour beaucoup dans uploie tout' t dont ta dû nr joamettre >n. Il faut abandonner le Mont Blanc, qu'importe; dut-on voir les Savoisiens enchaînée deux à deux : point de consims particulières, point de demi-mesures; il est temps que is; il faut absolument soumettre cette ville superbe ; alor ■ont à nos pieds; si l'on ne peut la forcer par . il faut la réduire en cendr
rient et demandent à qui ils vendront leurs leur qu'ils allent à Constantinople : surtout répand* les ils se retrouveront à la lin.
» Signé Dantox. »
— u Je crois parfaitement superflu de dire que je
h peu plus malin quecetl erits.)
tint drj style »: on, et n'ai
il relativement au*
&S mesures - [tins
rention de faire mention dan
I m ; car il est bon dedétn
tous les citoyens de la République. Au surplus, s'il restait quelques doutes sur cette prétendue lettre, l'Assemblée peut se faire rendre compte par Dubois- Cran ce, si je lui ai jamais écrit. [Plusieurs membres. — C'est inutile, nous vous croyons.) Si j'écris jamais je pourrai avouer ce qui sera sorti de ma plume comme j'avouerai toujours ce que je professe parmi vous. {Applaudissements.) »
Séance du2l août. — Discussion sur le titre du code civil concernant les conventions matrimoniales. L'article 3 du projet défend entre les époux toute donation qui excéderait le dixième des biens de l'un ou de l'autre le comité motivait son opinion sur la nécessité d'empêcher les richesses de s'amonceler sur une même tête, ce- qui était un des abus de l'ancien régime. — « Cet article, objecte Danton, a paru contraire à la nature et à l'espritde la Révolution. En effet fut-il rien de plus absurde que d'obliger, par exemple, une épouse qui aura augmenté la fortune de son mari, de se voir éconduite, par un collatéral, des possessions qu'elle aura améliorées? Je demande que les époux, soit avant, soit après le mariage, puissent se faire les donations qu'ils jugeront à propos, et les restreindre à la moitié de l'usufruit s'ils ont des enfants. *
L'article 10 est ainsi conçu : « Les époux ont et exercent un droit égal pour l'administration de leurs biens. » Cet article est combattu par Thuriot et Merlin de Thionville qui soutiennent que le mari seul doit avoir l'administration des biens et en être responsable. La femme est généralement incapable d'administrer, et l'homme ayant sur elle une supériorité naturelle, doit la conserver. — Danton: « Je demande qu'avant tout le comité nous dise ce qu'il entend par sonarticle. — Càmbacérès: — Le comité a voulu dire que le mari ne pourra disposer des biens de la communauté sans le consentement de la femme : — danton. — Eh bien, rien n'est plus naturel. »
Séance du 29 août. — Billaud-Varennes, attribuant les
maux de la République à l'inexécution des décrets de la Convention, demande qu'il soit créé une commission chargée de surveiller le pouvoir exécutif dans l'exécution des lois. Robespierre s'oppose à cette proposition et y voit un système perfide de paralyser le comité de suint public et d'avilir le pouvoir exécutif. Danton dit de son côté qu'il croit dangereux de créer un second comité qui entraverait la marche
iverueinent. Pour concilier toutes les propositions, il demande l'adjonction de trois membres au comité de salut public : a Je sais qu'en ce moment on peut reprocher au gouvernement un peu de faiblesse; mais reconnaîtrons-nous jamais ces défauta sans nous rappeler nos ressources et son action. Ne nous déshonorons pas à nos propres yeux, ha république a onze armées; elle soutient les ({forts de toute l'Europe et des ennemis intérieurs. Nous avons encore une aincu sur le Rhin, et vous allez l'apprendre. (On applaudit.) finlin. votre comité a conçu de grandes mesures; vous les avez consacrées par un décret, il faut en surveiller, isurer l'exécution. Je ne m'oppose pas à ce que vous donniez au gouvernement une action nouvelle; je modilie-
ilcment la proposition qui vous est faite, en tendant au même but. «
0 du août. — Le ministre de la guerre communique a l'Assemblée une lettre du général Cartaux annonçant la défaite des révoltes de Marseille. Danton demande la pair cette lettre : i La nation vient de donner une grande ratie marchande dans la personne des Marseillais. Il faut que Cette leÇOO ne soit pas perdue, que wu\
oui ont conquis Marseille a la liberté, soient récompensés,
et que les contre- révolutionnaires soient punis; il faut que
mmerçants qui ont vu avec plaisir l'abaissemment des
■<T de
;ui aujourd'hui désirent la cuiitre-révolution
-lus de ! >ienl abaissés; il faut se montrer
aussi terrible envers eux qu'à l'égard des premiers. Je demande que les comités de salut public et de législation soient chargés de présenter à la Convention les moyens de faire payer les frais de cette guerre par les contre-révolutionnaires de Marseille, et le mode d'application de la loi qui doit faire tomber la têle des scélérats. (On applaudit.) » Les propositions de Danton sont décrétées.
