‹ Œuvres de Delille (volume 4)Chapitre 40 sur 114 · V.667. L'ENEIDE, LIVRE V · texte numérisé non relu

V.667. L'ENEIDE, LIVRE V

Dans ma jeune saison, et quel sort ma vieillesse

Gardait à ce Darès si fier de sa jeunesse. »

Il dit , et se présente en face du taureau

Dont fut récompensé son triomphe nouveau ,

Se dresse, et , d'une main ramenée en arrière ,

Entre sa double corne atteint sa tête altière ,

Brise son large front : du crâne fracassé

Le cerveau tout sanglant rejaillit dispersé ;

Et, tel qu'un bœuf sacré sous la hache succombe ,

Le taureau , sous le coup , tremble , chancelle et tombe.

« Eryx ! s'écrie alors le vainqueur orgueilleux ,

Reçois'cette victime ; elle te plaira mieux

Que ce Troyen sauvé de ma main meurtrière.

J'ai vaincu , c'en est fait, j'ai rempli ma carrière ;

Je dépose mon ceste , et renonce à mon art. »

« Maintenant , que celui dont la main , le regard Sait mieux d'un trait léger diriger la vitesse , Vienne aux combats de l'arc signaler son adresse. » Ainsi s'exprime Enée ; et , d'un bras vigoureux , Lui-même élève un mât où , fixant tous les yeux , Une colombe en l'air se débat suspendue. Des rivaux près de lui la foule est répandue. Un casque dans ses mains devient l'urne du smt : Les noms y sont jetés : et le premier qui sort Annonce Hippocoon qu'Hyrtacus a fait naître. Après lui , le destin choisit , et fait paraître Un nom déjà fameux ; c'est Mnesthée , encor fier D'avoir dompté le sort, ses rivaux et la mer, Mnesthée , encor paré des rameaux de Minerve. Pour le troisième rang la fortune réserve L'adroit Eurytion , frère de ce guerrier, De ce grand Pandarus dont le trait mciiririor,

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Ausus et ipse manu juvenum teiitare laborein. T uni validis flexos incurvant viribus arcus Pro se quisque viri, et depromunt.tela pharetris : Priraaque per cœlum nervo stridente sagitta Hyrtacidse juvenis volucres diverberat auras, Et venit, adversique infigitur arbore niali. Intremuit malus, timuitque exterrita pennis Aies , et ingenti sonuerunt omnia plausu. Post acer Mnestheus adducto constitit arcu , Alta petens ; pariterque oculos telumque tetendit : Ast ipsam miserandus avem contingere ferro Non valuit ; nodos et vincula linea rupit , Queis innexa pedem malo pendebat ab alto, îlla Notos atque atra volans in nubila f'ugit. Tum rapidus , jam dudum arcu contenta parato Tela tenens , fratrem Eurytion in vota vocavit . Jam vacuo Isetam cœlo speculatus ; et alis Plaudentem nigra figit sub nube columbam. Decidit exanimis , vitamque reliquit in astris .Etheriis , fivamque refert delapsa sagittam.

Amissa solus palma superabat Acestes; Qui tamen aerias telum contendit in auras , Ostentans artemque pater, arcumque sonantem. Hic oculis subitum objicitur magnoque futurum Augurio raonstrum : docuit post exitus ingens ; Seraque terrifici cecinerunt omina vates.

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