ENEIDOS LIBER IV. v. 58o
Idem omnes siniul ardor habet : rapiuntque , ruuntquc ; Littora deseruere : latet sub classibus œquor : Adnixi torquent spumas , et cœrula verrunt.
Et jam prima novo spargebat lumine terras Tithoni croceum linquens Aurora cubile : Regina e speculis ut primum albescere lucem ^*^ Vidit , et sequatis classem procedere velis , Litto raque et vacuos sensit sine rémige portas ; Terque quaterque manu pectus percussa décorum , Flaventesque abscissa comas : « Proh Jupiter ! ibit ^'■ Hic , ait, et nostris illuserit advena regnis? Non arma expédient , totaque ex urbe sequentur, Diripientque rates aîii navalibus ? Ite : Fer te citi flammas, date vêla , impellite remos. Quid loquor? aut ubi sum? quse mentem insania mutai ^ ïnfelix Dido ! nunc le fata impia tangunt ^^. Tum decuit , quum sceptra dabas. En dextra fidcsquc ^^ Quem secum patrios aiunt portasse Pénates , Quem subiisse humeris confectum aetate parentem ! Non potui abreptum divellere corpus , et undis Spargere ? non socios , non ipsum absumere ferro Ascanium , patriisque epulandum apponore mensis? Verum anceps pugnse fuerat fortuna. Fuisset : Quem metui moritura? Faces in castra tulissem ^°; Implesscmque foros flammis ; natumque patremque Cum génère extinxem : memet super ipsa dedissem.
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[.c rivage s'cnluit, et les flots qui bouillonnent Cèdent , en mugissant , aux bras qui les sillonnent.
L'Aurore abandonnait la couche de Titlion , Et la Nuit pâlissait de son premier rayon : Didon , du haut des tours , jetant les yeux sur l'onde , Les voit voguer au gré du vent qui les seconde. Le rivage désert , les ports abandonnés , Frappent d'un calme affreux ses regards consternés. Aussitôt , arrachant sa blonde chevelure , Se meurtrissant le sein : « O dieux ! quoi ! ce parjure , Quoi ! ce lâche étranger aura trahi mes feux , Aura bravé mon sceptre , et fuira de ces lieux ! Il fuit , et mes sujets ne s'arment pas encore ! Ils ne poursuivent pas un traitre que j'abhorre ! Partez , courez , volez , montez sur ces vaisseaux : Des voiles, des rameurs , des armes , des flambeaux... Que dis-je? où suis-je? hélas ! et quel transport m'égare; Malheureuse Didon ! tu le hais, le barbare : Il fallait le haïr quand ce monstre imposteur Vint partager ton trône et séduire ton cœur. Voilà donc cette foi , cette vertu sévère , Ce fds qui se courba noblement sous son père , Cet appui des Troyens , ce sauveur de ses dieux ! Ah , ciel ! lorsque l'ingrat s'échappait de ces lieux , Ne pouvais-je saisir, déchirer le parjure , Donner à ses lambeaux la mer pour sépulture , Ou massacrer son peuple , ou de ma propre main Lui faire de son fils un horrible festin ? Mais le danger devait arrêter ma furie — Le danger ! en est-il alors qu'on hait la vie ? .l'aurais saisi le fer , alhmié les flambeaux , Ravagé tout son camp , brûlé tous ses vaisseaux ,
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Sol , qui terrarum flanimis opéra omnia lustras,
Tuque harum interpres curarum et conscia Juno ,
Nocturnisque Hécate triviis ululata per urbes ,
Et Dirai ultrices , et di morientis Elisaî ,
Accipite hœc, meritumque malis advertite numen,
Et nostras audite preces. Si tangere portus
Infandum caput ac terris adnare necesse est ,
Et sic fata Jovis poscunt , hic terminus hserct;
At bello audacis populi vexatus et armis ,
Finibus çxtorris , complexu avulsus luli ,
Auxiliuni imploret , videatque indigna suorum
Funera; nec , quum se sub leges pacis iniquae
Tradiderit, regno aut opta ta luce fruatur ;
Sed cadat ante diem , mediaque inhumatus arena.
Hsec precor : banc vocem extreniani cum sanguine fundo.
ïuni vos, ô Tyrii, stirpem et genus omne futurum Exercete odiis, cinerique haec niittite nostro Munera : nuUus amor populis nec fœdera sunlo. Exoriare aliquis nostris ex ossibus ultor ,