Séance du 3 septembre. — La commission des subsistances présente un projet de loi, qui n'est pas trouvé assez radical. Thuriot demanda l'établissement d'un maximum pour toute la république et l'interdiction du commerce des grains. Danton appuie cette motion : « Il faut aujourd'hui que la Convention prononce entre les intérêts des accapareurs et ceux du peuple. Thuriot a développé une opinion qu'il a appuyée de puissants motifs; s'il y a quelqu'un qui veuille la combattre, qu'il monte à la tribune, nous le réfuterons. La nature ne nous a pas abandonnés, n'abandonnons pas le peuple, il se ferait justice lui-même; il tomberait sur les aristocrates, et leur arracherait de vive force ce que la loi aurait dû lui accorder. (On applaudit.) Prononçons aujourd'hui, demain nous exécuterons. » Dewars objecte que l'uniformité du maximum va aigrir les citoyens des départements où il est porté plus bas que ne le fixera votre loi. Danton reprend : « Ce ne sont là que de misérables chicanes; c'est une loi générale que vous devez faire, parce que le législateur ne calcule que les intérêts généraux. Le peuple qui est toujours juste, ne fera pas attention au petit inconvénient qui aura lieu dans les départements où le maximum est moindre aujourd'hui que celui que vous établirez. Mais il applaudira à une loi qui assure les subsistances des armées et de la République entière. »
Séance du 4 septembre. — Razire dénonce à l'Assemblée mie contre-révolution sectionnaire qui se présente dans
. Danton demande la formation d'une armée section-
paire et qu'il soit t'ait un rapport sur la moile d'augmenter de plus en plus l'action du tribunal révolutionnaire.
ce du G septembre. — Barere annonce que l'insurrecreclion des contre-révolutionnaires se soutient à Lyon, et que d'autns soulèvements se sont opérés ailleurs: « Les reine nous éprouvons, dit Danton, nous prouvent qu'aux moyens révolutionnaires, nous devons joindre les moyens politiques. Je dis qu'avec 3 ou i millions nous eussions déjà reconquis Toulon à la France, et fait pendre les traîtres qui l'ont livrée aux Anglais. Vos décrets n'y parvenaient pas. Eli jùen, l'or corrupteur de vos ennemis n'y est-il pas entré?
ivez mis 50 millions à la disposition du comité du public. Mais >mme ne sullit pas. Sans doute 20, 30,
ront bien employés, quand ils serviront à relêrir la liberté. Si à Lyon on eût récompensé le patrioipulaiivs, cette ville ne serait pas dans où elle se trouve. Certes, il n'est personne qui ne qu'il faut des dépenses secrètes pour sauver la patrie. Je demande donc que le comité de salut public nous un rapport sur les moyens nécessaires pour ranimer départements, et faire disparaître les aristocrates qui les infestent. Je ne suis d'aucun comité, je ne re d'aucun : m lia pour le comité de salut public, je ombien il est intéressant pour Le salut de la patrie, et ifiie l'attaque irraisonnablement est un mauvais ci- Adaptez une manivelle à la grande roue, el donnez and mouvement a la machine politique, Pour
[ue la patrie sinon
ton a la ' Ion ; il 63
tera mieux qu'un autre ce qu'il | oandë que
il adjoint ; lalut pub
,t l'unanin
de faire partie du comité : « Parce que, dit-il, lorsque je fis la motion d'organiser le comité de salut public en comité de gouvernement, je lis le serment de n'être d'aucun comité; non que je renonce au droit d'aller dans les comités pour y être utile autant qu'il sera en moi, mais je dois, avant tout, tenir mon serment. » La Convention accepte sa démission.
Séance du 7 septembre. — Il appuie les mesures proposées relativement aux biens des étrangers et repousse l'exception présentée en faveur des étrangers chassés de leur pays pour la cause de la liberté : <• Une multitude d'agents ont reçu un brevet d'expulsion d'Angleterre pour venir avec beaucoup d'adresse s'immiscer dans nos affaires, s'il se trouve dans le nombre de ces étrangers quelques patriotes, ils doivent s'estimer heureux de souffrir pour la cause de la liberté. Mais en thèse générale nous ne devons point porter d'exception. Je dis même que ceux qui nous nuisent avec le plus d'astuce sont ceux qui se plaignent le plus de leurs sacrifices à la cause populaire. »
Dans la même séance, Danton demande « qu'à l'avenir nul français ne puisse percevoir de droits de servitude en quelque endroit de la terre que ce soit. » Cette proposition est aussitôt transformée en décret.
