îîlNEIDOS LIBER V
Genua labant ; vastos quatit aeger anhelitus artus. Multa viri nequidquam inter se vulnera jactant, Multa cavo lateri ingeminant, et pectore vastos Dant sonilus ; erratque aures et tempora circum Crebra manus ; duro crépitant sub vulriere malse. Stat gravis Entellus , nisuque immotus eodem , Corpore tela modo atque oculis vigilantibus exit. nie , velut celsam oppugnat qui molibus urbem , Aut montana sedet circum castella sub armis , Nunc hos , nunc illos aditus , omnemque pererrat Arte locum , et variis assultibus irritus urget. Ostendit dextram insurgens Entellus , et alte Extulit ; ille ictum venientem a vertice velox Prsevidit, celerique elapsus corpore cessit.
Entellus vires in ventum effudit , et ultro Ipse gravis graviterque ad terram pondère vasto Concidit; ut quondam cava concidit , aut Erymantho , Aut Ida in magna , radicibus eruta pinus. Consurgunt studiis Teucri et Trinacria pubes : It clamor coelo ; primusque accurrit Acestes , /Equœvumque ab humo miserans attollit amicum. At , non tardatus casa neque territus , héros
v.6o3. L'ENEIDE, LIVRE V. 113
Tantôt dans leurs flancs creux les cestcs retentissent , Sur leurs robustes seins tantôt s'appesantissent ; L'infatigable main erre de tous côtés , Marque leurs larges fronts de ses coups répétés , Frappe , en volant , la tempe et l'oreille meurtrie ; Sous le ceste pesant la dent éclate et crie. Entelle , courageux avec tranquillité , Oppose à son rival son immobilité , Et , par un tour adroit , par un coup d'œil habile , Brave , trompe ou prévient sa menace inutile. Tel qu'un fier assaillant, contre un antique fort Qui sur le haut des monts brave son vain effort , Ou contre une cité, théâtre d'un long siège , Tantôt presse l'assaut, tantôt médite un piège, Autour de ses remparts va , vient , et sans succès Tente dans son enceinte un périlleux accès : Tel , autour du vieillard défendu par sa masse , Darès joignant la ruse, et la force, et l'audace, Tourne , attaque en tous sens , frappe de tous côtés. Entelle , résistant aux coups précipités , Lève son bras , suspend l'orage qu'il médite ; Darès l'a vu venir, se détourne, et l'évite.
Entelle , frappant l'air de son effort perdu , Tombe de tout son poids sur la terre étendu : Tel, aux sommets glacés que l'aquilon tourmente , Tombe et roule un vieux pin de l'antique Erymanthe. Troyens , Siciliens , par mille cris divers De joie et de regrets , frappent soudain les airs. Aceste le premier accourt ; et sa tendresse Dans son vieux compagnon plaint sa propre faiblesse. Le héros se relève ; et la honte , et l'honneur, La confiante audace , aiguillonnent son cœur , '■ 8