‹ Œuvres de Delille (volume 4)Chapitre 23 sur 114 · V. 787' L'ENÉIDE, LIVRE IV · texte numérisé non relu

V. 787' L'ENÉIDE, LIVRE IV

Submergé ses sujets , égorgé rinfidèle , Et son fils, et sa race, et moi-même après elle. Soleil, dont les regards embrassent l'univers ! Reine des dieux , témoin de mes affreux revers ! Triple Hécate , pour qui dans l'horreur des ténèbres Retentissent les airs de hurlemens funèbres ! Pâles filles du Styx! vous tous, lugubres dieux! Dieux de Didon mourante , écoutez donc mes vœux ! S'il faut qu'enfin ce monstre, échappant au naufrage, Soit poussé dans le port, jeté sur le rivage ; Si c'est l'arrêt du sort , la volonté des cieux , Que du moins , assailli d'un peuple audacieux , Errant dans les climats où son destin l'exile , Implorant des secours , mendiant un asile , Redemandant son fils arraché de ses bras , D.e ses plus chers amis il pleure le trépas ! Qu'une honteuse paix suive une guerre affreuse ! Qu'au moment de régner , une mort malheureuse L'enlève avant le temps ! qu'il meure sans secours, Et que son corps sanglant reste en proie aux vautours ! Voilà mon dernier vœu : du courroux qui m'enflamme Ainsi le dernier cri s'échappe avec mon âme. Et toi, mon peuple, et toi, prends son peuple en horreur Didon au lit de mort te lègue sa fureur ; En tribut à ta reine offre un sang qu'elle abhorre : C'est ainsi que mon ombre exige qu'on l'honore. Sors de ma cendre , sors , prends la flamme et le fer , Toi qui dois me venger des enfans de Teucer ! Que le peuple latin, que les fils de Carthage , Opposés par les lieux , le soient plus par leur rage ! Que de leurs ports jaloux, que de leurs murs rivaux, Soldats contre soldats, vaisseaux contre vaisseaux,

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Qui face Dardanios fcrroqiic scquare colonos , Nunc , olim , quocumque dabunt se tcmporc vires. Littora littoribus contraria , fluctibus iindas , Imprccor , arma armis : pugnent ipsiquc ncpotesque.

Ha3C ait , et partes animum versabat in omnes , Invisam quaîrens ({uani primum abrumpere lucem. i'um breviter Barccn nutricem affata Sychtei , Namquc suam patria antiqua cinis ater liabebat : « Annam , cara mihi nutrix , hue siste sororem : Die corpus properet fluviali spargere lynipha, Et peeudes seeum et monstrata piacula ducat ; Sic veniat : tuque ipsa pia tege tempora vitta. Sacra Jovi Stygio , qute rite incepta paravi , Perfîcere est animus , fincmque imponere curis , Dardaniique rogum capitis permittere flamnite= » Sic ait. Illa gradum studio celerabat anili ^* .

\l trépida , et cœptis immanibus effera Dido , Sanguineam volvens aciem , maculisque trementes Interfusa gênas , et pallida morte futur a , Interiora domus irrumpit limina , et altos Conscendit furibunda rogos ; ensemquc reckulii Dardanium, non hos qua3situm munus in usus

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