Séance du 13 septembre. — Il demande la destitution du comité des marchés : — « Nos frères de l'armée du Nord viennent de rétablir l'honneur français; c'est au moment où ils vont être encore secourus que nous devons nous occuper d'eux; il existe un comité qui ne fait qu'entraver la marche des opérations, c'est celui du comité des marchés. Nous nous sommes convaincus qu'il a tout paralysé, au point que, si nous ne nous hâtons de le détruire, au commencement de l'hiver, nos soldats, comme l'année dernière, manqueront de tout. Sans doute les Français ne sont pas,
comme les soldats autrichiens, faits pour recevoir dos coups de bâton pour une tache à leur habit; mais il faut qu'ils soient vêtus. Le comité de salut public a toujours été composé d'excellents patriotes, il faut lui donner l'initiative de la présentation des membres qui composeront le nouveau comité. Il ne s'agit pas de consulter son goût privé, il faut que tout le monde se dirige ici au bien général, il faut que tout marche; il laut que les défenseurs de la liberté soient bien vêtus et bien nourris : nous déshabillerons tous les muscadins de la République. Je demande donc la destitution des membres de l'ancien comité, et que le comité de salut public présente la liste de ceux qui recomposeront le nouveau, ainsi que tous les autres comités dans lesquels il se trouve encore des membres dont les opinions touchaient au moins au fédéralisme. Je ne suis point suspect, mais je ne veux être membre d'aucun comité; mais je serai l'éperon de tous, je ne veux que servir mon pays. {On apjjlaudit.) » propositions de Danton sont décrétées.
Le 12 octobre, Danton demanda à la Convention et obtint un con^é de quelques jours, « pour aller à Areis-sur-Aube, rétablir sa santé en respirant l'air natal. » Il n'était donc
Paris, le 31 octobre, lors de l'exécution des Girondins. Voici ce que rapportent à ce propos les fils même de Danton, dans un Mémoire que cite M. Bougeart : « Il se promenait dans s». n jardin avec M. Doulet qui, BOUS l'Empire, fut longtemps maire de la ville. Arrive une troisième
me tenant un journal à la main.— « Bonne nouvelle? bonne nouvelle! —Quoi? «lit Danton. — Les Girondins sont coudai: . — Et tu appelles cela une bonne
nouvelle, malheureux! sYrrie Danton dont les yeux s'em-
nt aussitôt de larmes. — Bans doute, u'étaient-ili pas
des factieux .' - Des factieux'.' Btt C6 qne nous ne sommes pas tous des far' ritons tous la mort autant que
nom subirons | autres
Séance du 21 novembre. — Danton vote des secours aux ecclésiastiques : « Sachez, citoyens, que vos ennemis ont mis à profit pour vous perdre jusqu'à la philosophie qui vous dirige; ils ont cru qu'en accueillant les prêtres que la raison porte à abandonner leur état, vous persécuteriez ceux qui sont aveuglés par le bandeau de Terreur. Le peuple est aussi juste qu'éclairé. L'Assemblée ne veut salarier aucun culte, mais elle exècre la persécution et ne ferme point l'oreille aux cris de l'humanité. Citoyens, accordez des secours à tous les prêtres ; mais que ceux qui sont encore dans l'âge de prendre un état ne puissent prétendre aux secours de la nation après s'être procuré les moyens de subsister. Si Pitt a pensé que l'abolition du fanatisme serait un obstacle à votre rentrée en Belgique par la persécution que vous ferez éprouver aux prêtres, qu'il soit détrompé, et qu'il apprenne à respecter une nation généreuse qu'il n'a cessé de calomnier. Citoyens, il faut concilier la politique avec la saine raison : apprenez que si vous ôtez aux prêtres les moyens de subsister, vous les réduisez à l'alternative, ou de mourir de faim, ou de se réunir avec les rebelles de la Vendée. Soyez persuadés que tout prêtre, observant le cours de la raison, se hâtera d'alléger le fardeau de la République en devenant utile à lui-même, et que ceux qui voudront encore secouer les torches de la discorde seront arrêtés par le peuple qui écrase tous ses ennemis sous le char de la Révolution. Je demande l'économie du sang des hommes; je demande que la Convention soit juste envers ceux qui ne sont pas signalés comme les ennemis du peuple. Citoyens, n'y eut-il qu'un seul prêtre qui, privé de son état, se trouve sans ressources, vous lui devez de quoi vivre; soyez justes, politiques, grands comme le peuple, au milieu de sa fureur vengeresse, il ne sï carte jamais de la justice; il la veut. Proclamez-la en son nom, et vous recevrez ses applaudissements. »
mbre. — Billaud-Varennes présente le
projet du comité de salut public, sur un modo de gouvernement provisoire et révolutionnaire. Danton veut qu'on remplace les procureurs généraux syndics, élus par les localités, par des procureurs nationaux pour chaque département, nommés par le comité de salut public et pouvant être destitués par lui : « Le but du comité, dit-il, est de donner la force au gouvernement, de rallier à l'autorité centrée le faisceau départemental, de donner au comité de salut public une action immédiate sur les administrations. « La motion de Danton est combattue, notamment par Billaud-Varennes, qui la regarde comme subversive de tout gouvernement électif. Il observe que si cette mesure eut uns de la commission des vingt et un, la ' eut été perdue, Barère fait des objections dans le . Toutes ces motions sont renvoyées au comité.
