‹ Œuvres de Delille (volume 4)Chapitre 113 sur 114 · I.IVRE VII · texte numérisé non relu

I.IVRE VII

ARRIVKF. nES TROYFNS EN ITALIE.

C'est vraiment ici que commence l'action; cependant quelque respect qu'inspire un nom aussi imposant que celui du prince des poètes latins, on ne saurait se dissimuler que ce chant n'ajoute ni à la renommée d'Enée , ni à celle de son peuple , et que les Troyens ouvrent bien oJjscurément leur nouvelle carrière de gloire. Virgile déploie ici un grand luxe de poésie , il crée des beautés d'un autre ordre que celles qu'il avait semées sur son passage ; mais tout ce qui est digne d'intérêt, riche d'ornemens, plein de passions, de mouvemens , de chaleur dramatique , se passe dans le palais de Latinus , dans Ardée en armes, dans Laurente en feu , et parmi les compagnons de Turnus. Un débarquement vulgaire, un froid repas, l'interprétation assez mal motivée d'un incident assez mesquin, un ramp tracé, l'envoi d'une ambassade, une alliance obtenue sans aucun effort, sans aucun mérite de la part du héros; cette alliance rendue nulle par un malheur d'Ascagne qui s'amuse à chasser en de si graves circonstances, et suscite ainsi une horrible guerre dans laquelle il doit nécessairement paraître l'agresseur à tous les nationaux ; voilà les exploits d'Enée et de son fils. Aussi la colère de Junon contre de pareils adversaires, l'enfer soulevé, l'Italie embrasée tout entière pour leur perle, semblent-ils d'une exagération presque ridicule, par l'effet même du contraste de la grandeur des moyens avec la faiblesse des obstacles. A la vérité , Junon s'arme de toutes les forces de l'enfer contre la vo- 3. Il

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