‹ Œuvres de Delille (volume 4)Chapitre 112 sur 114 · V. II/,/;. l.'ENÉlDb:, LIVUK VII · texte numérisé non relu

V. II/,/;. l.'ENÉlDb:, LIVUK VII

Des Volsques après eux marchait la reine altière , L'intrépide Camille : une troupe guerrière , Dont les fiers escadrons aux rayons du soleil De leurs arnies d'airain ("ont briller l'appareil , Suivait sur ses coursiers la superbe amazone. Dès l'enfance exercée aux joutes de Bellone , Camille préférait, amante des combats , La lance belliqueuse aux fuseaux de Pallas , Les travaux de la guerre à des arts plus tranquilles. Moins prompts sont les éclairs, et les vents moins agiles Elle eût, des jeunes blés rasant les verts tapis , Sans plier leur sommet couru sur les épis ; Ou , d'un pas suspendu sur les vagues profondes , De la mer en glissant eût effleuré les ondes , Et , d'un pied plus léger que l'aile des oiseaux , Sans mouiller sa chaussure eût volé sur les eaux. Son air fier et décent , sa démarche imposante , De son manteau royal la pourpre éblouissante , Son carquois lycien , l'or en flexibles nœuds Sur son front avec grâce attac-hant ses cheveux , Son myrte armé de fer, qui dans ses mains légères Fait ressembler sa lance au sceptre des bergères , Des guerriers attroupés au faîte des remparts Sur elle ont réuni les avides regards : L'œil étonné se plaît à ses grâces hautaines. Des hameaux d'alentour, des bourgades lointaines , Tout lui peuple empressé , sitôt qu'elle a paru, Pour fêter son passage en foule est accouru. Son audace aux Latins promet un sort prospère ; Le jeune homme s'enflamme, et le vieillard espère ; Et la mère , admirant tant d'attraits réunis , La voudrait pour sa fille, et la montre à son fils.

SUR VIRGILE

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