5 novembre. — Désaudrais, à la tête d'une
déposition du Lycée des Arts, demande qu'il lui soit permis
•mmage à la République d'une pension de 1,000
jiii lui a été accordée par l'Assemblée nationale, i 11
faut d'abord savoir, intervient Danton, si la pension dont
fait bomm; , Dôsaudi 'Ile que lui lit
donner balayette pour avoir travaillé avec lui à l'orgtflisa-
olutionnaire de la gtrde nationale; car si
c'était Bion, la nation ne lui devrait aucun remer-
nt.n
— (Jiiclques députatious de rumet des ciicent a leurs foncti demande qu'il n'y au plus de mascarades
anti re -i Convention : « Si nous
l'erreur et du fanatisme,
>n plus ! piètre de
l'incrédulité. » — Parlant ensuite de la conspiration dite de l'étranger, il demande que le comité de salut public, réuni à celui de sûreté générale, fasse un prompt rapport sur cette conspiration et sur les moyens de donner une action grande et forte au gouvernement.
Il demande, dans la même séance, que l'on organise l'instruction publique, et les fêtes nationales du peuple.
Séance du 30 novembre. — Sur l'extension de la responsabilité ministérielle aux agents secondaires : « Dans les cas particuliers où les ennemis se rendent coupables, sans doute ils doivent être punis; mais cela ne rentre pas dans la théorie de la responsabilité ministérielle, et il n'y a pas besoin d'une loi nouvelle à cet égard; les lois criminelles existent. Quant à la responsabilité, il n'y en a plus si le ministre n'est pas seul responsable. En vain se justifierait-il, en prouvant qu'un délit quelconque n'est pas de son fait; s'il ne l'a pas dénoncé, il le partage; quant à l'ineptie ou à l'inertie, il est électeur dans sa partie; c'est à lui à s'informer des talents, du caractère, de la probité de celui qu'il emploie, et il en répond. J'ai été ministre aussi; tous les soirs je connaissais le produit net du travail de mes bureaux, je m'en faisais rendre compte par les chefs. L'inspection quotidienne de ses bureaux, voilà le premier devoir d'un ministre... Nous sommes d'accord en ce sens que les agents coupables doivent payer leur crime de leur tête. Mais le ministre doit être le premier dénonciateur, et s'il néglige de le faire, il en est responsable. Je demande que vous combiniez une rédaction qui énonce bien cette pensée bous les deux rapports. »
Séance du \** décembre. —Danton s'élève contre les arrêtés des représentants sur l'échange des matières d'or et d'argent, et il demande qu'on régularise les mesures révo-
-Solutionnants et qu'après avoir donné tout à la vigueur on donne beaucoup à la Bagi
Un citoyen se présente à la barre et commence la lecture d'un po6me à la louange de Marat. Danton l'interrompt: « Et moi aussi j'ai détendu Marat contre ses ennemis, et moi aussi j'ai apprécié les vertus de ce républicain ; mais après avoir (ait son apothéose patriotique, il est inutile d'entendre tous les jours son éloj.re funèbre et des discours ampoulés sur le même sujet; il vous faut des travaux et non pas des discours. Je demande que le pétitionnaire dise clairement et Bans emphase l'objet de sa pétition. »
Le 3 décembre eut lieu aux Jacobins une séance marquée par des incidents importants. Vn citoyen demande que la Convention soit invitée à fournir un local à chaque société populaire des départements. Danton combat cette proposi- 3 citoyens se rassemblent d'après le droit que leur en a donné la nature; ils n'ont donc pas besoin de recourir à d'autres autorités pour gérer ce rassemb'ement. » L'orateur applaudit à L'énergie révolutionnaire du peuple Qt la crise actuelle. ■ Mais, dit-il, je demande qu'on ie de ceux qui veulent porter le peuple au-delà des bornes de la Révolution, et qui proposent des mesures ultrarévolutionnaires. » Coupé de l'Oise répond que le peuple rerain et l<i possesseur de tons les biens que l'on dit appartenir à la nation. Il peut dis] ces biens a
sa volonté pour B'assembler dans les locaux qui lui paraîtront le plus commo les. Il a donc droit de s'adresser aux autorités constituées pour se faire procurer les moyens de issembler.
