‹ Œuvres de Delille (volume 4)Chapitre 35 sur 114 · ENEIDOS LIBER V. v · texte numérisé non relu

ENEIDOS LIBER V. v

Ensem , atque insignem galeam , solatia victo. Nec mora ; continuo vastis cum viribus effert Ora Dares, magnoque virum se murmure tollit: Solus qui Paridem solitus contendere contra; Idemque ad tumulum quo maximus occubat Hector Victorem Buten immani corpore , qui se Bebrycia veniens Amyci de gente ferebat , Perculit , et fui va moribundum extendit arena. Talis prima Dares caput altum in praelia tollit : Ostenditque humeros latos , alternaque jactat Brachia protendens , et verberat ictibus auras. Quaeritur huic alius : nec quisquam ex agmine tanto Audet adiré virmn, manibusque inducere cestus. Ergo alacris , cunctosque putans excedere palma , JEuese stetit ante pedes ; nec plura moratus , Tum laeva taurum cornu tenet , atque ita fatur : « Nate dea , si nemo audet se credere pugnœ , Quae finis standi? quo me decet usque teneri? Ducere dona jubé. » Cunctisimul ore fremebant Dardanidœ , reddique viro promissa jubebant. Hic gravis Entellum dictis castigat Acestes , Proximus ut viridante toro consederat herbee : « Entelle , heroum quondam fortissime frustra , Tantane tam patiens nullo certamine tolli Dona sines ? ubi nunc nobis deus ille , magisler Nequidquam memoratus , Eryx? ubi faina per onineni

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Au vainqueur un taureau dont la corne dorée

De longs festons de laine et de fleurs est parée ;

D'une éclatante épée et d'un casque brillant

Le vaincu recevra le tribut consolant.

Aussitôt , au milieu d'un doux et long murmure ,

Darès paraît , tout fier de sa haute stature ;

Darès , qui de Paris seul balança le nom ;

Darès , de qui le bras , sous les murs d'Ilion ,

Près du tombeau d'Hector, par un combat célèbre

Honorant ce héros et sa pompe funèbre ,

De l'énorme Butés , ce Bébryce orgueilleux ,

Qui comptait -Amycus au rang de ses aïeux ,

Terrassa la fureur, et de sa main puissante

Coucha son front altier sur la poudra sanglante.

Il se lève , il prélude : étendus en avant ,

Ses deux bras tour à tour battent l'air et le vent.

Il montre leur vigueur , montre sa taille immense ,

Et du prix qu'il attend s'enorgueillit d'avance.

On cherche un adversaire à ce jeune orgueilleux ;

Mais nul n'ose tenter ce combat périlleux.

Alors fier, et déjà d'une main assurée

Saisissant le taureau par sa corne dorée ,

« Fils d'Anchise , dit-il, si , glacé par l'effroi ,

Nul n'ose à ce combat s'exposer contre moi.

Pourquoi ces vains délais et cette attente vaine?

Ce taureau m'appartient , ordonnez qu'on l'emmène. »

Ainsi parle Darès d'un air triomphateur :

Les Troyens font entendre un murmure flatteur ,

Et réclament pour lui les honneurs qu'il demande.

Alors le vieil Aceste avec douceur gourmande

Entelle son ami , son digne compagnon ,

Assis à SCS côtés sur un lit de ga/on :

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Trinacriam , et spolia illa tuis pendentia tectis i* » Ille sub haec : <> Non laudis amor , nec gloria cessit Puisa metu; sed enim gelidus tardante senecta Sanguis liebet , frigentque effetae in corpore vires. Si mihi , quae quondam fuerat , quaque iinprobus iste Exsultat fidens, si nunc foret illa juventas ; Haud equidem pretio inductus pulchroque juvenco Venissem : nec dona moror. » Sic deinde locutus , In médium geminos immani pondère cestus Projecit , quibus acer Eryx in prselia suetns Ferre manum, duroque intenderebrachia tergo. Obstupuere animi ; tantorum ingentia septem Terga boum plumbo insuto ferroque rigebant. Ante omnes stupet ipse Dares , longeque récusât : Magnanimusque Anchisiades et pondus et ipsa Hue illuc vinclorura immensa volumina versât. Tum senior taies referebat pectore voces : « Quid, si quis cestus ipsius et Herculis arma Yidisset, tristeraque hoc ipso in littore pugnam? Haec gerraanus Eryx quondam tuus arma gerebat : Sanguine cernis adhuc fractoque infecta cerebro. His magnum Alciden contra stetit : his ego suetus , Dum melior vires sanguis dabat, semula necdum Temporibus geminis canebat sparsa senectus. Sed si nostra Dares hsec Troïus arma récusât , Idque pio sedet JEnese , probat auctor Acestes ,

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« Entellc , lui dit-il , de ton antique gloire

N'as-tu donc conservé qu'une oisive mémoire?

Et d'un cœur patient verras-tu sous tes yeux

Enlever sans combat un prix si glorieux?

Où donc est cet Eryx autrefois notre maître ,

Ce dieu que la Sicile en toi crut voir renaître ?

Où sont tes fiers combats , ces dépouilles , ces prix ,

En pompe suspendus à tes nobles lambris? —

La peur , dit le vieillard , gardez-vous de le croire ,

N'affaiblit point en moi l'ardeur de la victoire :

Mais l'âge éteint ma force , et de ce faible corps

La glace des vieux ans engourdit les ressorts.

Si j'étais jeune encor , si j'étais à cet âge

Qui de cet insolent enhardit le courage.,

Sans prétendre à ce prix dont son cœur est flatté ,

J'aurais d'un tel rival rabattu la fierté. »

Il dit , et de ses mains fait tomber sur le sable

De cestes menaçans un couple épouvantable ,

Arme affreuse qu'Eryx , en marchant aux combats ,

Autrefois enlaçait à ses robustes bras.

L'assemblée en silence en contemple la forme ;

Chacun tremble à l'aspect de cette masse énorme

Où , du fer et du plomb couvrant le vaste poids ,

La peau d'un bœuf entier se redouble sept fois.

Darès même a senti chanceler son audace,

Enée avec effort soulève cette masse ;

Il déroule en ses mains , il en parcourt des yeux,

Et le volume immense , et les immenses nœuds.

« Darès, reprend Entelle, à cet aspect recule;

Et que serait-ce donc si du terrible Hercule

11 avait vu le ceste et le combat fameux

Qui de sang autrefois rougit ces mêmes lieux?

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jïlquemus pugnas. Erycis tibi terga remitto ; Solve metus ; et tu Trojanos exue cestus. »

Haec fa tus , duplicem ex humeris rejecit amictum ; Et magnos membrorum artus , magna ossa , lacertosque , Exuit , atque ingens média consistit arena. Tum satus Anchisa cestus pater extulit œquos , Et paribus palmas amborum innexuit armis. Constitit in digitos extemplo arrectus uterque , Brachiaque ad superas interritus extulit auras. Abduxere rétro longe capita ardua ab ictu ; Immiscentque manus manibus, pugnamque lacessunt.

ïlle pedum melior motu, fretusque juventa : Hic membris et mole valens ; sed tarda trementi

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