V. 345. L'ÉNKIDE, LIVRE IV
Fonder ces murs sacrés, berceau du peuple-roi, Et Taire au monde entier reconnaître sa loi? Si, de ses hauts destins étouflant la mémoire , L'amour lui fait trahir l'intérêt de sa gloire , Pourquoi priver son fila de l'honneur immortel De fonder près du Tibre un empire éternel ! Chez un peuple ennemi qu'attend-il? qui l'arrête? Pourquoi du Latium négliger la conquête ? Qu'il parte ; je le veux, je l'ordonne. » A sa voix , Le messager des dieux vole accomplir ses lois. Il attache d'abord ses brodequins dociles , Qui, soutenant son vol sur leurs ailes agiles. Au-dessus des vallons, des montagnes , des mers , Plus vite que les vents lui font fendre les airs. Ensuite il prend en main sa baguette puissante , Qui maîtrise à son gré la Parque obéissante , Rouvre, quand il lui plaît, les portes du tombeau , Imprime de la mort le redoutable sceau , Ote ou rend le sommeil , fend les sombres nuages , Et fraie au dieu sa route à travers les orages. Il part, vole , et déjà se découvre à ses yeux L'Atlas, l'énorme Atlas, antique appui des cieux. Sous d'éternels frimas ses épaules blanchissent ; De bleuâtres glaçons ses cheveux se hérissent ; Son front couvert de pins , de nuages chargé , Par l'orage et les vents est sans cesse assiégé ; Et cent torrens , vomis de sa bouche profonde , Font retentir ses flancs du fracas de leur onde.
A peine il a touché le mont majestueux , Mercure, suspendant son vol impétueux.
Sur son aile immobile un instant se balance , Puis vers le bord des mers rapidejuent s'élance ;
2f; .£NElDOS LIBER IV. v. 254.
Misit; avi similis, quse circum littora, circum Piscosos scopulos, huniilis volât aequora juxta. Haut] aliter terras inter cœlumque volabat , Littus arenosum ad Libyse, ventosque secabal , Materno veniens ab avo Cyllenia proies.
Ut primum alatis tetigit magalia plantis , /Euean fundantem arces ac tecta novantem Conspicit ; atque illi stellatus iaspide fulva Ensis erat , Tyrioque ardebat murice laena Demissa ex. humeris , dives quae munera Dido Fecerat, et tenui telas discreverat auro. Continuo invadit : « Tu nunc Carthaginis alta; Fundamenta locas , pulchranique uxorius urbem Exstruis? heul regni rerumque oblite tuarum ! Ipse deum tibi me claro demittit Olympo Regnator, cœlum et terras qui numine torquet , Ipse haec ferre jubet celeres mandata per auras : Quid struis";* aut qua spe Libycis teris otia terris? Si te nulla movet tantarum gloria rerum , Nec super ipse tua moliris laude laborem ; Ascanium surgentem, et spes heredis luli Respice , oui regnum Italiae Romanaque tellus Debentur. » Tali Cylleuius ore locutus Mortales visas medio sermone reliquit , Et procul in tenuem ex oculis evanuit auram.
At vcro ^Eneas adspectu obmutuit ainens ;