Danton monte à la tribune : quelques rumeurs se font entendre : a Coupé a voulu empoisonner mon opinion. -, je n'ai jamais prétendu proposer de rompre le nerf révolutionnaire, puisque j'ai dit que la Constitution devait dormir, pendant que le peuple était ennemi rient sur I1
pendance des sociétés populaires de toute espèce d'autorité. C'est d'après ce motif que j'ai soutenu que les sociétés populaires ne devaient avoir recours à personne pour solliciter des localités. J'ai entendu des rumeurs. Déjà des dénonciations graves ont été dirigées contre moi; je demande enfin à me justifier aux yeux du peuple, auquel il ne sera pas difficile de faire connaître mon innocence et mon amour pour la liberté. Je somme tous ceux qui ont pu concevoir contre moi des motifs de défiance, de préciser leurs accusations, car je veux y répondre en public. J'ai éprouvé une forte défaveur en pareissant à la tribune. Ai-je donc perdu ces traits qui caractérisent la figure d'un homme libre? Ne suis-je plus ce même homme qui s'est trouvé à vos côtés dans les moments de crise? Ne suis-je pas celui que vous avez souvent embrassé comme votre ami, et qui doit mourir avec vous? Ne suis-je pas l'homme qui a été accablé de persécution? J'ai été un des plus intrépides défenseurs de Marat, J'évoquerai l'ombre de l'Ami du peuple pour ma justification. Vous serez étonné, quand je vous ferai connaître ma conduite privée, de voir que la fortune colossale que mes ennemis et les vôtres m'ont prêtée, se réduit à la petite portion de biens que j'ai toujours eue. Je défie les malveillants de fournir contre moi la preuve d'aucun crime. Tous leurs efforts ne pourront m'ébranler. Je veux rester debout avec le peuple. Vous me jugerez en sa présence. Je ne déchirerai pas plus la page de mon histoire que vous ne déchirerez la vôtre, qui doivent immortaliser les fastes de la liberté. {On applaudit.) »
Danton termine en demandant qu'il soit nommé une commission de douze membres, chargés d'examiner les accusations dirigées contre lui, afin qu'il puisse répondre en présence du peuple. C'est en cette occasion que Robespierre prit la parole pour justifier Danton (V. Œuvres de Robespierre, p. ?(i) Après Robespierre, Merlin de Thionville déclare qu'au 40 août, Danton sauva la République
avec ces paroles : « Do l'audace, encore de l'audace, et puis encore de l'audace! — Voilà Danton! » La discussion se termine par la demande que fait un membre, que le président accorde l'accolade fraternelle à Danton. « Il la reçoit au milieu dos applaudissements l«s plus flatteurs, » dit le Mo- /•qui rapporte cette
bre* — A propos des mesures à prenntre les suspects : « Il faut nous convaincre d'une vérité politique, c'est que parmi les personnes arrêtées, il en est de trois classes: les unes qui méritent la mort, un grand nombre dont la République doit s'assurer, et quelnes sans doute qu'on peut relaxer sans danger pour elle. Mais ii vaudrait mieux, au lieu d'affaiblir le ressort révolutionnaire, lui donner plus de nerf et de vigueur. nous en venions à dos mesures combinées, je ide un décret révolutionnaire que je crois instant. dantmaconva . la preuve que des aristo-
nobles extrêmement riches, qui ont leurs fils se trouvent seulement arrêtés commi mt d'une fortune qu'il est juste de faire le la liberté qu'ils ont compromise, .le que tout individu qui a (\v^ qui ne prouvi ardent pa-
triote, et qu'il a fait tout au monde pour empêcher leur ration, ne soi I plus que pensionnaire de l'État, et que 'îent acquis a la République, » La pro lion de Danton
- Il soutient le princii
. — l'n brave qui a perdu un bias aie ;i la barre pour Uautoo prend la paroi'
mande s'il n'existe pas des lois qui dispensent les défenseurs de la patrie, mutilés pour elle, de se présenter pour solliciter des secours? N'est-ce pas au ministre de la guerre à se charger de leur récompense? Est-ce qu'il n'y a pas des lois qui lui attribuent impérieusement ce soin? C'est une, chose déshonorante pour la Convention de voir à sa barre les martyrs de la liberté. » Danton demande que le ministre de la guerre soit tenu, sous trois jours, de présenter le tableau de tous ceux qui ont été victimes de leur dévouement pour la cause de la liberté. La Convention décrète cette proposition.
Une députation de Commune Affranchie (Lyon), demande à présenter à la Convention les restes de Challier, martyr de la liberté; les pétitionnaires sont admis aux honneurs de la séance. Couthon propose que Challier reçoive les honneurs du Panthéon, et que l'on en retire le général Dampierre, « qu'on avait cru d'abord patriote, qu'on reconnaît aujourd'hui pour un traître. » Danton demande que la Convention éclaire d'abord sa décision par une connaissance exacte des faits : « La Convention nationale ne désorganisera pas le tombeau de Dampierre sans connaissance de cause. Ce général eut le malheur de naître d'une caste justement proscrite; mais il est de notoriété publique, qu'il a vécu dans les principes de l'égalité pratique. 11 a vécu avec ses laboureurs en ami, en frère ; voici un trait qui le fera connaître. Un malheureux tombe dans une rivière au milieu de l'hiver, Dampierre se jette à la nage et lui sauvf la vie. Il jouissait dans son département de l'estime de tous les citoyens ; je ne veux conclure de là rien de positif; mais cela suffit au moins pour vous prouver qu'il faut ex miner. Certes, si Dampierre eût voulu trahir sa patrie, l'aurait fait lors de la défection de Dumouriez; mais vou savez qu'alors il rallia une partie de nos troupes qu'ui traître voulait livrer à l'ennemi. Dampierre enfin est mo les armes à la main; no le jugez qu'uprès avoir examiu
froidement sa conduite. Lorsque la Convention lui décerna les honneurs du Panthéon, je m'y opposai parce que je ne voulais pas que la Convention accordât un semblable honneur sans connaître les faits qui devaient la déterminer4. »
I. Danton prit souvent la parole aux Jacobins pour s'opposer aux exclusions que l'on était toujours disposé à prononcer trop facilement, sans vouloir mi'rae toujours entendre la justification de ceux qui étaient dénoncés; dans la séance du H'-\ décembre, il intervient pour que l'on entende en silence la justification de Philippeaux, pour sa conduite en Vendée : « Il est du devoir de la société que cela soit, dit-il, quant à raui, qui n'ai point d'opinion formée te affaire, je désire aequérir une conviction. » La discussion se poursuivant avec amertume, et dégénérant [en personnalités diffamatoires, Danton prend de nouveau la parole : • Les Romains discutaient publiquement les affaires de l'Etat et la conduite des individus. Mais ils oubliaient bientôt les querelles particulières, lorsque l'ennemi était aux portes de Home; alors ils ne combattaient plus entre eux que de courage et de générosité pour repousser les hordes qui les attaquaient. L'ennemi est aussi à nos portes et nous nous dé chirons les uns les autres. Toutes nos altercations tuent-elles un .... »
ussions se répétèrent quelques jours après (le 5 janvier 1794) à propos de Camille Desmoulius et du Vieux Corddier. Danton interposa encore sa médiation : • Toujours des entraves, toujours d [U estions quand il s'agit d'une affaire le et qui ini publique. Collot s présenté la que6nl de vue. Pourquoi a-t-on interverti l'ordre qui régnait dana cette discussion? Les patriotes doivent-ils i patriotisme pour tourmenter les patriotes?
Tu t.- plains, il :' mail rappelle-toi les principes: Que tu aies
m 'pie le temps fera connaître au public, Mais occupons-
le l'objet pour lequel mbles aujourd'hui,
l'opinion quelque
que la
■, .»ir niwi -r leurs lentiments, équilibj d'abord let
le ridean, profitent de
Séance du 22 décembre. — Uu marchand de vin avait été soupçonné d'accaparement, on reconnut qu'il n'était pas coupable; la Convention à l'unanimité déclara qu'il fallait surseoir au décret lancé contre lui : « On s'honore, s'écria Danton, quand on sauve un innocent; je vole signifier moimôme le décret que la Convention vient de rendre. » La salle retentit d'applaudissements. Plusieurs autres membres sortent avec Danton, et s'empressent d'aller arrêter l'exécution du jugement du tribunal.
Séance du 28 décembre. — Une députation des soldats qui ont combattu contre les Vendéens se présente à la tribune; un d'eux raconte les hauts faits de ses compagnons d'armes. Merlin de Thionville demande pour ce brave le grade d'adjudant-général. Un député fait remarquer que ce décret devrait être précédé d'un rapport du comité de salut public : « Je ne pense pas, dit Danton, qu'il soit hors des pouvoirs de la Convention d'accorder la faveur que Merlin réclame; mais je pense qu'il est de la sagesse de ne faire aucune promotion militaire sans avoir entendu le comité de salut public; et quoique je sois persuadé que le militaire qui est devant vous mérite les éloges qu'il vient de rece-
nos mouvements, et font agir les ressorts du patriotisme en sens contraire de la révolution. Subordonnons nos haines particulières à l'intérêt général, et n'accordons aux aristocrates que la priorité du poignard. » Le 8 janvier la discussion s'engagea encore aux Jacobins sur Desmoulins. Robespierre demanda pour l'exemple que les numéros du Vieux Cordelier fussent brûlés par la société. — « C'est fort bien dit, Robespierre, s'écria Camille, mais je répondrai comme Rousseau : Brûler n'est pas répondre. » Le débat ainsi engagé entre Camille et Robespierre menaçant de s'aigrir, Danton intervint : « Camille ne doit point s'effrayer, dit-il, des leçons un peu sévères que l'amitié de Robespierre vient de lui faire. Citoyens que la justice et le sang-froid président toujours à vos décisions. En jugeant Desmoulins, prenez garde de porter un coup terrible à la liberté de la presse. »
voir, ce qui serait bon aujourd'hui donnerait lieu demain à une imitation moins heureuse; de là naîtraient les abus. Ainsi, je demande le renvoi au comité de salut public, qui Certainement partagera les sentiments que nous venons d'éprouver pour un digne défenseur de la République. »
ice du 30 décembre, — Bourdon de l'Oise demande
qu'il soit enjoint à la municipalité de Taris de faire des
renés sur les volontaires qui résident dans cette ville,
au lieu d'aller aux frontières : « Il y a à Paris, observe
Danton, des citoyens qui viennent pour des objets qui inté-
.t leurs communes, et qu'il >erait dangereux d'en
■r : il faut prendre un juste milieu. Je demande que
tout citoyen envoyé à Paris par ses concitoyens, pour un
objet quelconque, soit obligé de se faire enregistrer au
comité de sùrelé générale, qui en rendra compte à l'Assein-
les. En adoptant cette mesure, vous ne
int le peuple de faire ses réclamations à la Con-
ion nationale. » Celte proposition est adoptée.
ANNK!
— Le ministre de la guerre P>ourt, refusait d< i aux défenseurs de
la patrie, et d'autre part donnait à Hébert 120,000 francs bvention. Bourdon de l'Oise déi abus à la
Qtion. Danton l'ait décréter que les ministres ne pourront puiser dans [u'eu ?ertu d'une loi, et oande que le comité de salut public fasse un rapport sur les moyens de ouverneœnt provi-
i la manivelle d \ mains de ce romil
Danton, j<
convaincu qu'un conseil délibérant est mauvais, qu'il vous faut un directeur de la guerre responsable, un directeur de l'intérieur responsable, etc., et que le comité du salut public doit diriger l'action du gouvernement dont la Convention nationale l'a chargé. »
Séance du 13 janvier. — Amar venait, au nom du comité de salut public, de faire son rapport sur l'arrestation de Fabre d'Églantine. Danton demande que les prévenus soient traduits à la barre, afin qu'ils soient jugés devant tout le peuple : « La situation politique de la nation et de la Convention nationale est telle, que toutes les vérités peuvent lui être dévoilées sans danger. Le comité de sûreté générale a bien agi en mettant sous la main de la loi un homme présumé coupable; mais comme la Convention n'a pas de travaux qui prolongent ses séances, pourquoi ne se chargerait-elle pas de la recherche des coupables? Rendons justice au peuple; pourquoi les accusés ne seraient-ils pas traduits à la barre pour s'expliquer, après que le comité de sûreté générale aura pris les mesures convenables pour qu'aucun coupable n'échappe, qu'aucun fil de l'intrigue ne se perde? Un décret d'accusation a été proposé d'après un principe que j'avoue; mais pouvez-vous vouloir interdire aux accusés la faculté d'être entendus? Sans doute il peut se trouver des occasions où le peuple soit pressé de punir, où chacun ait le droit de poignarder un scélérat qui veut perdre la liberté. Brissot et consorts ne pouvaient être entendus; ils étaient déjà condamnés; la liberté était menacée de trop près; mais lorsqu'on vous dévoile des turpitudes, un agiotage, des corruptions; lorsqu'on tient les principaux fils de toute l'intrigue, lorsqu'on vous dénonce un faux qui peut être désavoué et attribué à une main étrangère, pourquoi n'entendrions-nous pas ceux qu'on accuse •? »>
1. Danton respecta en toute circonstance, il faut lui rendre cette
Vadier et liillaud-Varennes combaltent ia proposition : . dit Vadier, nous mèneraient à la Constitution de 91, qui accordait une inviolabilité absolue aux sentants du peuple. » L'aiïaire de Fabre, d'ailleurs, se rattacbe, dit-on, à un systèmeafïreux de contre-révolution. « Dix-neuf personnes ont été arrêtées pour cet obj«'t, poursuit Yadier; c'est à l'échafaud que de pareils conspirateurs doivent aller, et non à la barre de la Convention. » — « 11 faut, dit alors Danton, qu'un rapport général soit fait à la Convention, aiin de lui faire connaître toutes les ramifications de cette borrible conspiration; car si Vadier ne nous eût annoncé que celle qui venait dï:tre découverte se liait à celle dénoncée par Chabot, la République et nous l'eussions ignoré. » Mais ces observations de Danton sont relevées avec vivacité. « Limiter un délai pour faire ce rapport, dit Billaud-Yarennes, serait étrangler cette affaire. » Et, faisant une allusion directe et menaçante à Danton, il ajoute : « Malheur à celui qui a siégé à côté de Fabre et qui est encore sa dupe !» — « Le comité, dit Amar, ne peut pas être accusé de négligence. » Mon intention, répond Danton, n'a pas été d'accuser le comité, je lui rends justice. » On passe à l'ordre du jour.
justice, la liberté de la Jettent ni. connue dans
r •■ volutiuiniain-s. Api :m! <le Marat, un
membre, aux Jacobine, denonçt Fauchet comme complice de Char-
i t — » - i veut monter à la tribune pour M disculper, le
ut niri aux \<>ix ri 011 le lui permettra.. — « Il n'y a rien à
loi voix, «lit Danton 1er la tribune par
' ■, ordonnai lui de se retiref I la ban onand aani
■ l'entendre, '>n deauade qu'il -<ut renvoyé devant le oomité
de suret» générale : — • J«* jettanda, reprend Danton, qu'un on-
t'iel.- I ; • la lili.Tt.-, i|iu a ;il I uni>- la guerre n.
triladaii ont; voa* ailes ?oir que tontoeqa'il dira ne
f'-ra (|i; ifirmer dans l'idée que nous avons iju'il i
rolutionnaire. »
Séance du 15 janvier. — De jeunes élèves de la patrie viennent demander à la Convention une députation pour assister à une fête civique en l'honneur des martyrs de la liberté. Ils récitent un chant patriotique et en demandent l'insertion au Bulletin. Danton s'y oppose : « Le Bulletin de la Convention n'est point du tout destiné à porter des vers dans la Bépublique, mais de bonnes lois rédigées en bonne prose. Un décret, d'ailleurs, ordonne l'examen préliminaire du comité d'instruction publique pour tout ce qui peut concerner les arts et l'éducation. Je demande donc le renvoi au comité. » Dubouchet insiste sur ce que de tels chants produisent un effet singulier : « Il ne faut pas invoquer des principes que nous reconnaissons tous, pour en tirer des conséquences fausses. Sans doute, les hymnes patriotiques sont propres à enflammer, à électriser l'énergie républicaine: mais qui de vous est en état de prononcer sur la chanson qu'on a chantée à la barre? En avez-vous bien entendu et le sens et les mots? Pouvez-vous m'en instruire , car moi je n'ai pu en juger. Pourquoi donc empêcher la Convention de se mettre en mesure pour juger avec connaissance de cause! Le vrai moyen est le renvoi au comité d'instruction publique. Qui plus que moi sent la nécessité d'encourager les arts et les jeunes talents! Nous n'avons point fondé une République de Visigoths ; après l'avoir solidement instruite, il faudra bien s'occuper de la décorer; mais dans les petites choses comme dans les grandes, la Convention ne doit jamais prendre de détermination indiscrète et inconsidérée. J'insiste pour le renvoi. » Le renvoi est décrété.
Séance du 16 janvier. — Bourdon demande que la Convention chasse de la représentation nationale Dentzel, convaincu de n'être qu'un aristocrate.
Danton intervient pour adoucir cette proposition : « A ne consulter que la justice nationale, la proposition de
Bourdon doit êlre adoptée; les faits qu'il a articulé? contre Dentzel sont graves; s'il est coupable, comme j'incline a le croire, la Convention ne se bornera pas à le chasser de son sein ; mais elle le traduira au tribunal révolutionnaire. Mais suivons une marche sa ire qui nous mette à l'abri des ei- Je demande que les comités de salut public et de sûreté générale se saisissent de l'accusation et fassent arrêter l'individu s'ils le jugent convenable. »
Séance du 18 janvier. — Roger-Ducos observe que par l'éditde 1787, le dernier tyran s'était réservé le droit de pro- Doncer sur h s effets civils du mariage entre les protestants, suivant la qualité des circonstances et des personnes. Des
Mations particulières s'étant élevées sur les d:
tions de cet édit, le comité de législation demande qu'elles
soient rapportées. Danton observe que les lois rendues par
nblée ne \ ermettent pas d'élever le moindre doute sur
le point de fait (pie l'on veut mettre en question, à savoir
que la n d'état sulïit aux enfants pour leur donner
le droit de réclamer ia succession de leur auteur, et que les
ne peuvent refuser de prononcer, à moins qu'ils ne
contre-révolutionnaires. Il demande l'ordre du
jour sur le projet du comité et le renvoi de la pétition au
comit térale, qui poursuivra ceux qui ont nu
r une semblable question.
uturier demande, par article onnel, que tous les titulaires d'offices qui auront reproduit leurs titres, api ut déclarés Umt droit a liquidation. Danton appuie cette | -t plus ji 3 doute, il faut
qu'ils soient M i qm. par défiance on pu bai
n "ont pas voulu attendre leur sort de la
n pourrait l«